Entre Nantes et Ancenis, SNCF Réseau poursuit ses clôtures anti-gibier le long des voies

TER Pays de la Loire circulant sur l’axe Angers-Nantes
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Lundi 28 sept 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Le long de l’axe ferroviaire Nantes–Angers–Le Mans, SNCF Réseau poursuit un vaste programme de clôtures destiné à limiter les collisions entre les trains et les animaux. Plusieurs communes de Loire-Atlantique sont concernées, parmi lesquelles Nantes, Thouaré-sur-Loire, Mauves-sur-Loire, Le Cellier, Oudon, Ancenis-Saint-Géréon et les communes déléguées voisines.

Pourquoi installer des clôtures le long des voies ?

Les collisions avec des sangliers, chevreuils ou animaux d’élevage sont devenues une cause importante de perturbation ferroviaire. SNCF Réseau a recensé 343 heurts ou divagations d’animaux en Pays de la Loire en 2024, contre 166 en 2019.

Ces incidents ont affecté 1 474 trains dans la région en 2024. À l’échelle nationale, SNCF Réseau comptabilise 2 562 heurts avec la faune sauvage la même année.

L’objectif : clôturer l’axe Nantes–Le Mans d’ici 2028

Le programme baptisé « CLOTURE NASM 2024-2028 » vise à poursuivre la sécurisation de la ligne Nantes–Angers–Le Mans. Les premiers travaux ont commencé dès 2018.

Selon le dossier présenté au Conseil national de la protection de la nature, 31 kilomètres avaient déjà été clôturés avant la nouvelle phase : 9 kilomètres dans le cadre du contrat de plan État-Région et 22 kilomètres financés directement par SNCF Réseau.

L’objectif affiché est de parvenir à clôturer l’ensemble des secteurs concernés de l’axe Nantes–Le Mans à l’horizon 2028, soit environ 156 kilomètres au total.

Plusieurs communes de Loire-Atlantique concernées

Le dossier environnemental cite notamment Nantes, Thouaré-sur-Loire, Mauves-sur-Loire, Le Cellier, Oudon, Ancenis, Anetz, Saint-Herblon, Varades et Montrelais.

Les interventions ne consistent pas uniquement à poser un grillage continu. Les équipes doivent tenir compte des routes, chemins, cours d’eau, ouvrages existants et passages utilisés par la faune.

Des clôtures hautes et enterrées sur certains secteurs

Sur des parcelles concernées à Ancenis-Saint-Géréon, les documents judiciaires évoquent notamment des clôtures d’environ 2,50 mètres de hauteur, avec une partie de grillage enterrée sur plusieurs dizaines de centimètres afin de limiter les passages sous l’ouvrage.

Des portails sont également nécessaires lorsque les équipes doivent accéder aux voies pour l’entretien ou les interventions techniques.

Comment éviter de transformer la voie ferrée en barrière écologique ?

C’est l’un des points sensibles du projet. Une clôture peut réduire les collisions, mais elle peut aussi couper les déplacements naturels des animaux.

Le programme prévoit donc d’adapter certains ouvrages existants pour maintenir des passages entre les deux côtés de la ligne. SNCF Réseau évoque aussi des échappatoires permettant à un animal entré dans l’emprise ferroviaire d’en ressortir.

Le Conseil national de la protection de la nature a d’ailleurs demandé que les effets du projet sur les espèces et les continuités écologiques soient suivis avec attention.

Un investissement lié à la régularité Nantes–Paris

SNCF Réseau identifie les collisions avec la faune comme l’une des trois grandes causes de perturbation de l’axe Nantes–Paris, avec les chutes de végétation et certains incidents de signalisation.

En 2023, 134 collisions avec des animaux avaient perturbé près de 700 trains sur cet axe. Le programme complet de lutte contre les intrusions de faune est désormais évalué à 34,5 millions d’euros dans les documents 2026 de SNCF Réseau.

Clôturer ne suffit pas

La stratégie ferroviaire associe plusieurs leviers : entretien de la végétation, clôtures, adaptation des ouvrages de franchissement, effaroucheurs sonores expérimentaux et coopération avec les fédérations de chasse et les services de l’État.

L’enjeu est double : améliorer la régularité des trains tout en évitant de déplacer le problème vers d’autres secteurs.

Cette amélioration de la fiabilité ferroviaire intervient alors que l’offre autour de Nantes doit évoluer dans les prochaines années. Le futur SERM Nantes–Saint-Nazaire doit notamment renforcer le rôle du train dans les déplacements quotidiens.

Consulter le programme de SNCF Réseau en Pays de la Loire.

Crédit photo : Cramos / Wikimedia Commons – TER Pays de la Loire circulant entre Angers et Nantes.

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