Les tensions autour de la gestion de l’eau dans les marais de Brière vont donner lieu à une nouvelle mobilisation samedi 24 octobre 2026. Le collectif Brière Résistante appelle les habitants et les usagers du marais à se rassembler à 10 h devant la sous-préfecture de Saint-Nazaire. Il souhaite peser sur les décisions qui détermineront les niveaux d’eau dans les prochaines années.
La Fédération départementale des chasseurs de Loire-Atlantique a annoncé son soutien au mouvement. Derrière la question des niveaux d’eau se dessine un débat plus large sur les sécheresses, la biodiversité, les usages agricoles, les oiseaux et le fonctionnement des ouvrages hydrauliques.
Un rendez-vous samedi 24 octobre à 10 h à Saint-Nazaire
La mobilisation a été annoncée par le collectif Brière Résistante, qui invite les habitants, les associations et les usagers à se retrouver le samedi 24 octobre, dès 10 h, devant la sous-préfecture de Saint-Nazaire.
Le choix du lieu n’est pas anodin : les organisateurs veulent s’adresser directement à l’État, alors qu’un futur règlement d’eau doit encadrer la gestion hydraulique du marais.
La Fédération des chasseurs de Loire-Atlantique a confirmé sa participation. Son président, Dany Rose, a appelé les chasseurs et les habitants attachés au territoire à se mobiliser. L’événement fait suite à un précédent rassemblement organisé le 21 août devant le Syndicat du bassin versant du Brivet, à Pontchâteau.
Pourquoi les niveaux d’eau provoquent-ils autant de débats ?
La Brière est une zone humide où les équilibres écologiques dépendent du maintien saisonnier de l’eau. Des canaux, fossés et ouvrages hydrauliques permettent de gérer certains échanges, sans pouvoir compenser à eux seuls une longue période de sécheresse.
Lorsque l’eau se retire trop vite ou trop longtemps, plusieurs difficultés peuvent apparaître. Les habitats aquatiques se réduisent, des espèces se concentrent dans les secteurs encore immergés et les sols tourbeux peuvent s’assécher.
Les sols riches en tourbe constituent également des réservoirs de carbone. Leur assèchement prolongé peut favoriser la dégradation de la matière organique et fragiliser l’équilibre des milieux naturels.
À l’inverse, les exploitations agricoles, les activités de gestion des prairies, la circulation dans les canaux et la protection des biens peuvent dépendre de hauteurs d’eau et de calendriers différents. La gestion hydraulique doit donc composer avec des objectifs parfois difficiles à concilier.
Ce que réclame Brière Résistante
Le collectif conteste la façon dont se prépare le futur règlement d’eau. Il estime que le projet ne répond pas suffisamment aux conséquences des sécheresses répétées, à la préservation des habitats et au maintien de l’eau douce.
Les organisateurs demandent une gestion fondée sur les connaissances scientifiques et une prise en compte de l’ensemble des usages du marais. Ils s’inquiètent également de la vulnérabilité des oiseaux sauvages en période de faible hauteur d’eau.
Ces positions sont celles du collectif mobilisé. Elles ne signifient pas qu’une responsabilité unique aurait été établie dans les épisodes de sécheresse ou de mortalité animale. La météo, le fonctionnement des ouvrages, les caractéristiques des bassins versants et les pratiques humaines interagissent.
Botulisme aviaire : quel lien avec les périodes de sécheresse ?
La Brière a déjà connu d’importants épisodes de botulisme aviaire, une maladie causée par une toxine bactérienne qui peut tuer des oiseaux d’eau.
En période chaude, la diminution des surfaces immergées peut concentrer les oiseaux, augmenter certains contacts avec des zones contaminées et favoriser des conditions problématiques. Toutefois, la baisse des niveaux d’eau ne constitue pas l’unique cause possible de la maladie. La prévention nécessite une surveillance sanitaire et environnementale globale.
Les chasseurs mobilisés mettent en avant ce risque pour demander des niveaux d’eau plus favorables à la faune et une meilleure anticipation des sécheresses.
Quel est le rôle du Syndicat du bassin versant du Brivet ?
Le Syndicat du bassin versant du Brivet, appelé SBVB, est l’un des acteurs publics chargés de la gestion de l’eau et des milieux aquatiques sur le territoire.
Il intervient dans un système complexe de marais, de canaux et de compartiments hydrauliques. Toutes les zones ne peuvent pas être réalimentées librement en eau : leur fonctionnement dépend des ouvrages, des connexions disponibles et des conditions météorologiques.
La gouvernance du syndicat fait également l’objet de débats. Le 13 octobre, Éric Provost a été réélu président par 19 voix contre 13 à Raphaël Salaün, maire de Saint-Joachim. Un précédent scrutin, organisé en mai, avait été annulé par le tribunal administratif de Nantes en raison d’irrégularités de procédure.
Cette réélection a clarifié la présidence de l’organisme, sans mettre fin aux désaccords sur les niveaux d’eau.
Un autre chantier : protéger les marais jusqu’en 2036
La mobilisation intervient aussi dans un contexte d’évolution des politiques de protection du marais. La réserve naturelle régionale des Marais de Brière dispose d’un plan de gestion pour la période 2025-2036.
Ce document porte notamment sur la surveillance de la biodiversité, les habitats, les espèces et les interventions de gestion des zones humides. Il ne se substitue pas au futur règlement d’eau, mais il montre l’importance d’une démarche de long terme.
IMN a consacré un article détaillé à ce plan de préservation de la réserve naturelle régionale de Brière jusqu’en 2036.
Ce qu’il faut savoir avant le rassemblement
- Date : samedi 24 octobre 2026.
- Heure annoncée : 10 h.
- Lieu : devant la sous-préfecture de Saint-Nazaire.
- Collectif mobilisateur : Brière Résistante.
- Soutien annoncé : Fédération départementale des chasseurs de Loire-Atlantique.
- Objet : futurs niveaux d’eau, gestion du marais et protection des écosystèmes.
La journée du 24 octobre doit également être marquée par d’autres appels à mobilisation en Loire-Atlantique. Les participants et riverains pourront consulter les consignes des autorités en cas de modification des conditions de circulation autour des rassemblements.
Photo d’illustration : Arnaud Dréan / Saint-Nazaire Renversante. Vue aérienne des marais de Brière, photographie d’archives recadrée.
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