Un contrôle de l’eau potable réalisé le 21 octobre 2026 à Saint-Brevin-les-Pins a mesuré 0,73 mg/L de chlorates, au-dessus de la limite réglementaire de 0,70 mg/L applicable au traitement utilisé. Un second prélèvement, effectué le 26 octobre, a donné 0,35 mg/L. Le service public atlantic’eau indique qu’aucune restriction de consommation n’a été décidée, ce dépassement n’ayant pas été confirmé.
Ces chiffres, publiés à la fin du mois d’octobre, appellent des explications. Ils concernent l’un des sous-produits possibles de la désinfection de l’eau, un paramètre qui fait désormais l’objet d’un contrôle sanitaire réglementaire.
Deux mesures différentes en l’espace de cinq jours
Le prélèvement du 21 octobre a été analysé dans le cadre du contrôle sanitaire de l’Agence régionale de santé (ARS) des Pays de la Loire. Le résultat de 0,73 mg/L dépassait de 0,03 mg/L la valeur limite de 0,70 mg/L applicable lorsqu’un procédé générant des chlorates, comme l’injection d’eau de Javel, sert à désinfecter l’eau.
Face à ce résultat, un nouveau prélèvement a été réalisé par l’exploitant : le 26 octobre, il indiquait 0,35 mg/L. Atlantic’eau en conclut que le dépassement n’a pas été confirmé. L’organisme précise qu’aucune mesure de restriction ni consigne de passage généralisé à l’eau en bouteille n’a été décidée pour les usagers.
Ce retour sous 0,70 mg/L ne signifie cependant pas une absence totale de chlorates. Le résultat de 0,35 mg/L demeure supérieur à la valeur de 0,25 mg/L applicable lorsque la désinfection ne produit pas ce sous-produit. Ces deux seuils correspondent à des situations techniques différentes et ne doivent pas être confondus.
Qu’est-ce qu’un chlorate et pourquoi peut-il se retrouver dans l’eau ?
La désinfection de l’eau potable permet de limiter les risques microbiologiques liés notamment aux bactéries et aux virus. L’eau de Javel constitue l’un des traitements utilisés. Lorsqu’elle se dégrade, elle peut générer des chlorates, présents ensuite en faibles concentrations dans l’eau distribuée.
Les températures élevées et l’exposition de l’eau de Javel à la lumière favorisent cette dégradation. Une eau brute plus chaude ou de qualité dégradée peut en parallèle nécessiter une quantité supérieure de désinfectant. C’est cette combinaison qu’atlantic’eau évoque pour expliquer le pic observé à Saint-Brevin.
Le contrôle des chlorates a été intégré aux obligations sanitaires de l’eau destinée à la consommation humaine le 1er janvier 2026. La surveillance avait toutefois commencé dès 2025 dans les secteurs concernés d’atlantic’eau.
Le rôle de l’étang des Gâtineaux et du produit désinfectant
Le syndicat identifie deux facteurs. D’abord, l’eau brute prélevée dans l’étang des Gâtineaux à Saint-Michel-Chef-Chef aurait nécessité une désinfection plus poussée, en raison d’une dégradation de la qualité de la ressource dans le contexte de températures exceptionnellement élevées.
Ensuite, l’eau de Javel livrée le 29 septembre aurait subi une dégradation liée à la chaleur, ce qui a augmenté la concentration de chlorates du produit utilisé. Une nouvelle livraison est intervenue le 20 octobre, mais le prélèvement du lendemain concernait encore de l’eau traitée avec le précédent lot. Le recontrôle du 26 octobre a ensuite confirmé une baisse importante.
Ce mécanisme met en lumière l’importance des conditions de stockage, de la surveillance des traitements et de la qualité de l’eau brute prélevée. Il ne faut pas confondre les chlorates avec les contaminants liés à d’autres sources, comme certains pesticides ou PFAS, qui répondent à d’autres suivis.
Quels risques pour les nourrissons et les personnes sensibles ?
En santé publique, les précautions doivent être adaptées au profil des consommateurs. Atlantic’eau attire particulièrement l’attention sur les nourrissons, les femmes enceintes et les personnes présentant une carence en iode. Pour ces publics, les recommandations sanitaires privilégient une eau dont la concentration en chlorates est aussi basse que possible.
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) retient une dose journalière tolérable de 0,003 mg par kilogramme de poids corporel et par jour. L’Organisation mondiale de la santé fournit par ailleurs des valeurs de référence différentes. Une concentration mesurée dans l’eau ne peut pas être directement interprétée comme une dose ingérée sans connaître les volumes consommés et les autres apports alimentaires.
Pour la préparation des biberons ou en cas de situation médicale particulière, les familles peuvent consulter les recommandations actualisées de l’ARS et demander conseil à un professionnel de santé. Il est essentiel de ne pas présenter une absence d’interdiction générale comme la garantie d’une exposition optimale pour tous les publics.
Atlantic’eau annonce une évolution du traitement
Après des mesures correctives engagées fin 2025, le bureau d’atlantic’eau a décidé en octobre 2026 de remplacer progressivement la désinfection à l’eau de Javel par une désinfection au chlore gazeux dans tous les ouvrages qui utilisaient encore cette méthode. Le chlore gazeux, indique le syndicat, n’engendre pas de chlorates comme sous-produit de sa propre dégradation.
La mise en œuvre nécessitera des investissements et des adaptations. Aucun calendrier définitif pour chaque installation n’a été rendu public dans la communication consultée. En attendant, la surveillance renforcée, l’adaptation des doses et l’amélioration des conditions de stockage de l’eau de Javel doivent se poursuivre.
Comment suivre la qualité de l’eau dans sa commune ?
Atlantic’eau publie les résultats disponibles et la carte des communes desservies par des réseaux dont l’eau est désinfectée à l’eau de Javel. Les données les plus récentes doivent être interprétées en tenant compte de la date du prélèvement et du secteur de distribution : une mesure réalisée à Saint-Brevin ne décrit pas nécessairement toutes les communes voisines.
Pour consulter les explications et l’historique complet, les habitants peuvent accéder au communiqué officiel d’atlantic’eau du 30 octobre 2026. Les contrôles sanitaires des eaux distribuées peuvent également être consultés via le portail national de la qualité de l’eau du robinet.
Enfin, l’odeur chlorée parfois perçue au robinet ne permet pas d’estimer le niveau de chlorates. Ces substances ne peuvent pas être évaluées au goût ou à l’odorat : seules des analyses permettent de les mesurer.
Photographie documentaire d’archive : préparation d’échantillons d’eau dans un laboratoire du Centre commun de recherche de la Commission européenne, à Ispra (Italie), en mars 2026. © Union européenne / JRC (Kathleen James et équipe), licence CC BY 4.0 ; image recadrée. Cette photographie ne représente ni le réseau ni les prélèvements de Saint-Brevin. Photographie source et conditions de réutilisation.
Votre avis compte
Comment avez-vous trouvé cet article ?
S’abonner à Infos Média Nantes
Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.



