Mails rédigés par l’IA : pourquoi on les repère et comment les rendre naturels

Une personne rédige un e-mail sur un ordinateur portable, illustration de l'aide à la rédaction par l'intelligence artificielle.
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Dimanche 11 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


En partenariat avec Codesia.

Un e-mail préparé par une intelligence artificielle peut faire gagner du temps. Encore faut-il qu’il ressemble à un vrai message professionnel. Formules répétées, ton trop uniforme ou phrases interchangeables peuvent donner une impression artificielle. Pour les entreprises de Nantes et de Loire-Atlantique, l’enjeu n’est pas de tromper un détecteur, mais de produire des brouillons précis, naturels et utiles.

Des réponses préparées par l’IA, mais toujours validées par une personne

Certains systèmes peuvent analyser un courriel reçu, puis préparer une réponse directement dans les brouillons de la messagerie. Le collaborateur conserve la décision finale : il relit, ajuste et envoie le message. Cette distinction entre préparation automatisée et envoi automatique reste essentielle.

Le bénéfice dépend de la qualité du brouillon. Si son destinataire reconnaît immédiatement une formule passe-partout ou si l’utilisateur doit tout réécrire, le temps gagné diminue. C’est pourquoi le ton, les détails concrets et la structure du message comptent autant que sa correction grammaticale.

Perplexité et « burstiness » : deux façons d’observer un texte

La perplexité mesure, de façon simplifiée, à quel point une suite de mots paraît prévisible pour un modèle de langage. Un texte répétitif ou très attendu peut présenter une perplexité plus faible. Mais cette mesure dépend du modèle employé : elle ne révèle pas, à elle seule, qui a rédigé le message.

La burstiness, ou variabilité, décrit les changements de perplexité et de rythme au fil des phrases. Une écriture humaine peut alterner des formulations directes, des développements plus longs et des expressions inattendues. Les textes générés peuvent, eux aussi, présenter cette diversité.

Dès 2019, des chercheurs ont présenté GLTR, un outil de visualisation des textes générés. Dans leur expérience, l’aide visuelle a fait passer le taux de reconnaissance de textes artificiels de 54 % à 72 % auprès des participants sans formation préalable. Il s’agissait d’une étude expérimentale, pas d’une méthode infaillible pour identifier l’auteur d’un e-mail.

GPTZero a popularisé les notions de perplexité et de burstiness lors de son lancement en janvier 2023. L’éditeur précise toutefois avoir cessé de les utiliser pour sa détection à partir de l’automne 2023, au profit d’une architecture fondée sur l’apprentissage profond.

Le terme « perplexité » ne doit pas être confondu avec Perplexity, l’outil de recherche IA comparé à ChatGPT dans un précédent article.

Pourquoi un détecteur ne constitue pas une preuve

Les statistiques d’un texte peuvent aussi pénaliser des auteurs humains. En 2023, une étude menée à Stanford a évalué sept détecteurs sur 91 rédactions d’anglais rédigées par des personnes non anglophones de naissance. En moyenne, 61,22 % de ces textes ont été classés à tort comme produits par une IA.

Ces résultats concernent des rédactions étudiées dans un contexte précis, pas les courriels professionnels. Ils montrent néanmoins qu’un vocabulaire simple et des tournures prévisibles ne suffisent pas à établir l’origine d’un écrit. La détection automatique doit donc être interprétée avec prudence.

Trois réflexes pour obtenir des brouillons d’e-mails plus naturels

Définir un ton reconnaissable. L’outil peut s’appuyer sur des consignes décrivant les habitudes rédactionnelles de l’utilisateur : formule d’ouverture, niveau de formalité, longueur moyenne ou façon de conclure. Des exemples préalablement autorisés peuvent affiner cette référence.

Répondre au message reçu, pas à un modèle générique. Mentionner le point exact soulevé, rappeler une échéance ou poser une question précise rend la réponse plus utile. Le but n’est pas d’ajouter artificiellement des mots rares, mais d’éviter les formulations qui pourraient s’appliquer à n’importe quel destinataire.

Garder une relecture humaine. Avant l’envoi, il faut vérifier les faits, les dates, les pièces jointes, le destinataire et la confidentialité des informations. L’entreprise doit également encadrer l’utilisation éventuelle d’anciens e-mails pour personnaliser les réponses. Sur ce dernier point, notre article sur les données confiées aux assistants IA détaille les précautions à connaître.

Codesia : adapter l’automatisation aux pratiques des entreprises nantaises

Codesia, entreprise nantaise spécialisée dans l’automatisation des processus, indique combiner la personnalisation du ton et des consignes de rédaction dans ses systèmes de préparation d’e-mails. Cette approche vise à proposer des réponses plus proches des habitudes de l’utilisateur, sans retirer à celui-ci le contrôle de l’envoi.

Pour découvrir ses domaines d’intervention, les entreprises peuvent consulter le site de Codesia, agence d’automatisation IA.

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Photo d’illustration : Nenad Stojković / Wikimedia Commons, licence CC BY 2.0. Image recadrée.

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