Alzheimer à Nantes : ce que change vraiment le nouveau dosage sanguin p-Tau217

Tube de prélèvement sanguin dans un laboratoire d’analyses
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Lundi 28 sept 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Une simple prise de sang peut désormais aider les spécialistes du CHU de Nantes à confirmer ou à écarter plus facilement l’hypothèse d’une maladie d’Alzheimer chez certains patients. Depuis le 1er septembre, le laboratoire de biochimie réalise le dosage de la protéine p-Tau217.

L’arrivée de cet examen représente une évolution importante parce qu’il peut, dans certaines situations, éviter une ponction lombaire. Mais le CHU insiste sur un point essentiel : ce n’est ni un test prédictif ni un dépistage destiné aux personnes sans symptômes.

Que recherche exactement cette prise de sang ?

La maladie d’Alzheimer entraîne des modifications biologiques dans le cerveau. Parmi les protéines étudiées figurent notamment l’amyloïde et la protéine Tau. Le dosage p-Tau217 mesure dans le sang une forme phosphorylée de Tau dont la présence est fortement associée aux anomalies biologiques caractéristiques de la maladie.

Jusqu’ici, la confirmation biologique pouvait notamment reposer sur l’analyse du liquide cérébrospinal obtenu par ponction lombaire. Cet examen reste utile, mais il est plus invasif qu’un prélèvement sanguin.

Le nouveau dosage ne remplace donc pas automatiquement les examens existants. Il donne aux spécialistes une possibilité supplémentaire pour construire le diagnostic.

Qui peut bénéficier du dosage p-Tau217 à Nantes ?

Au CHU de Nantes, cet examen concerne des patients de plus de 55 ans présentant des troubles de la mémoire ou d’autres difficultés cognitives. Il intervient lorsqu’une maladie d’Alzheimer est suspectée après une évaluation médicale spécialisée.

Avant la prescription, le parcours comprend notamment un entretien médical, un examen clinique, des tests cognitifs et de mémoire, une évaluation de l’autonomie ainsi qu’une recherche d’autres causes pouvant expliquer les symptômes.

Le dosage s’inscrit dans les consultations mémoire du Centre mémoire, ressources et recherche, où travaillent neurologues, gériatres, psychiatres, psychologues et neuropsychologues.

Pourquoi ce n’est pas un test à demander « pour savoir »

Le fait qu’il s’agisse d’une simple prise de sang peut donner l’impression qu’un dépistage généralisé devient possible. Ce n’est pas le cas.

Chez une personne sans symptômes ou en dehors d’un contexte clinique adapté, le résultat peut être mal interprété. Le CHU souligne qu’une utilisation inappropriée pourrait produire une proportion importante de faux positifs.

Autrement dit, un résultat biologique isolé ne suffit jamais à dire qu’une personne est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Le diagnostic reste médical et repose sur l’ensemble des symptômes, examens et éléments cliniques.

Peut-on désormais éviter toutes les ponctions lombaires ?

Non. Le dosage p-Tau217 peut permettre d’éviter une ponction lombaire dans certaines situations, mais pas systématiquement. Selon le profil du patient, les médecins peuvent encore avoir besoin d’examens complémentaires.

Cette nuance est importante : le progrès tient surtout au fait de disposer d’un outil plus simple et moins invasif lorsque les conditions médicales sont réunies.

Un enjeu important pour les consultations mémoire

Le CHU de Nantes indique que le Centre mémoire suit environ 2 000 patients en neurologie, dont près de 600 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Environ 800 nouveaux patients sont pris en charge chaque année.

Dans ce contexte, un biomarqueur sanguin fiable peut simplifier certains parcours, réduire le recours à des gestes plus invasifs et aider les équipes à orienter plus précisément les patients.

Une évolution qui s’inscrit dans une recherche médicale plus large à Nantes

Le développement de nouveaux biomarqueurs accompagne une transformation plus générale de la recherche et du diagnostic. À Nantes, le CHU, Nantes Université et l’Inserm ont récemment renforcé leur partenariat pour accélérer la recherche en santé.

La prise de sang p-Tau217 ne rend pas le diagnostic d’Alzheimer « simple » au sens médical du terme. En revanche, elle peut rendre une partie du parcours moins lourde pour certains patients, à condition de rester utilisée dans un cadre spécialisé.

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