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Après trois étés de recherches aux États-Unis, la mission paléontologique menée par le Muséum de Nantes touche à sa fin. Les scientifiques nantais ont découvert les restes de deux sauropodes dans le Wyoming. L’un de ces grands dinosaures herbivores pourrait devenir une pièce emblématique du futur établissement, dont la réouverture est prévue en 2029.
Les deux spécimens, dont un individu juvénile, présentent des ossements particulièrement bien conservés. Leur extraction doit se poursuivre après le départ de l’équipe nantaise. Plusieurs mois d’études seront ensuite nécessaires avant de choisir le squelette qui prendra place dans le hall d’accueil du Muséum rénové.
Une troisième et dernière campagne dans le Wyoming
Les scientifiques du Muséum de Nantes ont participé à trois campagnes de fouilles successives, durant les étés 2024, 2025 et 2026. Leur objectif était aussi ambitieux qu’inhabituel : dégager un véritable squelette de dinosaure afin de l’intégrer aux collections métropolitaines.
Les recherches se sont déroulées dans la formation de Morrison, un vaste ensemble géologique présent dans plusieurs États américains. Le site est particulièrement connu pour ses fossiles datant du Jurassique supérieur, entre environ 160 et 145 millions d’années.
Des allosaures, des stégosaures et plusieurs genres de grands sauropodes ont déjà été identifiés dans cette formation. Le secteur exploré par l’équipe nantaise s’est révélé suffisamment riche pour justifier trois années de travail sur le terrain.
Cette campagne 2026 marque toutefois la fin des expéditions organisées par le Muséum. Une équipe réduite à cinq personnes a travaillé pendant un mois dans des conditions difficiles, sous des températures pouvant atteindre 42 °C.
Deux sauropodes parmi les principales découvertes
Les fouilles ont permis de mettre au jour les restes de deux sauropodes. Le premier correspond à un jeune individu. Le second est plus imposant et possède des os sombres, solides et fortement minéralisés.
La taille importante de ce deuxième spécimen pourrait néanmoins compliquer sa présentation dans l’espace prévu au sein du futur Muséum. L’équipe devra donc déterminer lequel des deux animaux correspond le mieux aux contraintes scientifiques et muséographiques du projet.
Cette décision ne sera pas prise immédiatement. Les ossements sont encore en cours de dégagement. Des spécialistes allemands présents sur le site doivent poursuivre leur extraction après le retour en France des scientifiques nantais.
Il faudra ensuite vérifier si les différents éléments découverts appartiennent bien à un même animal. La cartographie du gisement, l’étude anatomique des os et leur comparaison avec d’autres fossiles permettront progressivement de reconstituer l’histoire de chaque spécimen.
Un travail physique sous une chaleur écrasante
La découverte d’un squelette ne repose pas uniquement sur l’utilisation de pinceaux. Avant d’atteindre les fossiles, l’équipe doit retirer d’importantes quantités de roche, de terre et de sédiments.
Les scientifiques utilisent notamment des pelles, des pioches, des marteaux et différents outils de précision. Une fois visibles, les os sont nettoyés avec précaution. Ils sont ensuite consolidés pour éviter qu’ils ne se brisent pendant leur extraction et leur transport.
Chaque fossile doit également être repéré, numéroté et cartographié avant son prélèvement. Les pièces les plus imposantes sont protégées dans une gangue composée de sédiments et de bandes de plâtre.
Cette dernière mission a donc exigé un effort considérable. Malgré la beauté des paysages situés au pied des montagnes Rocheuses, les journées de fouilles ont été longues et éprouvantes.
Plusieurs années de préparation en laboratoire
La fin des recherches dans le Wyoming ne représente qu’une étape du projet. Les fossiles doivent désormais rejoindre l’Europe afin d’être préparés dans un laboratoire spécialisé.
Les techniciens commenceront par retirer progressivement la gangue d’argile, de roche et de plâtre qui entoure les os. Ils procéderont ensuite au nettoyage, à la consolidation et à la restauration des différentes pièces.
Ce travail pourrait durer entre deux et trois ans. Moins d’une dizaine d’entreprises européennes disposent des compétences nécessaires pour conduire une préparation aussi complexe, selon le Muséum de Nantes.
Les chercheurs devront également identifier l’animal. Ils étudieront la forme de ses vertèbres, de ses membres et des autres éléments anatomiques disponibles. Cette analyse permettra de déterminer son genre et, si possible, son espèce.
