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Des cigarettes vendues à l’unité ou des paquets proposés entre 7 et 10 euros dans la rue : à Nantes, les buralistes dénoncent la progression du marché parallèle. Cette semaine, la profession se mobilise partout en France et réclame un gel de la fiscalité du tabac.
À Nantes, le phénomène est visible à quelques mètres de certains bureaux de tabac. Des vendeurs à la sauvette proposent des cigarettes bien moins chères que dans le réseau légal.
Dans la rue, le paquet peut ainsi se négocier entre 7 et 10 euros. Certaines cigarettes sont même proposées à l’unité. Dans les bureaux de tabac, plusieurs paquets atteignent désormais 13 euros ou davantage.
Pour les commerçants, cet écart alimente une concurrence qu’ils jugent impossible à supporter.
Une semaine de mobilisation pour les buralistes
La Confédération des buralistes organise une mobilisation nationale du 7 au 11 septembre 2026.
Elle réclame avant tout un gel de la fiscalité du tabac. Elle demande également la suppression de son indexation automatique sur l’inflation.
La profession estime que les hausses successives favorisent les achats transfrontaliers et le marché clandestin. En parallèle, elles réduiraient les volumes vendus dans le réseau officiel.
Les rassemblements se déroulent dans plusieurs villes françaises. Lundi 7 septembre, les buralistes de l’Ouest avaient notamment rendez-vous à Redon, entre Nantes et Rennes.
Selon les chiffres relayés par la profession, environ 300 personnes ont participé au rassemblement. Parmi elles figuraient une cinquantaine de buralistes de Loire-Atlantique.
À Nantes, des cigarettes vendues à quelques mètres des bureaux de tabac
Dans les rues nantaises, les professionnels décrivent une situation devenue quotidienne dans certains secteurs.
Lors d’un reportage réalisé cette semaine, aucun vendeur n’était présent au point de vente clandestin habituellement observé. La police se trouvait alors à proximité.
Cependant, des vendeurs étaient toujours présents une centaine de mètres plus loin. Deux bureaux de tabac se trouvent eux-mêmes à quelques pas de ce secteur.
Cette proximité nourrit l’exaspération des commerçants. Selon eux, leurs clients peuvent désormais acheter des cigarettes clandestines presque devant leurs établissements.
Les ventes officielles de cigarettes continuent de reculer
La baisse des ventes ne concerne pas seulement Nantes. Les dernières données nationales de la Douane montrent également un recul.
En août 2026, les livraisons de cigarettes aux buralistes ont diminué de 3,7 % par rapport à août 2025.
Depuis le début de l’année, la tendance reste également orientée à la baisse. La Confédération des buralistes attribue une partie de ce recul au marché parallèle et aux achats réalisés à l’étranger.
Toutefois, la diminution des ventes officielles ne permet pas, à elle seule, de mesurer précisément la contrebande. Elle peut aussi refléter une baisse de la consommation de tabac.
Jusqu’à quatre cartouches depuis un autre pays de l’Union européenne ?
Les achats réalisés à l’étranger constituent un autre sujet de préoccupation pour les buralistes.
La réglementation française utilise actuellement un seuil indicatif de 800 cigarettes, soit quatre cartouches, pour les achats rapportés depuis un autre pays de l’Union européenne.
Cependant, ce seuil ne constitue pas un droit automatique à importer quatre cartouches dans toutes les situations.
Les cigarettes doivent correspondre à une consommation personnelle. La Douane peut également retenir d’autres critères pour démontrer une finalité commerciale, même lorsque la quantité transportée reste inférieure à ce seuil.
Consulter les règles de la Douane sur le transport de tabac depuis l’Union européenne
Un trafic déjà bien installé dans la région nantaise
Le marché clandestin ne repose pas uniquement sur quelques vendeurs à la sauvette.
Une enquête menée ces dernières années a notamment permis de démanteler un important réseau dans la région nantaise. Plus de cinq tonnes de cigarettes avaient été saisies dans un entrepôt.
L’affaire concernait un trafic actif en Loire-Atlantique et dans plusieurs départements voisins. Elle illustre l’existence de filières capables d’alimenter le marché local en grandes quantités.
Plus récemment, en juin 2026, une quarantaine de cartouches de tabac de contrebande ont également été retrouvées au domicile nantais d’un homme interpellé dans une autre enquête.
À Nantes, fermer pour manifester reste difficile
Malgré la mobilisation nationale, peu de commerces nantais ont fermé leurs portes cette semaine.
Pour certains buralistes, participer à une grève représente elle-même une perte financière difficile à absorber. Plusieurs assurent déjà enregistrer une forte diminution de leurs ventes de tabac.
L’un des commerçants interrogés estime ainsi que le marché parallèle lui fait perdre jusqu’à la moitié de son activité liée au tabac. Ce chiffre correspond toutefois à son expérience personnelle et ne peut pas être généralisé à l’ensemble des bureaux de tabac nantais.
CBD, jeux, colis : les bureaux de tabac cherchent d’autres revenus
Face au recul des cigarettes, de nombreux établissements misent désormais sur la diversification.
Certains développent la vente de CBD, de produits de collection ou encore de cartes Pokémon. D’autres proposent des services postaux, bancaires, des colis ou des produits de proximité.
Cette transformation du métier est déjà bien engagée. Elle devient cependant de plus en plus importante pour les commerçants qui souhaitent réduire leur dépendance aux ventes de tabac.
La mobilisation doit se poursuivre jusqu’à vendredi
Après Redon, les rassemblements ont continué à Givors, Saverne et Salon-de-Provence.
La mobilisation doit s’achever vendredi 11 septembre à Vernon, dans l’Eure, avec un rassemblement national.
La Confédération veut obtenir un engagement avant les prochains débats budgétaires. Pour les buralistes, la priorité reste désormais le gel de la fiscalité avant toute nouvelle discussion sur le prix du tabac.
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