À Saint-Nazaire, plusieurs mobilisations se succèdent depuis la fin de l’été autour de familles ayant dû quitter des logements du dispositif d’accueil des demandeurs d’asile. Derrière les rassemblements, une question revient : que se passe-t-il lorsqu’une famille n’est plus hébergée en CADA mais ne dispose pas d’une solution de logement ou de mise à l’abri ?
Des associations alertent depuis le début du mois de septembre
Le MRAP de Saint-Nazaire et le Collectif Urgence Sociale ont organisé ou soutenu plusieurs rassemblements. Le 24 septembre, le collectif affirmait que sept familles avaient été expulsées de leur logement depuis le début du mois et signalait de nouvelles situations à venir.
Ouest-France rapportait de son côté le 26 septembre que douze familles se trouvaient alors à la rue à Saint-Nazaire, selon les associations mobilisées. Ces chiffres proviennent des collectifs et ne constituent pas un décompte administratif exhaustif.
Qu’est-ce qu’un logement CADA ?
Les centres d’accueil pour demandeurs d’asile, appelés CADA, hébergent et accompagnent les personnes pendant l’instruction de leur demande d’asile. Le ministère de l’Intérieur rappelle que leur mission comprend l’accueil, l’hébergement et l’accompagnement social et administratif pendant cette procédure.
Ces places sont donc liées à une situation administrative précise. Lorsque la procédure d’asile est terminée, la personne ou la famille peut être amenée à quitter le dispositif afin que la place soit attribuée à un autre demandeur.
Le problème commence lorsque la sortie ne débouche sur aucune solution
Les associations nazairiennes dénoncent principalement les situations dans lesquelles des familles, parfois avec des enfants scolarisés, se retrouvent sans hébergement immédiatement disponible après leur sortie.
Elles indiquent solliciter le 115, numéro d’urgence sociale, et rapportent régulièrement des réponses liées à l’absence de places. Cette saturation ne se limite pas à Saint-Nazaire : une revue interministérielle publiée en 2025 rappelait que les services intégrés d’accueil et d’orientation refusent chaque soir de nombreuses demandes de mise à l’abri malgré plus de 200 000 places d’hébergement généraliste à l’échelle nationale.
Le 115 ne gère pas les CADA
Il faut distinguer deux dispositifs. Les CADA relèvent du dispositif national d’accueil des demandeurs d’asile. Le 115, lui, oriente les personnes sans solution vers l’hébergement d’urgence généraliste en fonction des disponibilités.
Une famille qui doit quitter un CADA peut donc se retrouver à solliciter un système différent, lui-même sous forte tension.
Des décisions de justice peuvent intervenir au cas par cas
Le Collectif Urgence Sociale affirme qu’une famille a obtenu en septembre une décision en référé demandant au préfet de lui proposer rapidement un hébergement adapté. Une telle décision concerne une situation individuelle et ne vaut pas automatiquement pour toutes les autres familles.
Les associations demandent une réponse plus large. De son côté, l’État doit aussi assurer la rotation des places du dispositif d’asile et répondre aux besoins d’hébergement d’urgence. C’est cette superposition de contraintes qui se retrouve aujourd’hui au cœur des tensions locales.
Un sujet appelé à rester suivi à Saint-Nazaire
De nouvelles mobilisations ont été organisées au fil du mois. La situation peut évoluer rapidement selon les décisions administratives, les places d’hébergement disponibles et les éventuels recours engagés par les familles.
Infos Média Nantes suivra les évolutions confirmées auprès des autorités et des acteurs locaux.
Comprendre le rôle des CADA auprès du ministère de l’Intérieur.
Consulter l’appel local du MRAP de Saint-Nazaire.
Crédit photo : abxbay / Wikimedia Commons – domaine public.
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