Chargement…
En partenariat avec Codésia
Les entreprises de Loire-Atlantique continuent de recruter massivement, mais elles peinent déjà à trouver certains profils. Dans le même temps, l’intelligence artificielle progresse rapidement dans les organisations et prend en charge une partie des tâches jusqu’ici confiées aux salariés. À Nantes comme ailleurs, cette évolution pourrait moins conduire à « ne plus recruter » qu’à rechercher des compétences différentes.
Le paradoxe est particulièrement visible dans le bassin nantais. D’un côté, les besoins en main-d’œuvre restent importants. De l’autre, l’intelligence artificielle générative commence à automatiser une partie du travail administratif, rédactionnel, analytique ou informatique.
Pour les entreprises, la question devient donc progressivement moins : « l’IA va-t-elle remplacer nos salariés ? » que : « quelles compétences devons-nous désormais rechercher chez les personnes que nous recrutons ? »
Plus de 33 000 recrutements prévus dans le bassin nantais en 2026
Les chiffres locaux permettent d’abord de relativiser les scénarios annonçant une disparition rapide de l’emploi.
Selon l’enquête Besoins en Main-d’Œuvre 2026 de France Travail, les entreprises de Loire-Atlantique prévoient 57 440 projets de recrutement cette année.
La moitié de ces recrutements, soit 50,3 %, sont considérés comme difficiles.
Le seul bassin d’emploi de Nantes concentre 33 500 projets de recrutement. Là encore, la tension est forte : 53,1 % des embauches envisagées sont jugées difficiles.
Saint-Nazaire affiche également 6 320 projets, dont 52,8 % considérés comme difficiles. Le constat se retrouve donc sur une grande partie du bassin économique de Loire-Atlantique.
L’intelligence artificielle arrive ainsi dans un territoire qui ne manque pas de besoins en main-d’œuvre. Au contraire, de nombreuses entreprises cherchent déjà des salariés qu’elles peinent à trouver.
L’IA entre rapidement dans les entreprises françaises
Parallèlement, l’adoption de l’intelligence artificielle s’accélère fortement.
Selon l’Insee, 18 % des entreprises françaises de dix salariés ou plus déclaraient utiliser au moins une technologie d’intelligence artificielle en 2025.
Elles n’étaient que 6 % deux ans auparavant. En seulement deux ans, le taux d’utilisation a donc été multiplié par trois.
Cette progression ne signifie pas que chaque salarié utilise quotidiennement ChatGPT ou un outil équivalent. Elle montre toutefois que l’IA commence à s’intégrer de manière organisée dans les processus des entreprises.
Et le mouvement ne concerne plus uniquement les sociétés technologiques. Gestion administrative, ressources humaines, relation client, commerce, communication, analyse de données, finance ou logistique : de nombreux métiers comportent désormais des tâches susceptibles d’être assistées par ces outils.
En Loire-Atlantique, tous les secteurs sont concernés
C’est un point important pour un territoire comme la Loire-Atlantique.
Les projets de recrutement recensés en 2026 ne se concentrent pas dans un seul secteur. France Travail comptabilise notamment 22 010 projets dans les services aux particuliers, 14 960 dans les services aux entreprises, 6 930 dans le commerce et 6 280 dans l’industrie.
La construction prévoit également 3 350 recrutements, avec une difficulté à recruter particulièrement élevée : 71,6 % des projets.
L’impact de l’IA ne doit donc pas être observé uniquement à travers les développeurs ou les entreprises du numérique nantais.
Une PME industrielle de Saint-Nazaire, un cabinet installé à Nantes, un commerçant, une agence immobilière ou une entreprise de services peuvent tous utiliser l’IA pour automatiser une partie de leur organisation.
Le premier changement pourrait concerner les tâches les plus facilement « codifiables »
Toutes les fonctions ne sont cependant pas exposées de la même manière.
L’Organisation internationale du Travail estime qu’un emploi sur quatre dans le monde appartient désormais à une profession présentant un certain niveau d’exposition à l’IA générative. Dans les pays à revenu élevé, cette proportion atteint 34 %.
Mais l’OIT apporte une nuance essentielle : la transformation des emplois reste beaucoup plus probable que leur suppression totale.
Les fonctions de bureau figurent parmi les plus exposées. Cela s’explique simplement : une grande partie de leurs tâches repose sur du texte, des données, des procédures et des informations numériques facilement accessibles à une IA.
Rédiger un premier compte rendu, résumer un document, comparer des données, produire une trame d’e-mail, préparer une présentation ou générer une première version de code peut aujourd’hui être réalisé beaucoup plus rapidement qu’il y a encore quelques années.
Les profils juniors pourraient être les premiers concernés
Une étude américaine récente donne un premier signal sur cette évolution. Il faut toutefois rester prudent : ses résultats concernent les États-Unis et ne peuvent pas être directement transposés au marché de l’emploi nantais ou français.
Le Stanford Digital Economy Lab observe néanmoins un phénomène intéressant.
Chez les salariés américains âgés de 22 à 25 ans travaillant dans les professions les plus exposées à l’IA, l’emploi se situe environ 19 % en dessous du niveau qu’il aurait atteint s’il avait progressé au même rythme que dans les professions moins exposées.
Les chercheurs ne constatent pourtant pas de vague générale de licenciements. L’écart provient principalement d’un ralentissement des embauches des jeunes travailleurs.
