Nantes : la réforme des IRA inquiète les agents, un préavis de grève jusqu’au 31 octobre

Logo officiel de l'Institut régional d'administration de Nantes, établissement concerné par la réforme
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Lundi 26 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


La transformation des instituts régionaux d’administration (IRA) en un groupe national unique suscite des inquiétudes parmi leurs personnels, notamment à Nantes. Après un comité social d’administration tenu le 8 octobre 2026, l’intersyndicale UNSA, CFDT et CGT a lancé un appel à la grève du 14 au 31 octobre. La direction du futur Groupe des instituts du service public défend une réforme destinée à renforcer les formations tout en accompagnant les agents concernés.

Ce qui doit changer au 1er janvier 2027

Le décret du 26 janvier 2026 prévoit de réunir les anciens IRA au sein du Groupe des instituts du service public (G-ISP), un établissement public national dont le siège sera à Lille. Au 1er janvier 2027, les écoles de Bastia, Lille, Lyon, Metz et Nantes perdront leur personnalité morale et deviendront des instituts du service public ; le site de Nanterre rejoindra également l’ensemble.

Le groupe pilotera les concours, la formation initiale, la formation continue et les orientations pédagogiques. L’État présente ce regroupement comme un moyen d’adapter les compétences des cadres administratifs aux besoins des employeurs publics et de mieux coordonner les écoles. Le calendrier et les nouvelles missions sont détaillés dans la présentation officielle de la réforme.

À Nantes, six emplois redoutés comme menacés par les syndicats

Dans un communiqué relayé en septembre, les représentants UNSA et CFDT de l’IRA de Nantes font état de six emplois qu’ils estiment menacés d’ici décembre 2027, soit, selon eux, près d’un tiers des effectifs locaux. Ils dénoncent aussi le manque de visibilité sur les futures missions et sur les moyens consacrés aux formations. Il s’agit du chiffrage et des inquiétudes des organisations syndicales, et non de six licenciements définitivement décidés.

Les syndicats craignent notamment que la mutualisation des fonctions administratives au niveau national affaiblisse les équipes présentes dans les territoires. La question dépasse les seuls postes : elle concerne l’organisation des stages, l’accueil des élèves fonctionnaires et les formations proposées aux administrations locales.

Un préavis de grève du 14 au 31 octobre

Le 8 octobre, les représentants UNSA, CFDT et CGT ont quitté le comité social d’administration commun après une déclaration liminaire, puis appelé à un mouvement de grève couvrant la période du 14 au 31 octobre 2026. Ce préavis permet la mobilisation des agents ; il ne prouve pas, à lui seul, que tous les établissements sont fermés ni que la formation a été interrompue pendant toute la période.

Dans son communiqué du 8 octobre, l’UNSA conteste le rythme de la restructuration et le dialogue social mené autour de sa mise en œuvre. Les syndicats demandent notamment des garanties sur les emplois et les moyens nécessaires au fonctionnement des futurs instituts.

La direction répond sur l’emploi et la formation

La directrice du G-ISP, Véronique Peaucelle-Delelis, conteste la lecture syndicale du nombre d’emplois menacés et met en avant la prise en compte de départs naturels et de mobilités dans la réorganisation. Elle indique que l’arrêté de restructuration prévoit les dispositifs de protection des agents prévus par le statut de la fonction publique.

La direction soutient aussi que les missions de formation seront conservées et développées. Elle souligne que, même si le changement institutionnel prend effet juridiquement au 1er janvier 2027, la nouvelle organisation sera mise en place progressivement. Ce point de vue ne dissipe pas mécaniquement les interrogations des personnels, mais il doit être distingué de leurs alertes.

Ce que cela peut changer pour les futurs fonctionnaires

Pour les étudiants et candidats au concours, la réforme ne signifie pas la suppression de l’implantation nantaise. Les lauréats de la session 2026 doivent devenir élèves des instituts du service public au début de 2027, dans les conditions prévues par le décret. La direction annonce une offre de formation plus coordonnée, tandis que les équipes réclament des garanties sur sa réalisation concrète.

Le décret n° 2026-27 sur Légifrance constitue le texte juridique de référence. Les conséquences réelles sur les emplois nantais devront être appréciées à mesure que les organigrammes, les postes et les décisions de gestion seront rendus publics.

Logo officiel de l’IRA de Nantes, illustration institutionnelle (et non photographie d’une mobilisation). Source : Iradenantes / Wikimedia Commons, licence CC BY-SA 4.0, visuel recadré.

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