CHU de Nantes : OSCAR veut sécuriser le retour à domicile des bébés opérés du cœur

Modèle anatomique du cœur présenté à un jeune enfant
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Lundi 28 sept 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Après une opération du cœur, le retour à la maison est une étape attendue mais particulièrement sensible pour les familles. À Nantes, le CHU expérimente désormais un dispositif de télésurveillance baptisé OSCAR afin de suivre à distance de très jeunes enfants opérés d’une malformation cardiaque congénitale.

Le principe est simple à comprendre : pendant six mois, plusieurs indicateurs sont transmis régulièrement à l’équipe de cardiologie pédiatrique. L’objectif n’est pas de remplacer les consultations ni le suivi hospitalier. Il s’agit plutôt d’ajouter un filet de sécurité entre l’hôpital et le domicile, à un moment où l’état d’un nourrisson peut parfois évoluer rapidement.

Pourquoi le retour à domicile demande une vigilance particulière

Les malformations cardiaques congénitales sont des anomalies du cœur présentes dès la naissance. Selon le CHU de Nantes, elles concernent environ 7 400 nouveau-nés chaque année en France. Certaines nécessitent une intervention chirurgicale durant les premiers mois de vie.

Une fois l’enfant suffisamment stable pour rentrer chez lui, la surveillance reste essentielle. Certaines complications peuvent se traduire par une mauvaise prise de poids, une baisse du taux d’oxygène dans le sang, une accélération du rythme cardiaque, un malaise ou encore une modification inhabituelle du comportement.

Chez certains enfants atteints de cardiopathies complexes, plusieurs opérations successives peuvent être nécessaires. La période entre deux interventions peut alors être particulièrement à risque. C’est précisément dans cet intervalle que le projet OSCAR cherche à renforcer le lien avec les familles.

Poids, oxygène, fréquence cardiaque : ce que les parents transmettent

Les familles participant à l’étude disposent d’une application sur smartphone et de plusieurs appareils de mesure. Elles peuvent ainsi transmettre quatre types d’informations : le poids de l’enfant, sa saturation en oxygène, sa fréquence cardiaque et les réponses à un court questionnaire sur son état général.

Le rythme est soutenu au début : une transmission par jour pendant les quatre premières semaines. Ensuite, le suivi passe à une fois par semaine pendant les cinq mois suivants.

Pour chaque enfant, l’équipe médicale définit des valeurs de référence adaptées à sa situation. Lorsqu’une donnée s’écarte de ces repères, les professionnels peuvent analyser la situation selon un protocole prévu à l’avance. Cela peut conduire à un échange avec les parents, à un contrôle complémentaire ou à une nouvelle évaluation médicale.

Une étude d’abord menée à Nantes

Le projet OSCAR a été lauréat en 2023 d’un appel d’offres interne de recherche du CHU de Nantes. La première étude concerne des enfants âgés de 0 à 36 mois opérés d’une malformation cardiaque congénitale. Les premières inclusions ont débuté fin 2025 et se poursuivent en 2026.

Le projet a depuis obtenu un financement national de la Direction générale de l’offre de soins, dans le cadre du Programme de recherche sur la performance du système des soins. Cette étape doit permettre de lancer une étude plus large associant plusieurs centres hospitaliers français.

Les chercheurs veulent notamment savoir si ce suivi à domicile peut réduire les complications graves après chirurgie et permettre une prise en charge plus rapide lorsque des signes d’alerte apparaissent.

Un enjeu aussi pour les parents

OSCAR ne s’intéresse pas uniquement aux paramètres médicaux. Le CHU veut également mesurer l’effet de ce nouveau lien avec l’hôpital sur la santé mentale des familles, qui peuvent traverser une période de forte anxiété après une chirurgie lourde chez un très jeune enfant.

Le dispositif cherche donc à concilier trois objectifs : sécuriser le retour à domicile, maintenir une qualité de vie familiale et conserver un contact régulier avec l’équipe hospitalière sans imposer une présence permanente à l’hôpital.

Si les résultats sont concluants, le projet pourrait contribuer à faire évoluer l’organisation du suivi des jeunes enfants opérés du cœur en France.

À Nantes, la recherche médicale se structure aussi à plus grande échelle

Ce projet s’inscrit dans un environnement de recherche qui se renforce localement. Le CHU, Nantes Université et l’Inserm ont récemment signé un partenariat destiné à accélérer la recherche en santé. Notre article explique ce que ce rapprochement doit changer pour la recherche médicale à Nantes.

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