Chargement…
Sous la chaleur du grand Ouest américain, cinq scientifiques nantais poursuivent une quête engagée depuis trois ans. Jusqu’au 4 août 2026, une équipe du Muséum d’histoire naturelle de Nantes fouille un important gisement de dinosaures dans le Wyoming, aux États-Unis.
Cette troisième campagne doit permettre de terminer l’extraction d’un grand dinosaure herbivore découvert lors des précédentes missions. À terme, les ossements rejoindront les collections du Muséum et pourront intégrer son nouveau parcours après sa réouverture, prévue en 2029.
Un sauropode de 12 à 15 mètres recherché dans le Wyoming
Les premières découvertes orientent les recherches vers un sauropode de taille moyenne à grande. Ces dinosaures herbivores possédaient un long cou, une longue queue et se déplaçaient sur quatre pattes.
D’après les premières estimations, l’animal découvert pourrait mesurer entre 12 et 15 mètres de long. Toutefois, les scientifiques devront étudier l’ensemble des os pour préciser son espèce et vérifier s’ils appartiennent tous au même individu.
Le chantier se concentre notamment sur une zone surnommée « Rabbit Hole ». Les équipes y ont déjà mis au jour un fémur, des vertèbres, des éléments du bassin, des côtes et plusieurs os longs.
Ainsi, la campagne 2026 doit compléter le squelette autant que possible. Plus le spécimen sera complet, plus son intérêt scientifique et muséographique sera important.
Une troisième campagne menée du 4 juillet au 4 août
Le Muséum organise des fouilles dans cette région depuis l’été 2024. La première campagne avait permis d’ouvrir deux sites et de localiser plusieurs ensembles d’ossements.
En 2025, l’équipe avait poursuivi le dégagement pendant neuf semaines. Des étudiants en master de sciences de la Terre, venus des universités de Rennes, Tours et Lille, avaient alors rejoint les professionnels nantais.
Cette année, cinq agents du Muséum participent à la mission :
- Philippe Guillet, directeur du Muséum et docteur en géologie ;
- Florence Coutier, responsable du service Sciences et Patrimoine ;
- Denis Demarque, responsable des collections de sciences de la Terre ;
- Quentin Aubel, régisseur des collections de sciences de la Terre ;
- Thierry Boisgard, technicien spécialisé dans les moulages et les maquettes.
Par ailleurs, des spécialistes allemands accompagnent l’équipe sur place. Pascal Godefroit, paléontologue à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique, apporte également son expertise.
Une région particulièrement riche en fossiles
Le chantier se trouve dans la formation géologique de Morrison. Celle-ci s’étend sur plusieurs États américains, principalement dans le Wyoming et le Colorado.
Ses couches de roches remontent au Jurassique supérieur, entre environ 160 et 145 millions d’années. À cette époque, de nombreux cours d’eau traversaient une vaste plaine et y déposaient du sable ainsi que du limon.
Au fil du temps, ces sédiments ont emprisonné puis conservé les restes de nombreux animaux. Aujourd’hui, la formation de Morrison figure parmi les sites les plus riches d’Amérique du Nord pour les fossiles de dinosaures.
Les paléontologues y retrouvent notamment des traces d’allosaures, de stégosaures et de grands sauropodes. De plus, le site contient des fossiles de petits mammifères, de végétaux et d’autres organismes.
Des os de sauropode et une dent d’allosaure déjà découverts
Les deux premières campagnes ont livré plusieurs découvertes importantes. En 2024, les chercheurs avaient notamment trouvé des éléments appartenant à un diplodocus. Cependant, une partie du squelette manquait encore.
L’année suivante, les équipes ont identifié plusieurs os de sauropode. Elles ont notamment dégagé des vertèbres, une scapula, des côtes et des os longs.
Les chercheurs ont aussi découvert des fragments fins, noirs et creux. Ces éléments témoignent de la présence d’un dinosaure carnivore, probablement un théropode.
Enfin, une dent d’allosaure retrouvée parmi des morceaux de bois fossilisés a confirmé la présence de ce grand prédateur dans la région au Jurassique supérieur.
Comment les scientifiques extraient-ils un dinosaure ?
Contrairement aux scènes montrées dans certains films, une fouille paléontologique avance lentement. Les chercheurs doivent préserver des os souvent fragilisés par près de 150 millions d’années passées dans la roche.
Tout commence par le repérage des premiers fragments visibles à la surface. Ensuite, l’équipe photographie, dessine et cartographie précisément chaque découverte.
Les scientifiques retirent progressivement les sédiments avec des pioches, des burins, des pinceaux et de petits outils. Ils consolident aussi les fossiles avec des produits adaptés dès qu’un risque de fissure apparaît.
Puis, une tranchée est creusée autour de l’os. Les équipes laissent une épaisse couche de roche afin de former un bloc protecteur.
