Projet GOCO2 : les agriculteurs questionnent la canalisation de CO2 de 375 km

Installations du terminal méthanier du port de Montoir-de-Bretagne vues depuis Saint-Brevin, archive de 2017
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Lundi 26 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Le projet industriel GOCO2 prévoit 375 kilomètres de canalisations souterraines pour acheminer du dioxyde de carbone jusqu’à Montoir-de-Bretagne, en Loire-Atlantique. Cette infrastructure envisagée concerne plusieurs départements de l’Ouest et pose des questions concrètes aux agriculteurs dont les terres pourraient être traversées. Le tracé définitif reste à déterminer : les zones d’étude ne doivent pas être confondues avec une décision d’implantation sur chaque parcelle.

Pourquoi transporter du CO2 jusqu’à Montoir ?

Le consortium souhaite capter les émissions de plusieurs sites industriels, puis les transférer vers un terminal maritime à Montoir-de-Bretagne. Le réseau étudié relierait notamment les secteurs d’Airvault, de Saint-Pierre-la-Cour et de Neau à ce point de collecte. L’infrastructure, présentée par NaTran, prendrait la forme d’un Y dont les branches convergeraient au nord de la Loire.

L’objectif annoncé est d’organiser le transport du CO2 capté sur les sites industriels. Il ne s’agit pas d’un nouveau réseau de gaz distribué aux foyers. Le devenir du carbone capté, les bilans d’émissions complets et la pertinence de la chaîne industrielle nécessitent une évaluation au-delà du seul tuyau.

Un chantier de 375 km : quelles conséquences sur les champs ?

NaTran évoque des diamètres compris entre 200 et 800 millimètres selon les sections et une profondeur d’enfouissement minimale annoncée d’un mètre. Même souterraine, une canalisation nécessite un chantier en surface : accès des engins, ouverture de tranchées, gestion des terres excavées et remise en état.

Pour une exploitation, les questions portent sur les dates de travaux, la circulation des machines agricoles, l’évolution de la structure du sol, le drainage, les cultures en place et les restrictions possibles autour de l’ouvrage. Elles sont particulièrement sensibles lorsque l’exploitation dépend de parcelles contiguës, de haies ou d’aménagements d’irrigation. Les impacts effectifs dépendront du tracé et des solutions techniques retenues.

Le tracé n’est pas arrêté

Le maître d’ouvrage présente une démarche progressive, depuis des zones générales d’étude jusqu’à un couloir de moindre impact puis un tracé précis. Le dialogue avec les propriétaires, exploitants et collectivités doit intervenir avant la fixation des emprises. Une discussion sur les dommages temporaires, les servitudes, les accès et les conditions de remise en état doit donc être distinguée d’un éventuel accord déjà signé : aucun passage sur une parcelle particulière ne peut être déduit de la carte générale.

NaTran indique s’appuyer sur les règles et protocoles encadrant les interventions sur les terres agricoles. Les exploitants concernés ont intérêt à demander les documents définissant les parcelles, les servitudes projetées et les modalités d’indemnisation, plutôt qu’à supposer qu’une zone étudiée deviendra nécessairement un chantier.

Un investissement important, avec une échéance à 2031

La réalisation du réseau de canalisations est évaluée à environ 900 millions d’euros, selon la présentation de NaTran. La mise en service est envisagée en 2031, en coordination avec les équipements de captage et le terminal. Ces montants et dates restent prévisionnels et pourront évoluer avec les études et les autorisations nécessaires.

Comment suivre le dossier et faire connaître ses observations ?

Les agriculteurs et habitants peuvent consulter les documents techniques, le périmètre de concertation et les réponses publiées par le porteur de projet. Les organisations agricoles, les communes et les propriétaires concernés sont également des interlocuteurs pour confronter l’implantation envisagée aux réalités du terrain.

Le débat porte à la fois sur la décarbonation des grandes installations industrielles et sur les coûts, nuisances et choix d’aménagement supportés localement. Il nécessite donc des informations précises sur les tracés, les méthodes de travaux, la sécurité et les bénéfices environnementaux réellement attendus.

Source

Projet GOCO2 — dossier officiel de concertation sur les canalisations. Les réserves des exploitants ont également fait l’objet d’un reportage du Courrier de l’Ouest le 2 novembre 2026.

Photo documentaire d’archive : terminal méthanier du port de Montoir-de-Bretagne, qui constitue une zone portuaire étudiée pour des installations logistiques de CO2. Cette photographie de 2017 montre les installations gazières existantes, pas une conduite ou un équipement GOCO2. Jibi44 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0, recadrée.

Votre avis compte

Comment avez-vous trouvé cet article ?

S’abonner à Infos Média Nantes

Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.