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Le tribunal judiciaire de Nantes met en place un groupe consacré au traitement des infractions à caractère sexuel commises sur des mineurs. Cette organisation intervient dans le contexte de l’affaire Lyhanna, qui a provoqué une forte émotion nationale et relancé le débat sur les délais de traitement des dossiers visant des enfants.
Selon les éléments communiqués localement, ce groupe réunit deux magistrats et un greffier. Leur mission consiste à consacrer du temps au suivi de ces procédures, dans une juridiction où 1 630 dossiers sont actuellement en cours.
La décision répond à une demande adressée aux tribunaux par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Le 8 juin 2026, une circulaire a demandé aux parquets de traiter en priorité les infractions sexuelles commises sur des mineurs.
Une réponse locale à une instruction nationale
La circulaire publiée au Bulletin officiel du ministère de la Justice demande une mobilisation rapide des juridictions. Elle porte précisément sur le traitement prioritaire des infractions sexuelles commises sur les mineurs.
Le texte vise à accélérer l’examen des procédures, à mieux identifier les situations urgentes et à renforcer le suivi des dossiers. Il demande aussi aux parquets une remontée d’informations sur leur organisation et leurs stocks de procédures.
À Nantes, la création d’un groupe dédié traduit cette orientation nationale à l’échelle du tribunal. Elle doit permettre de concentrer l’attention sur un contentieux sensible, souvent lourd à instruire et à suivre.
1 630 procédures en cours à Nantes
Le chiffre communiqué pour Nantes donne la mesure de la charge judiciaire. Avec 1 630 procédures en cours, le tribunal doit traiter un volume important de dossiers liés à des violences sexuelles visant des mineurs.
Ces affaires nécessitent une prise en charge rigoureuse. Les enquêtes peuvent comprendre des auditions spécialisées, des expertises, des vérifications croisées et des mesures de protection. De plus, le temps judiciaire doit tenir compte de la parole de l’enfant, du cadre légal et des droits de chaque partie.
Le renforcement annoncé ne règle donc pas à lui seul la question des délais. Cependant, il crée une organisation plus lisible pour suivre les dossiers, repérer les priorités et limiter les risques de décrochage procédural.
Des rassemblements devant les palais de justice
La mobilisation citoyenne se poursuit également en Loire-Atlantique. Deux nouvelles manifestations pour la protection de l’enfance ont eu lieu devant les palais de justice de Nantes et de Saint-Nazaire.
Au total, ces rassemblements ont réuni environ 600 personnes. Ils s’inscrivent dans une vague plus large de mobilisations organisées en France après la mort de Lyhanna.
Le 8 juin, plusieurs associations et collectifs avaient déjà appelé à se réunir devant les tribunaux. Les manifestants demandaient une meilleure protection des enfants, une prise en compte plus rapide des signalements et davantage de moyens pour les services concernés.
Un enjeu judiciaire, social et humain
Les violences sexuelles sur mineurs relèvent d’un contentieux particulièrement sensible. Elles touchent à la protection de l’enfance, à l’enquête pénale, au suivi des victimes et à la prévention de nouveaux passages à l’acte.
Le ministère de la Justice avait déjà publié, en mai 2026, une circulaire spécifique sur le traitement judiciaire des violences sexuelles et sexistes commises sur les mineurs en milieu scolaire ou périscolaire. Le texte du 8 juin élargit la pression sur l’ensemble des dossiers visant des enfants.
En Loire-Atlantique, plusieurs dispositifs existent aussi en dehors du tribunal. Le Département recense notamment des ressources pour accompagner les mineurs victimes d’exploitation sexuelle. À Nantes, le dispositif ALBA propose une prise en charge pluridisciplinaire pour les mineurs en situation d’exploitation sexuelle ou en risque de l’être.
Que faire en cas de danger pour un enfant ?
En cas de danger immédiat, il faut appeler les services d’urgence. Pour signaler une situation d’enfant en danger ou en risque de l’être, le 119 reste le numéro national de référence.
Ce service concerne les enfants, les adolescents, les proches, les voisins, les professionnels et toute personne inquiète pour un mineur. Il traite notamment les situations de violences physiques, psychologiques ou sexuelles.
Le 119 est gratuit, confidentiel et accessible 24h/24. Les appels de mineurs sont traités en priorité.
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