À Nantes, un nouvel appel à témoignages vise les violences sexuelles présumées dans des écoles catholiques

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La parole continue de se structurer autour des violences sexuelles et physiques présumées dans des établissements catholiques. La nouvelle association Mémoires, Vérité, Reconnaissance pour les victimes des Lasalliens lance un appel à témoignages visant d’anciens élèves d’écoles du réseau La Salle.

À Nantes, le premier établissement ciblé par cet appel est le collège Saint-Joseph du Loquidy. L’association cherche à recueillir des récits, à identifier d’éventuels témoins et à documenter des faits qui auraient pu se dérouler dans le passé.

Selon les éléments disponibles, deux victimes recensées au niveau national étaient scolarisées à Nantes. L’une l’était à Saint-Joseph, l’autre à Saint-Joseph du Loquidy.

Une association créée en 2026

Mémoires, Vérité, Reconnaissance, ou MVR, est une association loi 1901. Elle indique avoir été constituée en avril 2026, après la création d’un collectif de victimes des établissements lasalliens en février.

L’association affirme vouloir accompagner les victimes, recueillir les témoignages et travailler sur la reconnaissance des violences rapportées dans les établissements liés aux Frères des Écoles chrétiennes.

Sur son tableau de bord public, MVR indique avoir recueilli plus de 280 témoignages. Elle recense aussi 52 établissements lasalliens mis en cause et plus de 90 auteurs présumés ou personnes signalées par les témoignages.

Le Loquidy placé au centre du nouvel appel

À Nantes, le collège Saint-Joseph du Loquidy devient le premier établissement concerné par ce nouvel appel local. Cette étape s’inscrit dans une démarche nationale déjà engagée depuis plusieurs mois par le collectif, puis par l’association.

L’objectif consiste à permettre à d’éventuelles victimes, à d’anciens élèves ou à des témoins de se manifester. MVR précise que les témoignages peuvent rester confidentiels. L’association accepte aussi des récits partiels, lorsqu’ils permettent de recouper des informations.

Cette démarche ne vaut pas décision judiciaire. Elle relève d’un travail de collecte et de documentation. Les faits évoqués doivent donc être présentés avec prudence, dans le respect de la présomption d’innocence et des personnes concernées.

Un contexte déjà marqué par les révélations à Nantes

Ce nouvel appel intervient dans un climat déjà lourd pour l’enseignement catholique nantais. En août 2025, l’évêque de Nantes et la direction diocésaine de l’Enseignement catholique de Loire-Atlantique avaient lancé un appel à témoignages après des faits d’abus sexuels commis à Saint-Stanislas entre 1960 et 2000.

Cet appel ne visait pas seulement Saint-Stanislas. Il invitait aussi les personnes concernées à se signaler si elles avaient été victimes d’agressions physiques ou sexuelles dans d’autres établissements de l’Enseignement catholique de Loire-Atlantique, ou dans d’anciens petits séminaires.

Depuis, plusieurs témoignages ont été recensés dans le département. Des éléments relayés par la cellule d’écoute du diocèse de Nantes mentionnent notamment des signalements concernant Saint-Joseph du Loquidy.

Une affaire nationale autour des établissements lasalliens

Le dossier dépasse largement Nantes. Dès février 2026, un collectif d’anciens élèves a dénoncé des violences physiques, psychologiques et sexuelles présumées dans des établissements lasalliens en France.

Selon les informations alors rapportées par la presse nationale, les témoignages concernaient des faits souvent anciens, parfois prescrits, commis dans plusieurs villes. Nantes figurait parmi les territoires cités par le collectif.

Depuis, le nombre de témoignages revendiqués par MVR a augmenté. L’association affirme vouloir documenter les établissements concernés et établir des recoupements entre les récits.

Comment témoigner ou demander de l’aide

Les personnes qui souhaitent répondre à l’appel de MVR peuvent contacter l’association via ses canaux officiels. MVR précise que les témoignages peuvent être transmis de façon confidentielle, avec possibilité d’anonymat.

En cas de danger actuel pour un enfant, le numéro national 119 reste le point d’entrée prioritaire. Il concerne les enfants, les adolescents et toute personne inquiète pour un mineur en danger ou en risque de l’être.

Les victimes d’infractions peuvent aussi contacter le 116 006. Ce service national d’aide aux victimes est gratuit et confidentiel. Il permet d’être orienté vers une association ou un service spécialisé.

Un appel à la prudence et à la reconnaissance

Le sujet impose une double exigence. D’un côté, la parole des victimes doit pouvoir être entendue et conservée. De l’autre, chaque fait doit être vérifié avec rigueur.

À Nantes comme ailleurs, les prochains témoignages permettront peut-être de préciser l’ampleur des faits rapportés. Ils pourront aussi aider d’anciens élèves à comprendre leur histoire, plusieurs années après les violences présumées.

Pour les familles et les anciens élèves concernés, l’enjeu dépasse le seul cadre judiciaire. Il touche à la mémoire, à la vérité et à la reconnaissance de parcours longtemps restés invisibles.

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