Ils observent également une différence entre deux formes de savoir. Les connaissances formalisées dans des procédures, des documents ou des manuels semblent davantage exposées. À l’inverse, l’expérience acquise sur le terrain, le jugement et les savoirs tacites résistent mieux.
Un junior devra-t-il apporter davantage qu’une capacité d’exécution ?
Cette évolution pourrait progressivement modifier le rôle traditionnel des profils débutants.
Dans de nombreuses entreprises, les premières années d’une carrière étaient jusqu’ici consacrées à des tâches relativement standardisées : recherches simples, tableaux, présentations, premiers comptes rendus, analyses préparatoires ou opérations administratives.
Or ce sont précisément certaines de ces tâches que l’IA sait désormais accélérer.
Cela ne signifie pas que les entreprises n’auront plus besoin de jeunes diplômés. Mais elles pourraient progressivement attendre davantage d’eux.
Comprendre un métier, vérifier une information, identifier une erreur, poser les bonnes questions, interpréter un résultat et utiliser intelligemment les outils disponibles peuvent devenir aussi importants que la capacité à exécuter une procédure.
Le diplôme ne disparaît pas, mais la compétence réelle pourrait peser davantage
Le débat dépasse donc progressivement la simple opposition entre études scientifiques, études littéraires ou formations techniques.
Les mathématiques restent précieuses pour structurer le raisonnement et comprendre des systèmes complexes. Les sciences humaines développent l’analyse, la compréhension des comportements et la capacité à travailler sur des situations ambiguës. Les formations techniques apportent, elles, une maîtrise concrète d’un métier.
Mais dans tous les cas, la différence pourrait davantage se faire sur le niveau réel de compréhension.
Appliquer une procédure sans savoir pourquoi elle existe devient moins différenciant lorsqu’une machine peut également l’exécuter.
À l’inverse, comprendre pourquoi cette procédure existe, détecter une anomalie, connaître ses limites et décider du moment où elle ne doit pas être appliquée reste beaucoup plus difficile à automatiser.
Les recruteurs eux-mêmes commencent à utiliser l’IA
L’intelligence artificielle ne transforme d’ailleurs pas seulement les emplois à pourvoir. Elle commence également à modifier la manière de recruter.
La CCI Nantes St-Nazaire propose désormais aux entreprises des ateliers spécifiquement consacrés à l’utilisation de l’IA dans les ressources humaines.
Parmi les usages présentés figurent le sourcing des candidats, leur préqualification, la rédaction des offres, la communication avec les candidats ou encore la structuration des entretiens.
La CCI insiste également sur les garde-fous nécessaires : non-discrimination, biais algorithmiques, RGPD, confidentialité et traçabilité.
Autrement dit, l’entreprise peut gagner du temps grâce à l’IA, mais elle doit toujours être capable de comprendre et de contrôler ce qu’elle lui délègue.
Pour les entreprises nantaises, recruter autrement plutôt que simplement recruter moins
C’est probablement là que se trouve l’un des enjeux les plus importants pour les entreprises de Nantes et de Loire-Atlantique.
Avec plus de 57 000 projets de recrutement annoncés dans le département, les besoins humains restent considérables. L’IA ne résout pas automatiquement les pénuries de main-d’œuvre, pas plus qu’elle ne remplace indistinctement tous les métiers.
Elle peut, en revanche, redistribuer la valeur entre les différentes compétences présentes dans un poste.
Une entreprise pourrait avoir moins besoin d’une personne uniquement capable d’exécuter une succession de tâches standardisées, mais davantage besoin d’un salarié capable de comprendre le fonctionnement global de son activité et de piloter les outils qui l’assistent.
La capacité à apprendre rapidement pourrait également devenir centrale. Lorsqu’un outil ou une méthode change en quelques mois, maîtriser définitivement un logiciel compte moins que savoir s’adapter au suivant.
Comprendre un processus avant de vouloir l’automatiser
Cette évolution est également observée chez Codésia, entreprise nantaise spécialisée dans les automatisations sur mesure et leur intégration aux outils existants des entreprises.
Lorsqu’une entreprise souhaite automatiser un processus, la difficulté ne consiste pas seulement à connecter une intelligence artificielle à plusieurs logiciels.
Il faut d’abord déterminer précisément ce que l’entreprise souhaite obtenir, quelles règles doivent être respectées, quelles exceptions existent et quels contrôles humains doivent être conservés.
L’exécution d’une tâche peut être déléguée. La compréhension de son objectif et la responsabilité du résultat restent, elles, essentielles.
Cette logique pourrait également devenir un critère de recrutement : rechercher des collaborateurs qui savent non seulement utiliser un outil, mais surtout comprendre ce qu’ils lui demandent de faire et pourquoi ils le lui demandent.
Dans un bassin nantais où plus d’un recrutement sur deux est déjà considéré comme difficile, l’enjeu de l’IA ne sera donc peut-être pas de remplacer les compétences disponibles. Il pourrait être, au contraire, de mieux identifier celles dont les entreprises auront réellement besoin demain.
À propos de ce contenu
Cet article est proposé en partenariat avec Codésia, entreprise nantaise spécialisée dans la conception d’automatisations sur mesure intégrant l’intelligence artificielle. Codésia accompagne les entreprises dans l’analyse de leurs processus, la création de solutions adaptées et leur intégration aux outils déjà utilisés dans leur organisation.
En partenariat avec Codésia.
Dernière étape : indique ton email puis clique sur « Envoyer » pour transmettre ton avis à la rédaction.
S’abonner à Infos Média Nantes
Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.




