Né à Saint-Herblain et grandi dans le quartier Bellevue, Alexandre Dipoko-Ewané a participé aux Jeux paralympiques de Paris 2024 après un parcours fait de médailles européennes, de blessures et de retours à la compétition. Aujourd’hui, le sauteur en hauteur de 30 ans garde les Jeux de Los Angeles 2028 en ligne de mire. Dans un entretien écrit transmis à la rédaction d’Infos Média Nantes le 30 octobre 2026, il raconte ses années nantaises, son quotidien de sportif et ce qu’il souhaite transmettre aux jeunes de son quartier.
Bellevue, les jeux d’enfance et la découverte du sport
Alexandre Dipoko-Ewané est né le 22 février 1996 à Saint-Herblain. Il a grandi dans le quartier Bellevue, entre Nantes et sa commune d’origine. Ses premiers souvenirs ne sont pas ceux des stades mais des jeux avec les autres enfants, notamment des parties de policiers et voleurs près du domicile de sa mère.
Il explique avoir découvert ses capacités physiques dans ces moments ordinaires de son enfance. Initialement attiré par le football, il se tourne vers l’athlétisme après avoir terminé deuxième d’un cross scolaire. Il rejoint ensuite le Stade Nantais Athletic Club (SNAC), où le saut en hauteur s’impose progressivement comme sa spécialité.
À l’entraînement, un saut réussi au-delà de la marque du meilleur athlète du club constitue, selon lui, un déclic. Très jeune, il commence à prendre la compétition au sérieux. Il participe à des compétitions internationales à l’adolescence, tout en conservant de solides attaches avec l’agglomération.
Dans ses réponses à IMN, il évoque aussi des expériences personnelles difficiles, notamment des comportements policiers qu’il affirme avoir subis ou observés enfant. Ces faits sont rapportés ici comme son témoignage personnel et ne constituent pas des conclusions d’enquête sur des événements précis.
Deux titres européens et un retour après les blessures
En para athlétisme, Alexandre évolue en saut en hauteur T47. Cette catégorie regroupe des sportifs présentant certains handicaps des membres supérieurs. Le Comité paralympique et sportif français indique qu’il est né avec une paralysie partielle du bras gauche.
Son parcours international est confirmé par les résultats sportifs : argent aux championnats d’Europe de Split en 2015, or à Grosseto en 2016, cinquième aux championnats du monde de Londres en 2017, un nouveau titre européen à Berlin en 2018, dixième aux mondiaux de Dubaï en 2019 et argent aux championnats d’Europe de Bydgoszcz en 2021.
La Fédération française d’athlétisme recense une performance de 1,94 m en 2018, qui reste sa meilleure référence communiquée dans l’entretien. Cette régularité européenne ne résume pourtant pas les années suivantes : le sportif raconte des blessures et des périodes prolongées loin des pistes.
Il confie également avoir subi une blessure à l’abdomen lors d’une fusillade et avoir eu besoin, selon ses mots, d’environ un an et demi pour récupérer. Cette expérience personnelle, qu’il a choisi d’aborder lui-même dans ses réponses, éclaire son rapport au retour à l’entraînement sans que l’on puisse documenter ici les circonstances judiciaires de l’événement.
Paris 2024 : 1,92 m et une huitième place
Le 1er septembre 2024, Alexandre Dipoko-Ewané prend part à la finale du saut en hauteur T47 au Stade de France. Avec une barre franchie à 1,92 m, il termine huitième. Le titre revient à l’Américain Roderick Townsend avec 2,12 m. Ces résultats figurent dans le palmarès officiel de l’équipe de France.
Mais le souvenir le plus vif de l’athlète est familial. Il raconte qu’à la fin de l’épreuve, lorsque sa fille l’a rejoint depuis les tribunes, la pression est retombée. Il dit avoir pleuré en retrouvant sa place de père après des semaines de concentration sportive.
La huitième place n’a donc pas pour lui une signification uniquement comptable. Elle marque aussi l’aboutissement d’un parcours interrompu, reconstruit et mené jusqu’à la compétition majeure organisée en France.
Pourquoi Los Angeles 2028 reste un objectif
À l’automne 2026, Alexandre décrit un entraînement individuel, avant une reprise annoncée au club après l’hiver. Il travaille la musculation, le renforcement, les sprints et des séances techniques de saut en hauteur, avec quelques exercices de saut en longueur.
Il envisage des compétitions en 2027, mais précise n’avoir pas encore fixé de calendrier. Son objectif est de progresser jusqu’aux Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028. Une ambition personnelle ne garantit évidemment ni la sélection ni la participation : celle-ci dépendra des critères sportifs et des résultats.
Le retour à la compétition pose également la question du financement. Alexandre estime que les sportifs paralympiques ont besoin d’être considérés d’abord comme des athlètes de haut niveau, avec des exigences d’entraînement et des moyens adaptés. Il insiste sur l’importance de la bienveillance sans infantilisation.
Une agence née d’une amitié à Bellevue
Le parcours du sportif rejoint aujourd’hui celui de Néné Diaby, fondatrice de Creator Bridge Agency, qui l’accompagne dans sa visibilité et dans la recherche de partenariats. Tous deux se connaissent depuis l’enfance dans le quartier Bellevue : Alexandre est le meilleur ami du frère de Néné, explique-t-elle à IMN.
Partie de Nantes à l’adolescence avant de s’installer en Île-de-France, elle a créé son agence après une discussion familiale sur les difficultés rencontrées par les athlètes pour trouver des sponsors. Alexandre en est devenu le premier talent. L’agence travaille notamment sur les réseaux sociaux, les contacts professionnels et la recherche d’opportunités.
Leur histoire montre comment des liens noués dans un quartier peuvent se prolonger dans des projets professionnels bien après les départs géographiques. Elle ne doit pas pour autant masquer les contraintes économiques bien réelles du sport de haut niveau.
Ce qu’il souhaite dire aux jeunes de Bellevue
Dans l’entretien transmis à la rédaction, Alexandre encourage les jeunes à pratiquer une activité sportive et à poursuivre leurs ambitions. Il explique qu’un quartier d’origine, aussi déterminant soit-il, ne doit pas être vécu comme une limite à leurs projets.
Il souligne les effets de la discipline, de la confiance et de la persévérance. Son message central consiste à avancer selon son propre parcours, sans se comparer constamment aux autres. Cette volonté de transmission accompagne désormais un projet sportif qui se construit étape par étape.
Pour consulter son palmarès et les éléments biographiques vérifiés, le public peut se référer au Comité paralympique et sportif français et à la Fédération française d’athlétisme.
Entretien écrit exclusif à Infos Média Nantes, réponses d’Alexandre Dipoko-Ewané et de Néné Diaby transmises le 30 octobre 2026 par Creator Bridge Agency ; recoupement du palmarès avec le CPSF, l’Équipe de France et la FFA. Les expériences personnelles rapportées restent attribuées à leurs auteurs.
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