Enfin, des bandes de toile et de plâtre enveloppent l’ensemble. Cette coque, parfois appelée « champignon » ou jacket, protège le fossile pendant son extraction et son transport.
Un travail exigeant sous une forte chaleur
Les conditions de terrain restent difficiles. Les chercheurs travaillent dans une région isolée, sous des températures élevées et dans des positions physiques parfois éprouvantes.
La météo peut aussi compliquer les opérations. Lors des précédentes campagnes, des orages avaient transformé les zones de fouilles en vastes champs de boue.
Malgré ces contraintes, les équipes effectuent chaque jour de nombreux relevés. Elles photographient les fossiles, enregistrent leurs coordonnées et dessinent leur position sur des plans détaillés.
Cette méthode permet ensuite de reconstituer l’organisation du gisement. Elle aide aussi les chercheurs à comprendre comment les os se sont déplacés et accumulés au fil du temps.
Plusieurs années de préparation avant l’arrivée à Nantes
La fin des fouilles ne marquera que le début d’un long travail. Après leur extraction, les blocs fossilifères seront transportés vers un laboratoire européen.
Des préparateurs retireront alors progressivement le plâtre, la roche et les sédiments qui entourent les os. Ensuite, ils nettoieront, consolideront et restaureront chaque élément.
Cette étape peut durer entre deux et trois ans. Elle permettra également de comparer les fossiles, de déterminer précisément leur identité et de publier les résultats scientifiques.
Sept conteneurs contenant des découvertes issues des premières campagnes sont déjà stockés en Allemagne. Le Muséum doit sélectionner une entreprise spécialisée afin d’assurer leur préparation.
À la fin du processus, les os pourront être assemblés sur une armature. Celle-ci donnera au squelette une position naturelle avant son transfert définitif vers Nantes.
Un vrai dinosaure dans le futur Muséum de Nantes
Le Muséum ne souhaite pas présenter un simple moulage. Son objectif consiste à exposer un spécimen authentique, issu directement des campagnes menées dans le Wyoming.
Ce dinosaure deviendra l’une des pièces majeures du futur parcours. Il illustrera le Mésozoïque, la diversification des espèces et les grandes extinctions qui ont marqué l’histoire de la vie.
Selon le Muséum, seuls les établissements de Paris et de Lyon présentent actuellement en France de grands spécimens comparables. La future installation nantaise doit donc renforcer la place de l’établissement parmi les principaux musées français d’histoire naturelle.
Les visiteurs suivront un parcours consacré à l’histoire de l’Univers, de la Terre et du vivant. Le dinosaure servira aussi de point de départ pour aborder les transformations environnementales et les crises de biodiversité.
Le Muséum fermé pour une importante transformation
Le bâtiment de la rue Voltaire a fermé ses portes au public à la fin de l’année 2025. Un vaste chantier doit désormais repenser les espaces, les collections et les services proposés aux visiteurs.
La réouverture est annoncée pour 2029. Entre-temps, le Muséum poursuit ses missions scientifiques et développe une programmation itinérante dans les communes de Nantes Métropole.
La recherche menée dans le Wyoming accompagne donc directement cette transformation. Elle permet au Muséum d’enrichir ses collections tout en renouant avec les expéditions scientifiques sur le terrain.
Tout ce qui compte près de chez vous
Suivez votre commune ou votre quartier, découvrez les entreprises locales et contactez directement les professionnels qui proposent cette option.

Comment fonctionne IMN Proximité ?
Les habitants ajoutent les entreprises qu’ils connaissent. Une boutique, un artisan, un restaurant ou un professionnel vous vient en tête ? Ajoutez-le simplement pour le faire découvrir autour de vous.
IMN contrôle les informations avant publication. Le statut premium donne accès à des outils supplémentaires, sans modifier le contrôle des informations ni les contenus historiques.
Vous pouvez participer simplement. Ajoutez une entreprise sans créer de compte. Créez un compte gratuit vérifié pour suivre vos communes, quartiers, catégories et entreprises.
Un besoin près de chez vous ? Rechercher une entreprise près de chez moi
Explorer
Les entreprises disponibles
Askale Kebab
Restauration rapide , kebab , tacos , hamburger, frites
Coifflyne
Ton avis sur cet article Utile Intéressant À améliorer Dernière étape : indique ton email puis clique sur « Envoyer » pour transmettre ton…
Aucune entreprise publiée ici pour le moment
Nous n’avons pas encore d’entreprise publiée dans cette sélection. Vous en connaissez une ? Ajoutez-la en moins d’une minute.
Ajouter une entrepriseDernière étape : indique ton email puis clique sur « Envoyer » pour transmettre ton avis à la rédaction.
S’abonner à Infos Média Nantes
Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.



