Nantes : la collection de Monique Guillemot, doyenne des antiquaires, mise aux enchères

Aujourd’hui en un coup d’œil L’éphéméride IMN

Une partie de l’histoire des antiquaires nantais passera sous le marteau le 22 septembre 2026. Ivoire Nantes dispersera environ 150 lots issus de la collection personnelle de Monique Guillemot, décédée en 2025 à 98 ans. Parmi les pièces remarquables figure une sculpture chinoise de l’époque Tang estimée jusqu’à 20 000 €.

Elle avait consacré plus d’un demi-siècle aux antiquités et n’avait pris sa retraite qu’à 96 ans. Monique Guillemot, considérée comme la doyenne des antiquaires nantais, sera au cœur d’une importante vente organisée à Nantes le mardi 22 septembre.

La maison Ivoire Nantes – Couton, Jamault, Hirn proposera environ 150 lots provenant de sa collection. Ils seront intégrés à une vente de prestige plus large, comprenant également des œuvres, du mobilier et des objets issus notamment d’un château vendéen.

Plus d’un demi-siècle dans les antiquités à Nantes

Décédée le 10 janvier 2025 à l’âge de 98 ans, Monique Guillemot avait construit sa réputation au fil de plusieurs décennies dans le centre-ville de Nantes.

Elle avait d’abord exercé place Viarme, puis rue Porte-Neuve, dans le secteur du Marchix, avant de s’installer au 19 rue Mercœur, au cœur d’un quartier historiquement associé aux antiquaires nantais.

Son activité commerciale remonte officiellement aux années 1970. Elle s’était notamment spécialisée dans le mobilier ancien, les objets d’art, l’argenterie et les pièces liées à l’histoire maritime et portuaire de Nantes.

Grâce à internet, elle avait également développé au fil des années une clientèle dépassant largement la Loire-Atlantique, jusqu’à toucher des acheteurs internationaux.

Une passion transmise par son père

Le goût de Monique Guillemot pour les objets anciens remonte à son enfance. Deuxième d’une famille de six enfants, elle accompagnait son père, Joseph Samsoen, chirurgien à Hazebrouck dans le Nord et lui-même collectionneur.

Lors de passages à Paris, père et fille fréquentaient notamment plusieurs antiquaires réputés. Une partie des objets proposés à Nantes en septembre trouve son origine dans ces acquisitions familiales.

La collection comporte ainsi des objets d’art asiatique achetés auprès de marchands parisiens, ainsi que plusieurs meubles et pièces décoratives transmis au fil des générations.

Diplômée de l’École du Louvre, Monique Guillemot avait ensuite transformé cet héritage familial en métier. Mère de cinq enfants, elle est restée active professionnellement jusqu’à un âge particulièrement avancé.

Une Guanyin de l’époque Tang estimée jusqu’à 20 000 €

L’une des pièces les plus attendues de sa collection est une sculpture en pierre représentant Guanyin, figure majeure du bouddhisme en Asie orientale.

La divinité est représentée debout sur un lotus, légèrement déhanchée, avec la main droite portée vers le cœur et la gauche tenant un vase à eau lustrale.

Haute de 55 centimètres et datée de l’époque Tang, entre les VIIIe et IXe siècles, la sculpture est estimée entre 15 000 et 20 000 €.

Cette pièce illustre notamment l’intérêt de la famille de Monique Guillemot pour l’art asiatique. Son père collectionnait en particulier les objets chinois et avait lui-même voyagé en Asie.

Argenterie Puiforcat et porcelaines chinoises

L’argenterie, autre domaine particulièrement apprécié par l’antiquaire nantaise, sera également représentée.

Une ménagère en argent au modèle queue-de-rat, portant le poinçon Minerve et réalisée par Émile Puiforcat, figure parmi les ensembles remarqués. Son estimation se situe entre 5 000 et 6 000 €.

Les amateurs d’art asiatique pourront également suivre une paire de potiches chinoises du XVIIe siècle. Réalisées en porcelaine et émaux Wucaï, elles présentent un décor de dragons évoluant autour du joyau sacré parmi des flammes stylisées.

Cette paire, haute de 33 centimètres, est estimée entre 4 000 et 6 000 €.

357 lots au total dans cette vente de prestige

La dispersion de la collection Guillemot s’intégrera à une vacation beaucoup plus large. Le catalogue actuellement publié compte 357 lots, mêlant tableaux anciens et modernes, mobilier, sculptures, objets d’art, arts d’Asie, argenterie, manuscrits et objets de collection.

D’autres collections particulières seront dispersées durant l’après-midi, notamment des biens provenant d’un château de Vendée.

Les enchères pourront être suivies directement dans la salle nantaise, mais aussi à distance. Des ordres d’achat et des enchères en ligne seront possibles. Les demandes de participation par téléphone sont prévues pour les lots dont l’estimation basse dépasse 300 €.

Trois expositions avant la vente

Les objets seront visibles avant leur passage aux enchères à l’Hôtel des ventes de Nantes, situé 8-10 rue Miséricorde.

Expositions :
Samedi 19 septembre : de 10 h à 12 h
Lundi 21 septembre : de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h
Mardi 22 septembre : de 9 h à 12 h

Vente : mardi 22 septembre 2026 à 14 h, Ivoire Nantes – Couton, Jamault, Hirn, 8-10 rue Miséricorde à Nantes.

Le catalogue complet et les enchères en ligne sont accessibles sur le catalogue officiel de la vente.

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