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À Nantes, un chantier patrimonial s’adapte à la présence d’un couple de faucons crécerelles. Les oiseaux ont choisi l’église Saint-Similien, en centre-ville, pour installer leur nid et pondre leurs œufs.
Résultat : les travaux de restauration engagés sur l’édifice ont été interrompus pendant la période de nidification. La Ville de Nantes met en avant un exemple concret de cohabitation entre rénovation du bâti ancien et protection du vivant.
Située à proximité de la rue Léon-Jamin, l’église Saint-Similien fait partie du patrimoine religieux nantais. Le chantier concerne notamment la restauration des vitraux, désormais organisée autour de la présence des rapaces.
Une caméra pour suivre le nid en temps réel
Pour éviter de perturber la reproduction, le nid est suivi par caméra. Ce dispositif permet d’observer l’évolution de la nidification et d’adapter les interventions sur le bâtiment.
Deux nids artificiels ont également été installés. Ils offrent une solution de repli aux faucons crécerelles, tout en limitant les risques liés aux travaux et à l’occupation spontanée de certaines parties de l’édifice.
Cette adaptation illustre une règle simple : un chantier ne peut pas ignorer les espèces protégées présentes sur site. Lorsqu’un nid actif est repéré, les travaux doivent être organisés pour éviter la destruction, l’enlèvement ou la perturbation des oiseaux.
Pourquoi les faucons s’installent en ville
Le faucon crécerelle est un petit rapace capable de vivre dans des milieux variés. Il recherche des espaces ouverts pour chasser et des emplacements en hauteur pour nicher ou se reposer.
Avec la disparition ou la raréfaction de certains habitats naturels, des espèces protégées trouvent refuge dans les bâtiments. Églises, façades, corniches ou cavités peuvent alors devenir des sites de nidification.
Cette présence en ville n’est pas anecdotique. Elle rappelle que la biodiversité ne se limite pas aux parcs, aux jardins ou aux bords de Loire. Elle occupe aussi les murs, les toitures et les interstices du patrimoine bâti.
Un cadre légal strict pour les espèces protégées
En France, les espèces animales protégées bénéficient d’un régime juridique précis. Il interdit notamment de détruire ou d’enlever les œufs et les nids, de capturer les animaux, de les tuer ou de perturber intentionnellement leur reproduction.
Le Code de l’environnement protège aussi les habitats naturels de ces espèces. Cette protection s’applique donc aux chantiers, y compris lorsqu’ils concernent des bâtiments publics ou patrimoniaux.
Dans le cas de Saint-Similien, la pause du chantier répond à cette logique de prévention. Elle évite d’opposer patrimoine architectural et biodiversité. Au contraire, elle montre comment les deux peuvent être pris en compte dans un même projet.
Nantes Métropole veut mieux intégrer la biodiversité dans le bâti
Nantes Métropole a engagé un plan d’actions pour préserver la faune sauvage lors de la rénovation ou de l’évolution de son patrimoine bâti. L’exemple de Saint-Similien en constitue une application visible.
L’enjeu est de repérer les espèces présentes avant ou pendant les travaux, puis de choisir les bons ajustements. Cela peut passer par une modification du calendrier, un suivi naturaliste, la pose de nichoirs ou la création d’abris adaptés.
Ces mesures répondent aussi à une réalité urbaine. Plus la ville se transforme, plus elle doit anticiper les effets de ses chantiers sur les espèces qui y vivent déjà.
La Ville de Nantes rappelle plusieurs gestes utiles pour aider la faune sauvage près de chez soi sur le site officiel de Nantes Métropole.
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