À Rezé et Vertou, des entreprises prêtent leurs terrains pour produire des légumes pour la Banque alimentaire

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Des terrains privés d’entreprises de la métropole nantaise servent désormais à produire des légumes destinés à la Banque alimentaire. Lancée au printemps 2026, l’expérimentation Entreprises nourricières est portée par la Maison des agricultures et de l’alimentation durables (MAAD). Elle associe entreprises, maraîchers, collectivités et acteurs de l’aide alimentaire autour d’un objectif commun : améliorer l’accès à des produits frais et de qualité.

Deux premiers sites sont actuellement mobilisés, à Rezé et à Vertou. Les entreprises Nature et Aliments et Tallineau Emballage mettent chacune gratuitement à disposition 200 m² de terrain ainsi qu’un accès à l’eau. Les parcelles sont cultivées par les maraîchers Olivier Trocherie et Yann Lescouarch.

Un projet inspiré des Paysages nourriciers nantais

L’idée vient de Yann Lescouarch, fondateur de Cultures d’entreprise. Après plusieurs années à développer des jardins potagers avec des salariés, il souhaitait aller plus loin en produisant directement pour l’aide alimentaire. Son expérience des Paysages nourriciers de la Ville de Nantes a servi de point de départ au projet.

La MAAD a ensuite structuré l’expérimentation. Les entreprises mettent à disposition le foncier et participent aussi financièrement au fonctionnement. Les maraîchers sont rémunérés pour leur travail, indépendamment du volume effectivement récolté.

Des légumes collectés deux fois par semaine

Les légumes produits sont récupérés deux fois par semaine par la Banque alimentaire. Celle-ci les achète à la MAAD au prix de 1 euro le kilo, avant de les céder aux associations partenaires à 0,30 euro le kilo.

Le dispositif répond à une difficulté bien identifiée sur le territoire : l’accès à une alimentation saine reste compliqué pour une partie de la population. Le Département de Loire-Atlantique estime qu’environ 10 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. Cette situation pèse directement sur la qualité et la diversité de l’alimentation des ménages les plus modestes.

Un financement partagé entre entreprises et collectivités

Pour cette première année, la phase d’installation représente la dépense la plus importante. Le financement annoncé se répartit entre 12 % provenant de la vente des légumes, 40 % des entreprises, 28 % de Nantes Métropole et 20 % des Villes de Rezé et Vertou.

Les conventions prévoient un engagement des entreprises sur cinq ans. Selon la MAAD, le budget doit ensuite être environ divisé par deux une fois les sites aménagés. La pérennité du modèle reposera donc sur un équilibre entre la vente des productions et le soutien public.

Nantes Métropole prévoit de soutenir l’installation d’un site par an. De son côté, la MAAD souhaite trouver d’autres ressources afin d’accélérer le développement du dispositif, en priorité au sud de la Loire. Cette concentration géographique doit notamment simplifier les tournées de collecte de la Banque alimentaire.

Un objectif de 1,4 tonne de légumes par an

Malgré un été difficile, environ 170 kg de courgettes ont déjà été récoltés. Pendant les deux semaines de fermeture estivale de la Banque alimentaire, une partie des légumes a été transformée au Marché d’intérêt national de Rezé en gaspachos et en conserves, avant d’être redistribuée aux associations.

À terme, l’objectif est d’atteindre 1,4 tonne de légumes par an. Le projet privilégie des cultures biologiques relativement simples à produire et à stocker, comme les courgettes, potimarrons, choux ou poireaux.

Un engagement également visible pour les salariés

Pour les entreprises participantes, Entreprises nourricières s’inscrit aussi dans une démarche de responsabilité sociétale. Chez Nature et Aliments comme chez Tallineau Emballage, le projet permet aux salariés de voir concrètement les effets de l’engagement de leur entreprise.

Certains salariés ont déjà participé à des tâches autour des récoltes ou de la préparation des cagettes. Chez Nature et Aliments, cette dynamique a également conduit à envisager une participation à la collecte nationale de la Banque alimentaire en novembre.

Avec cette expérimentation, la métropole nantaise teste ainsi un modèle où du foncier privé peu ou pas utilisé peut devenir un support de production alimentaire solidaire, tout en créant un lien direct entre entreprises locales, maraîchers et associations.

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