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Hausse des faits racistes et antimusulmans, controverse autour du nouveau Défenseur des droits et future proposition de loi contre les violences sexistes et sexuelles : le collectif départemental des Semaines d’Éducation Contre le racisme et toutes les formes de Discriminations (SECD) relaie plusieurs actualités nationales en cette rentrée 2026. Des sujets suivis localement par un réseau qui rassemble plus de 120 structures en Loire-Atlantique.
Créées pour sensibiliser le public et favoriser l’égalité, les SECD réunissent depuis 2008 des associations, structures culturelles, maisons de quartier, bénévoles et professionnels de Loire-Atlantique.
Si les actions les plus visibles se concentrent chaque année au mois de mars, le collectif poursuit son travail tout au long de l’année. Dans sa lettre d’information de septembre, il revient notamment sur trois dossiers liés aux discriminations et aux droits fondamentaux.
Les infractions racistes continuent d’augmenter en France
Premier constat : les actes racistes, xénophobes ou antireligieux restent à un niveau particulièrement élevé en France.
Dans son rapport annuel publié en juin, la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) recense 9 737 crimes et délits à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux en 2025. Cela représente une progression de 5 % en un an.
Cette évolution contraste avec l’indice de tolérance mesuré par la CNCDH. Celui-ci reste stable à 64 sur 100, un niveau considéré comme historiquement élevé.
Dans le détail, les faits antimusulmans connaissent une très forte progression. Ils atteignent 326 faits recensés en 2025, soit une hausse de 88 % par rapport à l’année précédente.
Les autres faits racistes et xénophobes progressent également de 17 %, pour atteindre 1 643 faits.
1 320 faits antisémites recensés
La situation concernant l’antisémitisme reste elle aussi particulièrement préoccupante. La Direction nationale du renseignement territorial a recensé 1 320 faits antisémites en 2025.
Ce nombre diminue de 16 % par rapport à 2024, mais reste à un niveau très élevé. Surtout, environ 67 % de ces faits correspondent à des atteintes visant directement les personnes.
La CNCDH souligne également l’importance de la sous-déclaration. Les statistiques enregistrées par les services de police et de justice ne représentent qu’une partie des actes réellement subis.
Selon les données reprises dans son rapport, environ 1,2 million de personnes de plus de 14 ans déclarent chaque année avoir subi au moins une atteinte à caractère raciste. Une très grande majorité des victimes ne déposent pas plainte.
Pour la CNCDH, cette situation nécessite notamment un renforcement des politiques publiques de prévention, d’éducation et de lutte contre les discriminations.
La nomination de François-Noël Buffet contestée par des associations
Autre sujet relayé par les SECD : la nomination de François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits.
L’ancien sénateur du Rhône a officiellement pris ses fonctions le 23 juillet 2026 pour un mandat de six ans. Il succède à Claire Hédon à la tête de cette autorité indépendante chargée de défendre les droits et libertés, de lutter contre les discriminations et de veiller notamment au respect des droits de l’enfant et de la déontologie des professionnels de la sécurité.
Sa nomination avait cependant provoqué une importante mobilisation associative avant même sa prise de fonction.
Plusieurs dizaines d’organisations, parmi lesquelles La Cimade, Amnesty International, SOS Racisme, SOS homophobie, Sidaction ou encore des syndicats, avaient publiquement demandé aux parlementaires de s’opposer à sa nomination.
Ces organisations critiquaient plusieurs de ses anciennes prises de position politiques, notamment concernant le mariage pour tous, la procréation médicalement assistée, l’interruption volontaire de grossesse ou les politiques migratoires.
Il s’agit d’une prise de position du mouvement associatif. François-Noël Buffet a finalement été nommé par décret du président de la République, après consultation des commissions parlementaires compétentes, et exerce désormais pleinement les fonctions de Défenseur des droits.
Une proposition de loi « intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles
La rentrée parlementaire doit également être marquée par les discussions autour d’un texte consacré aux violences sexistes et sexuelles (VSS).
La proposition de loi n° 2169, déposée à l’Assemblée nationale en décembre 2025, vise à lutter « de manière intégrale » contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants.
Le texte propose une approche très large, mêlant prévention, éducation, santé, monde professionnel, protection des victimes et réponses judiciaires.
Porté par plusieurs parlementaires et soutenu par une coalition d’associations féministes, il est notamment issu d’un travail comprenant de nombreuses propositions formulées par les acteurs mobilisés contre les violences sexuelles.
Un texte également critiqué dans les mouvements féministes
Cette proposition suscite néanmoins des débats au sein même du mouvement féministe.
Toni-Mathilde Viot, cofondatrice de l’Observatoire des violences sexistes et sexuelles en politique, estime notamment que le texte ne prend pas suffisamment en compte l’ensemble des personnes susceptibles d’être victimes de violences liées au patriarcat.
Elle pointe particulièrement la situation des personnes LGBTQIA+, des personnes racisées ou encore de certaines populations confrontées à plusieurs formes de discriminations simultanément.
La proposition de loi a été renvoyée à la commission des lois de l’Assemblée nationale. Son examen est annoncé dans le débat public pour la rentrée 2026, même si le calendrier parlementaire officiel reste susceptible d’évoluer.
Plus de 120 structures mobilisées en Loire-Atlantique
Ces débats nationaux trouvent également un relais local à Nantes et en Loire-Atlantique à travers les Semaines d’Éducation Contre le racisme et toutes les formes de Discriminations.
Le collectif réunit aujourd’hui plus de 120 structures du département. Chaque année, une soixantaine d’entre elles participent directement aux actions organisées dans le cadre des SECD.
Campagnes de sensibilisation, ateliers, formations, conférences, débats et actions culturelles permettent notamment d’aborder le racisme, le sexisme, les discriminations liées à l’origine, au handicap, à l’orientation sexuelle ou à l’identité de genre.
Le collectif propose également toute l’année des ressources destinées aux personnes victimes ou témoins de discriminations en Loire-Atlantique.
Plus d’informations sont disponibles sur le site des SECD de Loire-Atlantique.
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