Le Belem face au « chantier du siècle » : sa coque doit être entièrement restaurée

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Après 130 ans de navigation, le Belem s’apprête à connaître l’un des chantiers les plus importants de son histoire. La Fondation Belem doit engager dès l’automne une restauration complète de sa coque en acier, devenue indispensable pour permettre au trois-mâts nantais de continuer à naviguer.

Le diagnostic est désormais suffisamment préoccupant pour imposer une intervention lourde. Lors des contrôles réalisés sur le navire, Bureau Veritas a relevé des pertes d’épaisseur d’acier atteignant des seuils critiques dans plusieurs zones de sa structure.

La Fondation Belem rappelle que cette usure est naturelle sur un navire soumis depuis plus d’un siècle à l’eau de mer, aux contraintes mécaniques et aux navigations successives. Mais cette fois, les réparations ponctuelles ne suffisent plus.

Une restauration devenue obligatoire

Pour continuer à prendre la mer, le Belem doit conserver sa certification de classification. Bureau Veritas, chargé de contrôler l’état du navire, impose désormais une restauration globale de la coque.

Les travaux sont programmés durant l’hiver 2026-2027. Ils concerneront non seulement la poupe, déjà identifiée comme fragilisée, mais également plusieurs éléments essentiels de la structure interne.

La carlingue centrale, véritable colonne vertébrale longitudinale du navire, ainsi que les varangues qui composent une partie de son ossature, devront notamment être restaurées.

Le navire va être entièrement dépouillé

L’opération annoncée est spectaculaire. Pour atteindre les zones métalliques à réparer, le Belem devra être placé en cale sèche puis presque entièrement vidé.

Le trois-mâts sera ainsi intégralement démâté pour la première fois depuis 1980. Les mâts et les vergues seront retirés.

Le navire sera également délesté de quelque 225 tonnes d’acier réparties dans 4 500 gueuses de fonte. Ce lest permet normalement de stabiliser l’ancien navire de commerce en mer.

Les aménagements et de nombreux équipements devront eux aussi être retirés afin de dégager l’accès à la structure.

La « peau » de la coque retirée par endroits

Une fois le navire installé sur ses tins en cale sèche, les équipes retireront certaines tôles du bordé, autrement dit la partie extérieure formant la peau de la coque.

Du béton présent au niveau de la poupe sera également enlevé. Cette opération doit permettre aux spécialistes d’accéder simultanément aux deux faces de la structure métallique.

Une cartographie détaillée de l’état du navire sera alors réalisée avant l’établissement du plan définitif de restauration.

Les travaux seront ensuite menés progressivement par zones afin d’éviter de fragiliser l’ensemble de la coque pendant l’intervention.

Des techniques traditionnelles pour préserver le patrimoine

Le Belem n’est pas un navire ordinaire. Sa restauration doit répondre aux normes actuelles de navigation tout en préservant au maximum sa structure historique.

La Fondation indique avoir travaillé avec le ministère de la Culture pour définir une méthode adaptée. Les réparations seront réalisées notamment par inserts et soudure traditionnelle.

L’objectif est de remplacer uniquement les parties métalliques qui le nécessitent tout en conservant autant que possible la matière historique du navire.

Des réparations importantes avaient déjà été réalisées

Le trois-mâts fait régulièrement l’objet de travaux pendant ses périodes d’hivernage.

Durant l’hiver 2022-2023, une importante partie de sa coque située sous la cale machine avait déjà dû être remplacée. Un bloc d’acier neuf de 25 tonnes avait alors pris la place d’une zone fortement affectée par la corrosion.

À l’hiver 2025-2026, le Belem est de nouveau passé en cale sèche à Saint-Nazaire. Plusieurs tôles ont été remplacées et différents travaux de maintenance ont été réalisés, notamment sur le safran et l’étanchéité du pont.

Ces opérations préparaient déjà le chantier structurel beaucoup plus important attendu durant l’hiver prochain.

Un appel aux dons de 500 000 euros

Pour participer au financement de cette restauration historique, la Fondation Belem Caisse d’Épargne a lancé un nouvel appel aux dons.

L’objectif est de réunir 500 000 euros pour contribuer au chantier de la coque.

Découvrir le projet de restauration et l’appel aux dons de la Fondation Belem

Un navire né à Nantes il y a 130 ans

Cette restauration revêt une dimension particulière à Nantes. Le Belem a été construit en 1896 aux chantiers Dubigeon de Chantenay.

Mis à l’eau le 10 juin 1896, il avait été commandé par l’armement nantais Crouan pour transporter notamment du cacao depuis le Brésil.

Devenu l’un des derniers grands voiliers de commerce français du XIXe siècle encore en navigation, il continue aujourd’hui d’embarquer du public et de transmettre les savoir-faire liés à la navigation traditionnelle.

Le chantier de l’hiver 2026-2027 doit désormais lui permettre de poursuivre cette histoire après 130 années passées en mer.

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