À 26 ans, Julien poursuit une formation aux métiers de la restauration, mais il lui manque une entreprise d’accueil à Nantes pour continuer son apprentissage. La date limite est fixée au 3 décembre 2026. L’Académie de l’Envolée, son centre de formation à Saint-Nazaire, lance un appel aux restaurateurs et hôteliers de l’agglomération nantaise.
Le jeune homme a déjà découvert le travail en établissement lors de plusieurs stages, notamment à Nantes. Il souhaite rejoindre une équipe professionnelle, particulièrement en service en salle. Angelina Orsini, directrice de l’Académie, confirme le 2 novembre qu’il cherche toujours une entreprise à Nantes. Deux établissements de La Baule ont récemment manifesté leur intérêt, mais ils se trouvent trop loin de son domicile. Aucun contact nantais n’a encore abouti.
Un futur employé polyvalent de restauration qui a déjà effectué des stages
Julien prépare le titre professionnel d’employé polyvalent de restauration (EPR). Cette certification reconnue par l’État forme aux différentes activités d’un établissement : préparation et distribution de produits, service, accueil et relation avec les clients.
La polyvalence constitue l’un des objectifs de cette formation. À l’Académie, les apprentis découvrent la préparation culinaire, le snacking, le service en salle et le contact avec la clientèle. Julien manifeste, d’après l’établissement, un intérêt particulier pour le service en salle. Il peut également assurer de l’aide en cuisine pour des préparations simples : assemblage, remise en température et tâches courantes de restauration rapide. Ses précédentes périodes en entreprise lui ont déjà permis de se familiariser avec les réalités du secteur.
Il ne s’agit donc pas de chercher un emploi sans rapport avec sa formation, mais de trouver une structure où consolider progressivement des compétences professionnelles. Un restaurant traditionnel, un établissement hôtelier disposant d’une activité de restauration ou une autre entreprise du secteur peut prendre contact avec le CFA pour étudier la compatibilité du poste et des missions.
Pourquoi la date du 3 décembre est déterminante
L’Académie de l’Envolée a fixé au jeudi 3 décembre 2026 la date limite pour trouver une entreprise d’accueil. À défaut, explique l’équipe pédagogique, Julien ne pourra pas poursuivre normalement son apprentissage.
Depuis le printemps, l’établissement affirme avoir contacté plus de 50 entreprises dans la métropole nantaise, des hôtels-restaurants aux établissements de proximité. Aucun de ces échanges n’a encore débouché sur le contrat recherché.
Angelina Orsini détaille un rythme de 20 heures par semaine au total, dont 8 heures de formation et environ 12 heures en entreprise. Julien suit ses cours à Saint-Nazaire les jeudis et vendredis. Il est disponible en entreprise les lundis, mardis, mercredis, samedis et dimanches. L’entreprise peut prévoir des créneaux d’environ quatre heures lors des services du midi, du soir ou du week-end, selon ses besoins et le calendrier établi avec le CFA.
À partir de 26 ans, le contrat d’apprentissage prévoit une rémunération minimale correspondant au Smic ou, si elle est supérieure, au minimum conventionnel applicable. Toutefois, une aide publique peut atteindre 6 000 euros pour la première année lorsqu’un employeur recrute un apprenti en situation de handicap, conformément aux règles applicables en 2026. Elle dépend de l’éligibilité et peut être proportionnelle à la durée du contrat. Des aides spécifiques de l’Agefiph peuvent s’y ajouter. L’Académie propose une simulation du reste à charge adaptée à la situation réelle de l’employeur.
Une job coach pour accompagner Julien et l’entreprise
Accueillir Julien ne signifie pas laisser un établissement gérer seul son intégration. L’Académie prévoit l’intervention de Delphine, sa job coach, qui accompagne le jeune homme et l’entreprise tout au long du parcours.
Concrètement, la job coach aide à définir les premières missions, accompagne Julien au démarrage et prépare des outils adaptés, par exemple des consignes organisées en pictogrammes. Elle peut également intervenir auprès de l’équipe pour expliquer les besoins de l’apprenti et faciliter les échanges. Selon Angelina Orsini, ce suivi se poursuit aussi longtemps que nécessaire, afin de sécuriser les apprentissages et le fonctionnement de l’entreprise.
Le CFA indique que les frais de formation sont pris en charge par l’opérateur de compétences (OPCO) compétent dans le cadre du contrat d’apprentissage. Il propose également d’étudier les aides mobilisables et de réaliser une simulation financière personnalisée pour un employeur intéressé.
