Nantes : une enseignante agressée sexuellement au collège La Durantière, une grève menace dès le 8 septembre

Aujourd’hui en un coup d’œil L’éphéméride IMN

Une enseignante du collège public La Durantière, à Nantes, a été victime d’une agression sexuelle accompagnée de violences physiques de la part d’un élève mineur le 22 juin 2026. Restée discrète pendant l’été, l’affaire a été rendue publique à la rentrée par les personnels. Ces derniers réclament depuis plusieurs années le passage du collège de REP à REP+. Sans réponse favorable du ministère de l’Éducation nationale, ils menacent désormais de se mettre en grève à partir du mardi 8 septembre.

Une enseignante agressée dans sa salle de classe le 22 juin

Les faits se sont déroulés le 22 juin 2026, quelques jours avant la fin de l’année scolaire, au collège La Durantière, dans l’ouest de Nantes.

Selon les témoignages de plusieurs enseignants de l’établissement, leur collègue travaillait seule dans une salle lorsqu’un élève mineur l’a rejointe.

Il lui aurait alors imposé des gestes à caractère sexuel au niveau de la poitrine. Alors que l’enseignante tentait de se dégager et d’appeler à l’aide, l’élève aurait également exercé des violences physiques sur elle.

La professeure est finalement parvenue à se libérer et à conduire l’élève auprès de la direction.

Une plainte a été déposée. L’enseignante s’est vu prescrire 10 jours d’ITT. L’élève a, de son côté, été définitivement exclu de l’établissement.

Une enquête et une expertise pédopsychiatrique en cours

L’affaire fait désormais l’objet d’une procédure judiciaire.

Le mineur mis en cause aurait reconnu la matérialité des faits lors de son audition. Le parquet de Nantes a également demandé une expertise pédopsychiatrique afin d’évaluer sa situation.

L’enquête doit donc se poursuivre avant que les suites judiciaires puissent être précisément déterminées.

Les personnels ont attendu la rentrée avant de rendre publiquement l’affaire connue. Selon eux, la victime ne souhaitait notamment pas que sa situation personnelle perturbe son activité pédagogique.

Le collège La Durantière réclame son passage en REP+

L’agression du mois de juin ravive surtout une revendication ancienne au sein de l’établissement nantais.

Le collège La Durantière est actuellement classé en réseau d’éducation prioritaire (REP). Les personnels réclament depuis plusieurs années son passage au niveau supérieur, le REP+.

Après l’agression, une nouvelle demande a été adressée au ministère de l’Éducation nationale le 3 juillet 2026.

Le courrier demandait notamment le classement du collège en REP+ et une prise en considération de la situation de l’enseignante agressée.

Deux mois plus tard, les personnels affirment ne toujours pas avoir obtenu de réponse satisfaisante.

« Trois ou quatre adultes en plus » espérés

Les enseignants prennent toutefois soin de ne pas établir de lien automatique entre l’absence de classement REP+ et l’agression du 22 juin.

Ils reconnaissent qu’un acte de cette nature peut se produire dans d’autres établissements scolaires.

En revanche, ils considèrent que le passage en REP+ améliorerait durablement les conditions d’encadrement des élèves.

Dans les collèges REP+, chaque heure d’enseignement est notamment comptabilisée avec une pondération de 1,1. Ce fonctionnement permet de dégager davantage de temps pour le suivi des élèves, le travail collectif, la formation et les relations avec les familles.

À La Durantière, les personnels estiment que cette organisation permettrait indirectement de faire venir l’équivalent de trois à quatre adultes supplémentaires dans l’établissement.

Une revendication déjà portée jusqu’à l’Assemblée nationale

La demande de La Durantière ne date pas de l’agression.

Le sujet avait même été porté directement devant le ministre de l’Éducation nationale à l’Assemblée nationale le 9 décembre 2025.

La députée de Loire-Atlantique Ségolène Amiot avait alors interpellé Édouard Geffray sur le collège nantais et demandé son classement en REP+.

Le ministre avait rappelé que La Durantière bénéficiait déjà du classement REP et avançait alors un taux d’encadrement d’environ 20 élèves par classe.

Il avait néanmoins indiqué qu’il regarderait la situation de l’établissement avec la rectrice de l’académie de Nantes et qu’une amélioration pourrait être envisagée si elle était possible.

Plus de huit mois après cet échange, les personnels considèrent donc que la situation n’a toujours pas suffisamment évolué.

Une carte de l’éducation prioritaire qui aurait dû être révisée tous les quatre ans

Sur ce point, le débat dépasse largement le seul collège nantais.

Une circulaire du ministère publiée en 2014 prévoit que la carte nationale des REP et REP+ soit révisée tous les quatre ans afin de tenir compte de l’évolution sociale des territoires.

Or la grande révision attendue n’a jamais eu lieu après celle de 2014-2015.

Le ministère l’a lui-même reconnu dans une réponse publiée à l’Assemblée nationale le 30 juin 2026 : la carte actuelle repose toujours sur la réforme engagée en 2014 et n’a pas fait l’objet de la refonte générale initialement prévue.

L’Éducation nationale a expliqué que le calendrier politique de 2026-2027 ne permettait plus d’engager immédiatement ce chantier, estimé à quinze à dix-huit mois.

Des réponses ciblées ont été annoncées pour certains établissements considérés comme particulièrement fragiles, mais elles ne constituent pas une refonte générale de la carte.

Les personnels donnent jusqu’au 8 septembre au ministère

À Nantes, les enseignants veulent maintenant obtenir une réponse rapide.

Un préavis de grève a déjà été déposé. Il doit permettre aux personnels de cesser le travail à partir du mardi 8 septembre et, si nécessaire, durant la suite du mois.

Ils donnent donc quelques jours au ministre Édouard Geffray pour répondre favorablement à leur demande de classement en REP+.

Pour les personnels, l’enjeu ne consiste pas à présenter ce classement comme une garantie contre toute violence. Ils demandent surtout davantage de moyens humains pour accompagner les élèves, prévenir les situations difficiles et permettre aux équipes éducatives de travailler dans de meilleures conditions.

La réponse du ministère est désormais particulièrement attendue à La Durantière. À défaut d’évolution d’ici mardi, cette rentrée 2026 pourrait être marquée par une grève dans le collège nantais.

Ton avis sur cet article

S’abonner à Infos Média Nantes

Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.