L’éphéméride IMN
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Dans l’hypercentre de Nantes, plusieurs commerçants et pharmaciens décrivent depuis cet été des consommations de drogues devenues plus visibles dans l’espace public. Le phénomène a été documenté mardi 22 septembre par Télénantes, qui a recueilli les témoignages de professionnels confrontés à ces situations de jour comme de nuit.
Le reportage évoque notamment des consommations à proximité immédiate des commerces, ainsi que des vols et des agressions signalés par certains professionnels. Des pharmaciens interrogés expliquent également avoir renoncé à vendre des kits d’injection. Ces témoignages constituent un constat de terrain : ils ne permettent pas, à eux seuls, de mesurer statistiquement une hausse des consommations dans le centre-ville.
Des usages plus visibles dans le centre selon les professionnels interrogés
Dans son reportage diffusé le 22 septembre, Télénantes rapporte l’inquiétude croissante de plusieurs commerçants nantais. La chaîne locale indique que des consommations de drogues dites « dures » sont observées plus fréquemment dans l’hypercentre depuis l’été.
À ce stade, aucune donnée publique locale ne permet toutefois de quantifier précisément cette évolution rue par rue ou de déterminer quels produits sont majoritairement consommés dans ces situations. Il faut donc distinguer la visibilité du phénomène dans l’espace public, décrite par les professionnels interrogés, d’une progression statistique démontrée à l’échelle du centre-ville.
Nantes dispose déjà de plusieurs dispositifs de réduction des risques
La métropole nantaise dispose de structures spécialisées pour accompagner les personnes consommatrices de substances psychoactives. À Nantes, le CAARUD L’Acôthée, géré par Oppelia Loire-Atlantique, propose un accueil anonyme et gratuit, du matériel de réduction des risques, un accompagnement vers les soins et des interventions mobiles.
Oppelia indique également gérer trois distributeurs-échangeurs de seringues à Nantes et participer à des programmes d’échange de matériel avec des pharmacies. La Ville référence notamment un automate à proximité de l’Hôtel-Dieu, chaussée de la Madeleine, ainsi que d’autres points à Stalingrad et dans le nord de Nantes.
Ces dispositifs poursuivent un objectif sanitaire : limiter les contaminations, les infections et les complications liées aux pratiques à risque, tout en maintenant un contact avec les personnes les plus éloignées du système de soins.
Les professionnels de santé suivent notamment les risques liés à l’injection
En janvier 2025, Oppelia 44 avait publié les résultats d’une action de dépistage de l’hépatite C menée auprès de personnes précaires fréquentant notamment des structures d’addictologie. Sur 272 personnes rencontrées en deux ans, 54 tests avaient confirmé la présence du virus.
L’association précisait que les personnes concernées avaient développé des pratiques d’injection, parfois associées à des consommations d’alcool, de cocaïne ou de crack. Ces chiffres concernent un public spécifique suivi par Oppelia et ne sont donc pas représentatifs de l’ensemble des consommateurs nantais.
La cocaïne progresse fortement à l’échelle nationale
Le contexte français a profondément évolué ces dernières années. Selon l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives, environ 1,1 million de personnes ont consommé de la cocaïne au moins une fois dans l’année. Chez les 18-64 ans, 2,7 % déclaraient un usage dans l’année en 2023 et 9,4 % en avaient déjà expérimenté au cours de leur vie.
L’OFDT souligne que les psychostimulants, en particulier la cocaïne, figurent parmi les produits dont la diffusion a le plus progressé. La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives indique par ailleurs que le nombre de passages aux urgences liés à la cocaïne a triplé en France entre 2012 et 2024.
Cette progression nationale n’implique pas mécaniquement que les mêmes tendances se reproduisent dans les mêmes proportions à Nantes. Elle apporte néanmoins un contexte utile aux observations faites actuellement dans l’hypercentre.
Consommation et narcotrafic : deux réalités à distinguer
La visibilité des consommations dans l’espace public ne doit pas être confondue avec les violences liées aux réseaux de trafic. Les deux phénomènes peuvent se croiser, mais ils relèvent aussi de réponses différentes : santé publique et réduction des risques d’un côté, police et justice de l’autre.
Infos Média Nantes suit également l’évolution de la lutte contre les réseaux de stupéfiants. Le nouveau préfet de Loire-Atlantique a récemment détaillé ses priorités concernant le narcotrafic à Nantes.
Où trouver de l’aide à Nantes ?
Le CSAPA Le Triangle, géré par Oppelia, accueille les personnes concernées par les addictions au 18 rue de Bouillé à Nantes. Le CAARUD L’Acôthée est installé au 1 bis boulevard de Launay. L’accueil y est gratuit et peut être anonyme.
À l’échelle nationale, Drogues Info Service répond au 0 800 23 13 13, gratuitement et anonymement, tous les jours de 8 h à 2 h. Un service de discussion en ligne est également proposé.
Sources : Télénantes, 22 septembre 2026 ; Oppelia Loire-Atlantique ; Ville de Nantes et Nantes Métropole ; Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT), chiffres clés 2025 ; MILDECA, données actualisées 2026 ; Drogues Info Service. Photo d’illustration : Place Royale à Nantes, Pirmil / Wikimedia Commons.
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