L’hypothèse d’une espèce encore inconnue
L’identité précise des sauropodes reste encore incertaine. La formation de Morrison a livré de nombreux fossiles appartenant à des genres différents, parmi lesquels des diplodocus, des camarasaures et des brachiosauridés.
Le Muséum n’exclut pas la possibilité de découvrir un animal encore inconnu de la science. Toutefois, seule une étude approfondie permettra de confirmer ou d’écarter cette hypothèse.
Une nouvelle espèce ne peut pas être annoncée sur la seule base de l’aspect général des os. Les paléontologues doivent identifier des caractéristiques anatomiques distinctives, comparer les fossiles aux spécimens déjà décrits et soumettre leurs résultats à une publication scientifique.
L’équipe nantaise espère néanmoins présenter un squelette comportant une forte proportion d’ossements authentiques. Certaines parties manquantes pourront être reproduites en résine afin de restituer la silhouette complète de l’animal.
Un squelette incomplet mais scientifiquement authentique
Les squelettes de dinosaures découverts dans leur intégralité restent extrêmement rares. Les petits os et les éléments les plus fragiles résistent moins bien au passage du temps. Le crâne, notamment, peut être dégradé, dispersé ou détruit avant même la fossilisation complète.
Le futur dinosaure nantais ne sera donc probablement pas constitué à 100 % d’os originaux. Le montage associera les pièces authentiques à des reproductions réalisées à partir de données scientifiques.
Une armature métallique soutiendra l’ensemble et donnera au sauropode une posture naturelle. Cette structure devra aussi respecter les contraintes de conservation, de sécurité et d’installation dans le bâtiment rénové.
Le spécimen devrait être visible depuis le hall d’accueil, y compris sans billet d’entrée. Il deviendra ainsi l’un des premiers éléments rencontrés par les visiteurs lors de la réouverture.
D’autres fossiles rejoindront les collections nantaises
Le sauropode ne sera pas le seul résultat visible de cette aventure scientifique. La richesse du gisement a permis de découvrir d’autres éléments susceptibles d’intégrer les collections du Muséum.
Une partie de ces fossiles pourrait rejoindre la future galerie consacrée au Mésozoïque, longtemps appelé ère secondaire. Des os, des dents ou d’autres pièces plus inattendues pourraient être présentés aux côtés du grand squelette.
Leur sélection dépendra toutefois de leur intérêt scientifique, de leur état de conservation et des résultats des analyses menées en laboratoire.
Ces découvertes permettront de raconter plus largement les écosystèmes du Jurassique. Elles pourront aussi illustrer la diversité des espèces, les relations entre les animaux et les transformations environnementales intervenues au cours de l’histoire de la Terre.
Une pièce majeure du Muséum transformé
Le Muséum de Nantes a fermé ses portes au public en novembre 2025 pour engager une importante restructuration. Le projet prévoit de rénover le bâtiment, d’agrandir les espaces accessibles et de renouveler profondément le parcours de visite.
À sa réouverture en 2029, le public découvrira un voyage scientifique allant de la formation de l’Univers jusqu’aux enjeux environnementaux contemporains. Le dinosaure doit occuper une place centrale dans ce récit.
Le sauropode témoignera de la diversification du vivant durant le Mésozoïque. Il permettra également d’aborder les grandes extinctions et les bouleversements qui ont marqué l’évolution de la planète.
Pour le Muséum, la mission menée dans le Wyoming répond aussi à une volonté d’enrichir directement ses collections. Plutôt que d’acheter un squelette déjà préparé sur un marché devenu particulièrement coûteux, l’établissement a choisi de participer lui-même aux recherches.
Cette démarche permet de conserver toute l’histoire scientifique du spécimen, depuis sa découverte sur le terrain jusqu’à son étude et à sa présentation au public.
La fin des fouilles, mais le début d’une nouvelle étape
La campagne américaine s’achève donc sur un bilan prometteur. Après trois étés de fouilles, le Muséum dispose désormais de plusieurs spécimens et de nombreux fossiles à étudier.
Les prochains mois seront consacrés au choix du sauropode, à la préparation des os et à leur identification. Le montage final devra ensuite être conçu en fonction de l’animal retenu et de l’espace disponible dans le futur hall.
Le public devra patienter jusqu’en 2029 pour découvrir le résultat de cette aventure. En attendant, le journal des missions et les informations consacrées au projet sont accessibles sur le site officiel du Muséum de Nantes Métropole.
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