Au CHU de Nantes, la grève se poursuit au sein du service mortuaire

LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Mardi 15 sept 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter
Aujourd’hui en un coup d’œil L’éphéméride IMN

Le mouvement social engagé le 8 juillet 2026 continue au service mortuaire du CHU de Nantes. Les agents restent toutefois à leur poste afin d’assurer la prise en charge des défunts et l’accueil des familles. Ils demandent des renforts durables, du matériel adapté et une meilleure reconnaissance de leur métier.

Une grève menée sans interrompre le service

Le personnel avait déposé un préavis de grève le 3 juillet. Le mouvement a ensuite commencé cinq jours plus tard, dans un service confronté à une période particulièrement difficile.

Malgré la mobilisation, les agents continuent de travailler. Ils entendent ainsi préserver la continuité du service public et accompagner les proches des personnes décédées.

Au début du conflit, la quasi-totalité des neuf agents du service était mobilisée. L’équipe devait alors composer avec deux absences de longue durée, auxquelles se sont ajoutés les congés d’été. Selon le personnel et la CGT du CHU de Nantes, les remplacements mis en place ne suffisaient pas à maintenir des conditions de travail satisfaisantes.

Deux agents suppléants mobilisés par la direction

La situation s’est légèrement améliorée au cours des derniers jours. La direction du CHU a mobilisé deux professionnels déjà formés pour intervenir en renfort dans le service mortuaire.

Cette réponse apporte un soutien immédiat à l’équipe. Cependant, elle ne met pas fin aux revendications. Les grévistes souhaitent obtenir des solutions durables face aux postes vacants et aux absences prolongées.

Ils demandent notamment que les effectifs permettent de faire face aux périodes de forte activité sans placer les professionnels en situation d’isolement. Début juillet, la CGT avait ainsi signalé qu’une agente était restée seule pendant plusieurs heures dans le service.

La canicule a fortement accru la charge de travail

Les épisodes de chaleur survenus en juin et en juillet ont accentué les difficultés. Le CHU de Nantes avait déclenché son plan blanc le 26 juin en raison d’une forte affluence aux urgences, au Samu, dans les services d’hospitalisation et en réanimation.

Dans le même temps, le service mortuaire a dû absorber un pic d’activité. Au début du mouvement, la CGT faisait état d’une progression de 30 % du nombre de décès sur une semaine.

La chaleur a également compliqué la conservation de certains corps. Deux équipements frigorifiques étaient alors signalés en panne. D’autres installations fonctionnaient difficilement sous l’effet des températures élevées.

Ces problèmes techniques ont multiplié les déplacements de défunts. Or, selon les représentants du personnel, certains chariots sont vieillissants ou mal adaptés. Leur utilisation répétée expose les agents à des troubles musculo-squelettiques.

Une prime pour reconnaître un savoir-faire particulier

Au-delà des effectifs, les professionnels demandent une reconnaissance financière de leurs compétences. Ils réclament notamment une prime liée au travail mortuaire et aux autopsies.

Leurs missions exigent un savoir-faire technique, mais aussi une forte maîtrise émotionnelle. Le service prend en charge les personnes décédées à l’hôpital. Il intervient également auprès de l’unité médico-légale pour des corps concernés par une procédure judiciaire.

Les agents peuvent ainsi être confrontés à des situations traumatisantes, notamment lors de découvertes de corps, de décès violents ou d’autopsies. Plusieurs professionnels soulignent les conséquences durables que certains dossiers peuvent laisser dans leur mémoire.

Le travail comprend aussi la préparation des défunts, les opérations de manutention, les formalités administratives et l’accueil des familles endeuillées. Le CHU de Nantes dispose d’ailleurs d’une chambre mortuaire comprenant cinq salons destinés au recueillement.

Le mouvement doit se poursuivre

À ce stade, aucune sortie de grève n’a été annoncée. Les agents maintiennent leurs demandes concernant les recrutements, la prime, les équipements frigorifiques et le renouvellement du matériel de manutention.

La CGT souhaite également porter la situation devant le comité social d’établissement en septembre. Le syndicat avait par ailleurs annoncé qu’il envisageait une procédure d’alerte pour danger grave et imminent.

En attendant de nouvelles discussions avec la direction, le personnel poursuit donc sa mobilisation tout en maintenant l’activité du service. Les familles continuent d’être accueillies et les défunts pris en charge.

Pour connaître les démarches à suivre après la disparition d’un proche, les informations officielles sont disponibles sur le site du CHU de Nantes.

Ton avis sur cet article

S’abonner à Infos Média Nantes

Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.