Saint-Nazaire : le Belem se visite gratuitement pendant deux jours avant son grand chantier historique

Aujourd’hui en un coup d’œil L’éphéméride IMN

Une occasion rare de monter gratuitement à bord de l’un des navires les plus emblématiques du patrimoine nantais. Le Belem ouvrira ses ponts au public les samedi 19 et dimanche 20 septembre 2026 à Saint-Nazaire, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. Le trois-mâts de 130 ans s’apprête ensuite à subir une restauration majeure de sa coque durant l’hiver.

Le Belem ouvre gratuitement ses portes à Saint-Nazaire

Les réservations viennent d’ouvrir. Les samedi 19 et dimanche 20 septembre, le Belem sera accessible gratuitement au public dans le port de Saint-Nazaire.

Le célèbre trois-mâts sera amarré quai des Frégates. Les visites seront proposées de 10 h à 18 h, avec une dernière montée à bord à 17 h 30.

Adultes comme enfants pourront ainsi découvrir gratuitement les différents espaces du navire et approcher au plus près son impressionnant gréement.

La réservation en ligne est déjà disponible. Si certains créneaux affichent complet, la Fondation précise également qu’une billetterie sera proposée directement sur le quai pendant le week-end.

Réserver gratuitement sa visite du Belem à Saint-Nazaire

Un navire né à Nantes il y a 130 ans

Si le Belem fera escale à Saint-Nazaire, son histoire reste profondément liée à Nantes.

Le trois-mâts a été construit en seulement six mois aux chantiers Dubigeon de Nantes. Il est mis à l’eau dans la Loire le 10 juin 1896.

Commandé par l’armateur nantais Fernand Crouan, le navire était initialement destiné au transport de marchandises. Il assurait notamment des liaisons avec le Brésil pour acheminer du cacao vers la France.

Son nom vient d’ailleurs de la ville brésilienne de Belém, où la maison Crouan possédait un comptoir commercial.

Cent trente ans plus tard, le nom de Nantes figure toujours sur sa coque.

Le dernier grand voilier de commerce français du XIXe siècle encore naviguant

Le Belem a traversé une histoire particulièrement mouvementée. Navire marchand, puis yacht de plaisance sous pavillon britannique et navire italien, il retrouve finalement la France à la fin des années 1970.

La Caisse d’Épargne le rachète en 1979 avant de le confier à la Fondation Belem, créée pour assurer sa sauvegarde et lui permettre de continuer à naviguer.

Il est classé monument historique en 1984.

Aujourd’hui, la Fondation le présente comme le dernier grand voilier de commerce français du XIXe siècle encore en navigation.

Le Belem n’est donc pas seulement un patrimoine flottant à observer depuis les quais. Il continue de prendre la mer en tant que navire-école et accueille chaque année des stagiaires qui découvrent la navigation traditionnelle aux côtés de marins professionnels.

Une visite particulièrement symbolique cette année

L’édition 2026 des Journées européennes du patrimoine prend une résonance particulière pour le Belem.

Le thème national choisi cette année est en effet « Patrimoine en péril : raviver, résister, réimaginer ».

Or le trois-mâts s’apprête précisément à entrer dans l’un des plus importants chantiers de restauration de son histoire récente.

Après 130 années en mer, certaines parties de sa coque en acier présentent aujourd’hui une usure importante.

Des pertes d’épaisseur d’acier jugées critiques

Les contrôles réalisés sur le navire ont révélé des dégradations qui ne peuvent plus être repoussées.

Bureau Veritas, chargé de certifier l’aptitude du Belem à naviguer, a relevé des pertes d’épaisseur d’acier atteignant des seuils critiques dans différentes zones de sa structure.

La restauration prévue à partir de l’automne 2026 est donc présentée par la Fondation comme une obligation pour maintenir le navire en état de navigation.

Les travaux porteront notamment sur la poupe, mais également sur la structure interne du trois-mâts.

La carlingue centrale, véritable colonne vertébrale du bateau, ainsi que plusieurs varangues devront être restaurées.

Le Belem entièrement démâté

L’ampleur du chantier est considérable.

Le trois-mâts doit notamment être entièrement démâté pour la première fois depuis 1980. Ses mâts et ses vergues seront retirés.

Il faudra également enlever son lest constitué de quelque 225 tonnes d’acier réparties en milliers de gueuses, puis retirer une grande partie des équipements et aménagements intérieurs.

Les spécialistes pourront alors atteindre l’ossature métallique du navire depuis l’intérieur et l’extérieur afin de remplacer ou restaurer les parties fragilisées.

La Fondation et le ministère de la Culture ont retenu une méthode traditionnelle par inserts et soudure afin de préserver au maximum la substance historique du navire.

Un appel à 500 000 euros de dons

Pour participer au financement de cette restauration exceptionnelle, la Fondation Belem a lancé un appel aux dons.

L’objectif est de récolter 500 000 euros afin de contribuer aux travaux programmés pendant l’hiver 2026-2027.

Soutenir la restauration historique du Belem

Cette restauration doit permettre au navire né à Nantes en 1896 de poursuivre sa mission et, surtout, de continuer à naviguer après plus d’un siècle passé sur les mers.

Ce qu’il faut savoir avant de monter à bord

La configuration historique du navire impose quelques contraintes d’accessibilité.

Les poussettes ne sont pas autorisées à bord. L’accès en fauteuil roulant n’est malheureusement pas possible en raison des escaliers et de l’aménagement du trois-mâts.

Les personnes utilisant des béquilles peuvent en revanche embarquer en suivant les indications de l’équipage. La Fondation précise également qu’à marée basse, la pente des pontons peut atteindre 15 %.

Pour tous les autres visiteurs, ces deux journées constitueront une occasion privilégiée d’entrer dans l’univers du trois-mâts avant sa restauration.

Rendez-vous les samedi 19 et dimanche 20 septembre, de 10 h à 18 h, quai des Frégates à Saint-Nazaire.

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