Nantes se retrouve dans le haut d’un classement dont elle se serait probablement bien passée. Selon une enquête menée par Adobe Acrobat auprès de dirigeants d’entreprises, la ville affiche un indice de « relâchement » de 23,8 %. Elle se classe ainsi 6e ex æquo parmi les villes françaises où les salariés sont perçus comme les moins productifs. Un résultat à comparer avec Angers, nettement mieux placée.
À l’heure de la rentrée, la productivité au travail revient au centre des discussions. Télétravail, flexibilité ou encore semaine de quatre jours alimentent régulièrement le débat.
Adobe Acrobat s’est donc intéressé à la concentration et à l’efficacité au travail. L’entreprise a interrogé 350 propriétaires et dirigeants d’entreprises françaises.
À Nantes, les réponses recueillies placent la ville parmi celles où les employeurs signalent le plus de comportements associés à une baisse de productivité.
Nantes affiche un indice de relâchement de 23,8 %
Selon le classement communiqué par Adobe, Nantes obtient un indice de relâchement de 23,8 %.
Elle partage ainsi la 6e place avec Dijon. Seules Montpellier, Le Havre, Rouen, Brest et Strasbourg affichent un indice supérieur.
Montpellier arrive largement en tête avec 39 %. Le Havre suit à 35,7 %, tandis que Rouen atteint 25,3 %.
Nantes reste donc assez loin des deux premières villes. Cependant, elle se situe dans la partie haute du classement national.
Dans la cité des Ducs, le principal problème remonté par les dirigeants concerne le manque d’efficacité et de régularité dans les tâches.
Nantes moins bien placée qu’Angers, mais légèrement devant Brest
La comparaison avec les autres villes de l’Ouest permet de mieux situer Nantes.
| Ville | Indice de relâchement | Classement parmi les moins productives |
|---|
| Brest | 25 % | 4e |
| Nantes | 23,8 % | 6e ex æquo |
| Angers | 18,1 % | 13e |
| Tours | 17,7 % | 15e |
Dans l’Ouest, Brest affiche donc un résultat légèrement plus défavorable que Nantes, avec 25 %. L’écart reste toutefois limité à 1,2 point.
La différence est bien plus importante avec Angers. La ville voisine obtient un indice de 18,1 %, soit 5,7 points de moins que Nantes.
Tours atteint quant à elle 17,7 %. Là encore, les dirigeants interrogés y rapportent moins de comportements associés au relâchement qu’à Nantes.
Et Rennes, Saint-Nazaire ou La Roche-sur-Yon ?
Impossible, en revanche, de dresser une comparaison complète avec toutes les villes voisines.
Rennes, Saint-Nazaire et La Roche-sur-Yon n’apparaissent pas dans le classement communiqué. Il serait donc incorrect d’en déduire qu’elles font mieux ou moins bien que Nantes.
Adobe précise que les villes pour lesquelles le volume de données était insuffisant ont été écartées de son classement.
La comparaison locale la plus pertinente reste donc celle avec Angers. C’est également la seule autre grande ville des Pays de la Loire présente dans le tableau des 15 villes les moins bien classées.
Que mesure réellement cet « indice de relâchement » ?
Il faut surtout bien comprendre ce que représente ce classement.
Adobe ne mesure pas directement le nombre de dossiers traités, la valeur produite par salarié ou le temps nécessaire pour accomplir une tâche.
L’indice repose sur la perception des dirigeants interrogés. Trois comportements sont pris en compte :
- la baisse de productivité et le relâchement au travail ;
- le manque d’efficacité et de régularité dans les tâches ;
- la procrastination et la perte de temps.
Adobe calcule ensuite la moyenne de ces trois indicateurs pour obtenir l’indice attribué à chaque ville.
Par conséquent, présenter Nantes comme objectivement « moins productive » serait excessif. L’enquête indique plutôt que certains dirigeants nantais interrogés perçoivent davantage de signes de relâchement.
Une enquête nationale réalisée auprès de seulement 350 dirigeants
Autre élément important : l’étude repose sur un échantillon national de 350 dirigeants et propriétaires d’entreprises.
Le sondage a été réalisé entre le 14 et le 19 février 2026.
Cependant, Adobe ne détaille pas publiquement le nombre exact de répondants interrogés dans chaque ville. Il devient donc difficile d’évaluer la robustesse statistique d’un écart de quelques points entre Nantes, Brest ou Angers.
Ces résultats doivent ainsi être considérés comme un indicateur de perception, plutôt que comme un classement définitif de la productivité des salariés français.
Un marché du travail nantais bien plus large que l’échantillon étudié
La mise en perspective est d’autant plus nécessaire que le bassin économique nantais représente plusieurs centaines de milliers d’emplois.
Selon les dernières données de l’Insee, Nantes Métropole comptait 400 871 emplois en 2023. Elle recensait également 23 779 établissements employeurs fin 2024.
Les activités de commerce, de transport et de services représentent une grande partie du tissu économique métropolitain.
Ces données montrent l’écart entre la taille du marché du travail nantais et l’échantillon utilisé pour établir le classement. L’étude Adobe ne doit donc pas être confondue avec une mesure économique globale du territoire.
Télétravail et semaine de quatre jours : l’étude ne permet pas de trancher
Le classement arrive alors que le télétravail et la semaine de quatre jours continuent d’alimenter les discussions sur l’organisation du travail.
Cependant, l’étude ne démontre pas que ces pratiques expliquent le résultat nantais. Elle analyse avant tout la concentration, les distractions et le ressenti des dirigeants.
À l’échelle nationale, 18 % des responsables interrogés signalent une baisse de productivité. Par ailleurs, 17 % évoquent une perte d’efficacité opérationnelle au quotidien.
Pour améliorer la concentration, les employeurs ne semblent d’ailleurs pas privilégier uniquement davantage de contrôle.
Ainsi, 44 % misent sur davantage de flexibilité et sur le respect des temps de repos. De leur côté, 43 % considèrent qu’une équipe de confiance constitue un levier important.
À Nantes comme ailleurs, la question semble donc dépasser le simple nombre d’heures passées derrière un bureau. Organisation, concentration et conditions de travail restent étroitement liées.
Consulter l’étude Adobe Acrobat sur la concentration au travail