Les dispositifs d’aide ne sont pas automatiques. Ils dépendent notamment du type de contrat, des conditions d’éligibilité et de sa durée. Le portail officiel Entreprendre Service Public présente les aides financières à l’embauche d’une personne en situation de handicap. Les modalités propres au projet de Julien sont à examiner avec le CFA.
Un enjeu d’accès à l’emploi au-delà de la recherche de Julien
Le parcours de Julien s’inscrit dans une difficulté plus large : permettre à des personnes en situation de handicap de se former puis d’obtenir une expérience durable dans des entreprises ordinaires. Pour un employeur, l’enjeu est aussi de disposer d’un accompagnement adapté à son activité et aux compétences du futur salarié.
Le droit français permet aux personnes reconnues en situation de handicap de conclure un contrat d’apprentissage sans limite d’âge supérieure. Des aménagements pédagogiques ou organisationnels peuvent être prévus selon les besoins. Ce cadre est présenté dans la fiche officielle consacrée à l’apprentissage des travailleurs handicapés.
La question n’est donc pas celle d’une impossibilité légale de recruter un apprenti de 26 ans. Elle porte, dans ce cas précis, sur la possibilité de trouver rapidement un établissement, d’organiser le contrat et de réunir les conditions pratiques et financières de l’accueil.
21 apprenants à l’Académie de l’Envolée : les chiffres précisés
Installée 5 avenue de la République à Saint-Nazaire, l’Académie de l’Envolée est spécialisée dans les formations aux métiers de la restauration. Elle propose des parcours certifiants ainsi que des dispositifs de découverte du secteur.
Dans une réponse adressée à Infos Média Nantes le 2 novembre, Daphné Garsi, chargée de communication, a précisé l’effectif actuel : 21 apprenants, dont 18 inscrits dans un parcours en alternance et trois en année de découverte. Cette année de découverte leur permet de confirmer leur intérêt pour la restauration avant d’entrer dans une formation qualifiante.
Lors de son premier appel, le centre indiquait que 17 des 18 apprentis du parcours d’alternance avaient trouvé leur entreprise. Julien était alors le seul à rechercher encore une structure d’accueil. Quatre des apprenants de l’établissement sont originaires de Nantes, d’après l’Académie.
Le CFA dispose d’espaces de formation et d’application, dont une cantine pédagogique. Les élèves y apprennent les gestes professionnels et la relation avec les clients. Pour comprendre ce dispositif, Infos Média Nantes avait présenté la rentrée 2026 et les nouveaux locaux de l’Académie de l’Envolée à Saint-Nazaire.
Comment un restaurant ou un hôtel peut-il proposer une place à Julien ?
Les professionnels intéressés peuvent contacter directement Angelina Orsini, directrice de l’Académie de l’Envolée, au 06 81 94 23 95 ou par courriel. Elle présente le parcours de Julien, les modalités d’accueil et les aides mobilisables. Une courte immersion encadrée par la job coach peut être organisée sur deux jours pour apprécier le fonctionnement dans l’établissement. Si l’expérience convient aux deux parties, le CFA prépare les démarches contractuelles, que l’employeur devra ensuite signer.
- Candidat : Julien, 26 ans, Nantais.
- Formation : titre professionnel d’employé polyvalent de restauration.
- Activités recherchées : restauration et service en salle, en fonction des missions validées avec le CFA.
- Organisation : 20 heures hebdomadaires au total, comprenant environ 12 heures en entreprise et 8 heures de formation.
- Disponibilité en entreprise : lundi, mardi, mercredi, samedi et dimanche, à répartir avec le CFA.
- Échéance : 3 décembre 2026.
- Accompagnement : suivi par l’Académie et par la job coach, Delphine.
- Contact direct : Angelina Orsini, au 06 81 94 23 95 ou par courriel à l’Académie.
Le premier contact peut simplement préciser le nom de l’établissement, sa localisation, son activité et les missions qu’il envisage de proposer. L’Académie examinera ensuite avec le responsable la faisabilité de l’accueil et la suite des démarches.
Les restaurateurs qui ne disposent pas eux-mêmes d’une place peuvent également transmettre l’information à une entreprise de leur réseau. L’enjeu immédiat est de permettre à Julien d’entrer en relation avec un établissement avant l’échéance fixée.
Sources : réponses de Daphné Garsi et Angelina Orsini adressées à Infos Média Nantes le 2 novembre 2026, appel public de l’Académie consacré à Julien ; site officiel de l’Académie ; fiches Service Public et Entreprendre Service Public relatives à l’apprentissage des travailleurs handicapés et aux aides en 2026. Photo : © Daphné Garsi, transmise avec autorisation.
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