Vendée : la Fédération de pêche alerte sur la mortalité des anguilles après la sécheresse

Anguille européenne vivante photographiée lors de la campagne scientifique NURSE en août 2019, illustration documentaire sans lien avec les mortalités vendéennes de 2026
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Lundi 26 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


En Vendée, les effets de l’été sec et des épisodes de fortes chaleurs se lisent dans l’état des rivières et la mortalité des poissons. Interrogé par Ouest-France dans un bilan publié lundi 26 octobre 2026, Arnaud Tanguy, directeur administratif et technique de la Fédération de pêche de Vendée, évoque des centaines de kilos d’anguilles mortes. Cette observation alerte sur les difficultés rencontrées par les milieux aquatiques durant les épisodes de manque d’eau.

Des pertes importantes après un été marqué par la sécheresse

La baisse du niveau des cours d’eau, l’assèchement de certaines portions et l’augmentation de la température de l’eau peuvent mettre les poissons en difficulté. Dans des zones où l’eau circule peu, la baisse de l’oxygène dissous aggrave les risques d’asphyxie et de mortalité.

La Fédération de pêche de Vendée s’est mobilisée pour la surveillance des milieux et les opérations de sauvegarde. Dans une interview accordée à TV Vendée le 1er septembre 2026, son directeur détaillait déjà les effets des canicules et de la sécheresse sur les espèces aquatiques. Le bilan publié le 26 octobre permet de mesurer la gravité de la situation après l’été.

Le chiffre évoqué de « centaines de kilos » est une estimation rapportée par le responsable de la fédération. Il ne constitue ni un comptage exhaustif de toutes les anguilles vendéennes ni un bilan scientifique par bassin versant. L’identification précise des sites concernés reste nécessaire pour déterminer l’étendue des pertes.

Pourquoi l’anguille est-elle particulièrement vulnérable ?

L’anguille européenne passe une partie de son cycle dans les rivières avant de retourner en mer pour se reproduire. La continuité des cours d’eau, la présence de zones refuges et la qualité de l’eau sont déterminantes pour sa survie.

Cette espèce figure dans la catégorie « en danger critique » de la liste rouge nationale des poissons d’eau douce, rappelle l’Office français de la biodiversité. Les barrages et obstacles à la migration, la modification des habitats, certaines pressions de pêche et l’évolution des conditions hydrologiques pèsent sur une population déjà fragile.

Les mortalités observées cet été doivent être analysées en tenant compte du contexte local. La chaleur et le manque d’eau peuvent expliquer des pertes importantes, mais il serait inexact d’attribuer automatiquement tous les poissons morts à une seule cause ou d’affirmer une pollution chimique sans résultat d’investigation.

Les opérations de sauvetage ne remplacent pas la protection des cours d’eau

Dans les secteurs fragilisés, les pêcheurs et techniciens peuvent mener des opérations d’observation, déplacer des poissons menacés vers des habitats plus favorables lorsqu’une telle intervention est autorisée, et alerter les gestionnaires de l’eau. L’enjeu dépasse une seule espèce : brochets, gardons, autres poissons, invertébrés et végétation aquatique dépendent également de conditions hydrologiques suffisantes.

À long terme, les acteurs de l’environnement insistent sur la restauration des zones humides, la protection des débits et l’amélioration des continuités écologiques. Ces mesures doivent s’articuler avec les usages de l’eau par les communes, les exploitations agricoles, les activités économiques et les habitants.

Que peuvent faire les habitants ?

En présence de poissons morts en nombre, d’une eau anormalement colorée ou d’odeurs inhabituelles, il est utile de signaler les faits aux services compétents et de ne pas déplacer soi-même des poissons entre cours d’eau. Les autorités pourront apprécier s’il faut procéder à des prélèvements ou à une intervention de protection du milieu.

Les règles de pêche de l’anguille en 2026 sont détaillées sur le site de la Fédération de pêche de Vendée. Les enjeux de migration de l’espèce sont présentés par l’Office français de la biodiversité. L’évolution de la ressource et les observations des prochaines semaines permettront d’apprécier les conséquences durables des épisodes de sécheresse.

Photo documentaire : une anguille européenne photographiée vivante en août 2019 lors de la campagne scientifique NURSE de l’Ifremer. Cette image ne montre pas les mortalités signalées en Vendée en 2026. Photographie : Damien Delaunay / Ifremer, CC BY 4.0.

Ton avis sur cet article

S’abonner à Infos Média Nantes

Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.

INFOS MÉDIA NANTES