Voyage à Nantes 2026 : Jules Verne et la basilique Saint-Nicolas inspirent une œuvre monumentale

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Une imposante charpente en bois occupe la place Félix-Fournier, au pied de la basilique Saint-Nicolas. Cette installation, visible jusqu’au 6 septembre 2026, fait partie des œuvres du parcours estival du Voyage à Nantes.

Intitulée La Machine du Sacré, elle porte la signature de l’artiste Ali Cherri. Pour la concevoir, celui-ci a rapproché l’histoire mouvementée de la basilique d’un texte méconnu de Jules Verne.

L’œuvre mêle ainsi littérature, architecture et mémoire urbaine. Elle invite aussi les passants à regarder autrement l’un des monuments les plus reconnaissables du centre-ville nantais.

Une installation dressée devant la basilique Saint-Nicolas

L’œuvre se présente sous la forme d’une structure ouverte en bois. Son apparence évoque à la fois une charpente, un chantier interrompu et les restes d’un édifice en cours de reconstruction.

Ali Cherri ne cherche donc pas à reproduire la façade de la basilique. Au contraire, il montre ce qui soutient habituellement le monument et reste caché derrière son décor.

De grandes formes métalliques occupent cette ossature. Elles représentent notamment des ailes et des trompettes. L’artiste les a fait réaliser en aluminium industriel, tout en laissant visibles leurs lignes de soudure.

Une tête d’ange façonnée en terre complète l’ensemble. Ainsi, le métal durable dialogue avec une matière plus fragile, susceptible de s’éroder ou de se briser.

Les anges de Saint-Nicolas au cœur de l’œuvre

Pour imaginer son installation, Ali Cherri s’est intéressé aux anges musiciens installés autour de la flèche de la basilique. Ces figures surplombent la place Félix-Fournier et restent parfois difficiles à distinguer depuis le sol.

Certains anges originaux ont disparu lors d’une ancienne restauration. Des reproductions les ont ensuite remplacés sur le monument.

L’artiste reprend leurs formes, mais il les fragmente et les ramène à hauteur de regard. Le public peut alors observer des éléments habituellement perchés à plusieurs dizaines de mètres.

Dans le cadre de ce projet, la Direction du patrimoine et de l’archéologie de Nantes Métropole présente également l’un des huit anges originaux à l’intérieur de la basilique.

Un texte méconnu de Jules Verne comme point de départ

La seconde source d’inspiration vient de Un prêtre en 1839, un récit de jeunesse de Jules Verne. Ce texte reste beaucoup moins connu que ses grands romans d’aventures.

Dans cette histoire, l’écrivain nantais imagine la chute d’une cloche à l’intérieur de l’église Saint-Nicolas. Le lieu sacré devient alors le théâtre d’un événement brutal.

Cependant, le récit ne s’arrête pas à la catastrophe. Les autorités effacent ensuite les traces, réparent le bâtiment et ramènent progressivement le lieu à son fonctionnement habituel.

Ali Cherri s’appuie sur ce passage entre destruction et retour à l’ordre. Il désigne ce mécanisme comme une « machine du sacré » : derrière un monument élevé et imposant se cache toujours une structure matérielle qui peut céder.

Une basilique marquée par les destructions et les reconstructions

Le choix de la basilique Saint-Nicolas ne repose pas uniquement sur le récit de Jules Verne. L’histoire réelle du monument rejoint aussi les thèmes abordés par l’artiste.

L’actuel édifice néogothique a été construit au XIXe siècle, principalement entre 1844 et 1869. L’architecte Jean-Baptiste Lassus a participé à sa conception.

Les bombardements de septembre 1943 ont fortement endommagé la basilique et une partie du centre de Nantes. Ils ont notamment atteint la nef et plusieurs travées latérales.

Après la guerre, la ville a engagé une importante restauration. Des travaux ont aussi concerné la flèche dans les années 1970.

La basilique porte donc plusieurs traces de ruptures, de réparations et de transformations. Cette succession fait directement écho au propos développé dans La Machine du Sacré.

Entre monument, ruine et chantier suspendu

L’installation ne constitue ni une reproduction de la basilique ni un hommage traditionnel. Elle occupe plutôt un espace intermédiaire entre le monument, la ruine et le chantier.

La charpente semble attendre une construction qui ne viendra peut-être jamais. Par ailleurs, les fragments d’anges donnent l’impression d’avoir quitté le sommet de l’église pour rejoindre le sol.

Ce déplacement inverse le point de vue habituel. Les figures sacrées ne dominent plus la ville. Elles deviennent des objets vulnérables, visibles de près et exposés dans l’espace public.

Ali Cherri pose alors une question centrale : qu’est-ce qui mérite aujourd’hui d’être placé en hauteur, protégé ou transformé en symbole collectif ?

Ali Cherri, un artiste entre Paris et Beyrouth

Né en 1976 à Beyrouth, au Liban, Ali Cherri vit et travaille entre Beyrouth et Paris. Sa pratique associe notamment sculpture, vidéo, installation, histoire et archéologie.

Ses œuvres interrogent souvent les traces laissées par les conflits, les catastrophes et les transformations politiques. Elles s’intéressent également à la manière dont les sociétés conservent, réparent ou effacent leur mémoire.

En 2022, l’artiste a reçu le Lion d’argent lors de la 59e Biennale internationale d’art de Venise. Cette récompense distinguait sa participation à l’exposition internationale.

À Nantes, il présente aussi Sommeils légers, une autre proposition intégrée à la programmation culturelle de l’année 2026.

Une œuvre liée au thème de la terre

L’édition 2026 du Voyage à Nantes ouvre un nouveau cycle consacré aux quatre éléments. Cette première année place la terre au centre du parcours.

La matière prend donc une place importante dans La Machine du Sacré. La tête d’ange en terre contraste avec les pièces en aluminium et l’imposante structure en bois.

De plus, l’installation explore ce qui reste après une destruction. Elle observe la façon dont une ville rebâtit ses monuments et transforme leurs traces en mémoire commune.

Le parcours estival réunit quatorze créations inédites dans différents lieux de Nantes. Il investit les rues, les places, les jardins et plusieurs monuments jusqu’au début du mois de septembre.

Comment découvrir La Machine du Sacré ?

L’installation se trouve place Félix-Fournier, devant la basilique Saint-Nicolas, en plein centre-ville de Nantes. Elle reste visible librement, de jour comme de nuit.

Le Voyage à Nantes propose également des visites flash gratuites. Elles durent entre 20 et 30 minutes et ne nécessitent aucune réservation, dans la limite des places disponibles.

  • Œuvre : La Machine du Sacré.
  • Artiste : Ali Cherri.
  • Lieu : place Félix-Fournier, Nantes.
  • Dates : du 4 juillet au 6 septembre 2026.
  • Accès : gratuit et visible en continu.
  • Visites flash : tous les jours à 11 h, 15 h 30 et 17 h 30.

Découvrir La Machine du Sacré sur le site du Voyage à Nantes

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