Les dysfonctionnements du logiciel Arpège ont provoqué des retards de versement d’indemnités journalières en Loire-Atlantique et en Vendée. Au 3 novembre 2026, le dossier reste sensible pour les assurés, malgré les mesures correctrices annoncées par l’Assurance Maladie. Le logiciel, expérimenté dans les deux départements depuis octobre 2024, a fait l’objet d’une décision de la Défenseure des droits et d’un audit externe commandé par la Caisse nationale d’assurance maladie (Cnam).
Pourquoi le logiciel Arpège a-t-il posé problème ?
Arpège devait moderniser le traitement des arrêts de travail et accélérer le paiement des indemnités journalières. Sa mise en service dans les CPAM de Loire-Atlantique et de Vendée a cependant entraîné des difficultés, particulièrement pour les dossiers complexes : accidents du travail, maladies professionnelles, temps partiel thérapeutique et certaines situations nécessitant une intervention manuelle.
Dans sa communication du 13 février 2026, l’Assurance Maladie affirmait que 80 % des arrêts simples étaient indemnisés automatiquement, en 19 jours en moyenne. Les autres situations demandaient davantage de traitement et avaient accumulé des délais supplémentaires. Elle indiquait alors un passage de 39 à 23 jours pour certains dossiers complexes en Loire-Atlantique entre mi-2025 et début 2026. Ces chiffres sont ceux de la Cnam, et ne signifient pas que toutes les difficultés individuelles ont disparu.
Une décision de la Défenseure des droits sur les assurés concernés
Dans sa décision 2025-232 du 22 décembre 2025, la Défenseure des droits s’est penchée sur les atteintes subies par les assurés des deux CPAM pilotes. Elle a pris acte des correctifs, tout en recommandant de renforcer la formation des agents, de contrôler les répercussions sur les droits auprès d’autres organismes et d’examiner les demandes individuelles de réparation de préjudices financiers ou moraux, lorsqu’elles sont justifiées.
Un retard d’indemnisation peut avoir des conséquences en chaîne : découverts bancaires, loyers et factures impayés, difficultés à obtenir des prestations calculées sur les revenus, ou interruption du versement de certaines garanties de prévoyance. Ces effets varient selon les situations et nécessitent une analyse individualisée.
Quel avenir pour Arpège et le nouveau système SOLA ?
Après audit, la Cnam a annoncé qu’elle ne déploierait pas Arpège dans d’autres départements. Un nouvel applicatif, nommé SOLA, pour Solution de liquidation des arrêts de travail, doit prendre la suite du logiciel. Les techniciens des caisses de Loire-Atlantique et de Vendée doivent participer aux tests à partir de la fin 2026. La généralisation dépendra des résultats de cette phase.
La Cnam prévoit de mieux traiter les dossiers par assuré plutôt que par tâches et de simplifier le règlement manuel, notamment pour les accidents du travail et maladies professionnelles. Il s’agit à ce stade d’engagements et d’un calendrier annoncé, pas d’une disparition immédiate des retards.
Des témoignages de retards persistent
Des assurés continuent de signaler des difficultés. Dans un témoignage publié le 5 octobre 2026 sur la plateforme publique Services Publics +, un assuré de Loire-Atlantique décrit plus de deux mois sans indemnités après la poursuite d’un arrêt de travail. La CPAM lui a répondu en l’orientant vers son service social en attendant le traitement de son dossier et la médiation.
Un témoignage individuel ne permet pas d’établir un taux régional de dossiers bloqués ni de déterminer à lui seul si Arpège est la cause technique de ce retard. Il révèle néanmoins les conséquences concrètes possibles pour les personnes concernées.
Que faire si vos indemnités journalières n’arrivent pas ?
Les assurés de Loire-Atlantique et de Vendée peuvent suivre leurs paiements et relevés dans leur compte ameli. L’Assurance Maladie précise que les versements d’indemnités journalières interviennent généralement tous les quatorze jours lorsqu’un dossier est traité.
- Vérifier les pièces : arrêt de travail, attestation de salaire et éventuels justificatifs sollicités par la caisse.
- Contacter la CPAM : demander la raison du retard, une confirmation écrite et une indication de délai si elle est disponible.
- Déposer une réclamation : conserver les échanges, les relevés et les justificatifs du préjudice subi.
- Solliciter la médiation : si la réclamation ne résout pas la difficulté, utiliser la procédure prévue par l’Assurance Maladie.
- Demander un accompagnement : en cas de difficultés pour payer le logement, l’alimentation ou les soins, contacter le service social de la CPAM et examiner les aides éventuellement accessibles.
La Défenseure des droits recommande également d’examiner les préjudices individuels documentés. Une réparation n’est toutefois pas automatique : elle dépend du dossier et des éléments apportés.
Sources officielles et suivi
Les informations sur les correctifs et SOLA figurent dans le communiqué officiel de la Cnam du 13 février 2026. La décision de la Défenseure des droits détaille ses recommandations. Un témoignage et la réponse de la CPAM illustrent les démarches possibles.
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