Parcours Estuaire : combien ont coûté les œuvres emblématiques entre Nantes et Saint-Nazaire ?

Aujourd’hui en un coup d’œil L’éphéméride IMN

De Nantes à Saint-Nazaire, le parcours Estuaire rassemble certaines des œuvres contemporaines les plus reconnaissables de Loire-Atlantique. Derrière ces installations devenues emblématiques, les investissements varient fortement. Selon les données publiques disponibles, leur coût d’acquisition s’étend de moins de 37 000 € à environ 850 000 €.

Les Anneaux à Nantes, la Maison dans la Loire à Couëron ou encore le Serpent d’océan à Saint-Brevin-les-Pins font désormais partie du paysage local.

Le parcours Estuaire forme un véritable musée à ciel ouvert le long de la Loire. Aujourd’hui, Le Voyage à Nantes présente une collection de 33 œuvres réparties entre Nantes, Saint-Nazaire et les communes riveraines.

Mais combien ces installations ont-elles coûté ? Un rapport de la Chambre régionale des comptes permet d’en mesurer l’ordre de grandeur.

L’Observatoire de Lavau-sur-Loire en tête

L’œuvre la plus coûteuse recensée dans ce document est L’Observatoire de Tadashi Kawamata, à Lavau-sur-Loire.

La Chambre régionale des comptes indique un montant d’acquisition total de 850 198,43 €. Ce chiffre comprend également les études associées à l’œuvre.

Créé à partir de 2007, L’Observatoire offre une vue panoramique sur les marais et l’estuaire. Un long cheminement en bois a ensuite complété l’installation.

Toutefois, cette passerelle se trouve aujourd’hui au cœur d’une vive contestation locale. Le Voyage à Nantes prévoit son démantèlement en raison de sa dégradation.

Des habitants et plusieurs élus demandent au contraire sa conservation. Ils considèrent que la passerelle fait pleinement partie de l’œuvre et de l’expérience du site.

L’Observatoire doit rester accessible par un autre cheminement après le retrait de la structure en bois.

La Maison dans la Loire dépasse les 800 000 €

Juste derrière arrive La Maison dans la Loire de Jean-Luc Courcoult. L’installation se trouve à Couëron, directement dans le lit du fleuve.

Son coût d’acquisition atteint précisément 800 917 €, selon les comptes transmis au contrôleur public.

Le fondateur de Royal de Luxe a imaginé cette maison comme une construction abandonnée par les eaux. Selon les marées, elle semble flotter ou s’enfoncer dans la Loire.

Depuis sa création, cette silhouette inclinée s’est imposée comme l’une des images les plus connues du parcours Estuaire.

750 595 € pour le Serpent d’océan

Le podium se complète avec une autre œuvre spectaculaire : Serpent d’océan, de Huang Yong Ping.

Installé sur la plage de Mindin à Saint-Brevin-les-Pins, son immense squelette métallique apparaît et disparaît avec les marées.

Le montant d’acquisition atteint 750 595,10 €. L’œuvre date de l’édition 2012 du parcours Estuaire.

Sa forme dialogue notamment avec le pont de Saint-Nazaire, visible juste derrière. Elle est depuis devenue l’un des principaux repères artistiques du littoral de Loire-Atlantique.

Le Péage Sauvage dépasse également 700 000 €

Une autre installation franchit la barre des 700 000 €. Il s’agit de Péage Sauvage, conçu par le collectif Observatorium.

Son montant d’acquisition s’élève à 709 410 €.

L’œuvre transforme un espace de la Petite Amazonie nantaise en lieu d’observation et de rencontre. Elle associe ainsi création contemporaine et découverte d’un environnement naturel protégé.

Villa Cheminée : près de 559 000 € à Cordemais

À Cordemais, Villa Cheminée de Tatzu Nishi a coûté 558 823,36 €.

L’artiste a installé une petite maison au sommet d’une immense structure évoquant une cheminée industrielle.

L’ensemble joue avec le paysage de la centrale électrique voisine. De plus, la maison accueille aujourd’hui des visiteurs pour des nuitées insolites.

Autre investissement notable, Le Jardin du Tiers-Paysage de Gilles Clément atteint 457 073,97 €.

Les Anneaux : 312 443 € pour un symbole de Nantes

À Nantes, les célèbres Anneaux de Daniel Buren et Patrick Bouchain apparaissent presque modestes face aux œuvres précédentes.

Leur montant d’acquisition atteint néanmoins 312 443,38 €.

Installés quai des Antilles, les 18 anneaux bordent la Loire sur l’île de Nantes. La nuit, leurs éclairages colorés renforcent leur visibilité.

Ils sont aujourd’hui devenus l’un des éléments visuels les plus associés à la transformation de l’ancien secteur portuaire nantais.

170 904 € pour les triangles de Saint-Nazaire

À Saint-Nazaire, Suite de triangles de Felice Varini affiche un coût de 170 904,29 €.

L’œuvre se déploie sur plusieurs bâtiments du port. Pourtant, elle ne prend sa forme complète que depuis un point précis.

Depuis cette position, les fragments rouges dispersés dans le paysage forment une succession cohérente de triangles.

Le « bateau mou » sous la barre des 100 000 €

À l’autre extrémité de l’échelle, certaines œuvres ont demandé des investissements beaucoup plus limités.

Misconceivable, d’Erwin Wurm, a coûté 94 394 €. Ce voilier déformé se trouve à l’extrémité d’une écluse du canal de la Martinière, au Pellerin.

Sa coque semble littéralement fondre et basculer vers l’eau. Cette apparence improbable lui vaut souvent le surnom de « bateau mou ».

Dans le même ordre de grandeur, Mètre à Ruban de Lilian Bourgeat représente un investissement de 91 133,91 €.

Air, l’une des œuvres les moins coûteuses

Enfin, Air de Rolf Julius figure parmi les installations les moins coûteuses recensées dans le rapport.

Son montant d’acquisition atteint exactement 36 902,22 €.

L’œuvre habille le bâtiment Manny, dans le quartier de la Création sur l’île de Nantes. Elle associe une peau métallique à une création sonore très discrète.

Le vent, les vibrations et les sons participent ainsi directement à l’expérience proposée par l’artiste.

Des coûts historiques, pas une valeur de marché actuelle

Ces montants doivent toutefois être interprétés avec précaution. Ils ne correspondent pas à une estimation actuelle de la valeur marchande des œuvres.

La Chambre régionale des comptes parle de « montant de l’acquisition totale ». Les chiffres intègrent notamment les études réalisées lors de la création de certaines installations.

Le document recense au total un peu plus de 6,08 millions d’euros d’acquisitions pour les œuvres d’Estuaire figurant dans son inventaire.

Depuis, certaines installations ont également nécessité de l’entretien, des réparations ou de nouveaux aménagements. Leur coût réel sur plusieurs années peut donc dépasser leur investissement initial.

Au-delà des chiffres, ces créations ont profondément marqué le paysage entre Nantes et Saint-Nazaire. Certaines sont même devenues de véritables symboles du territoire.

Le parcours complet peut être consulté sur le site officiel du Voyage à Nantes.

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