Saint-Nazaire : comment les Chantiers de l’Atlantique cherchent à réduire l’empreinte des navires

Vue aérienne des Chantiers de l’Atlantique à Saint-Nazaire
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Lundi 28 sept 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Construire des paquebots géants tout en réduisant leur consommation et leurs émissions est devenu l’un des principaux défis de l’industrie navale. À Saint-Nazaire, les Chantiers de l’Atlantique développent plusieurs solutions : propulsion vélique, amélioration de l’efficacité énergétique, traitement des fumées et alimentation électrique à quai.

Ces technologies ne rendent pas les grands navires sans impact. Elles cherchent en revanche à réduire leur consommation de carburant et certaines émissions par rapport aux générations précédentes.

SolidSail : utiliser le vent pour participer à la propulsion

La technologie la plus spectaculaire développée à Saint-Nazaire est SolidSail. Elle repose sur de grandes voiles semi-rigides associées à des mâts capables de s’orienter et de s’incliner.

Le système équipe notamment l’Orient Express Corinthian, livré en 2026. Ses trois voiles de 1 500 m² chacune peuvent, lorsque les conditions météorologiques sont favorables, assurer une part très importante de la propulsion.

Lors des essais en mer de février 2026, les Chantiers indiquent que le navire a atteint 12 nœuds par 20 nœuds de vent en utilisant uniquement la force vélique.

Réduire d’abord l’énergie nécessaire au déplacement

La décarbonation ne dépend pas uniquement du carburant. La forme de la coque, l’hydrodynamique, la gestion de l’énergie à bord, la climatisation ou encore la récupération de chaleur peuvent réduire la quantité totale d’énergie nécessaire.

Depuis 2007, les Chantiers regroupent une partie de leurs recherches dans le programme Ecorizon. L’entreprise cite notamment l’efficacité énergétique, les émissions dans l’air et l’eau, le traitement des déchets et l’écoconception parmi ses axes de travail.

GNL : moins de certains polluants, mais toujours un combustible fossile

Plusieurs navires récents construits à Saint-Nazaire utilisent le gaz naturel liquéfié. Le GNL permet une forte réduction des oxydes de soufre et des oxydes d’azote par rapport à certains combustibles marins conventionnels.

Il ne constitue toutefois pas une solution « zéro carbone ». Le méthane reste un gaz à effet de serre puissant et les émissions sur l’ensemble du cycle de vie du combustible restent un enjeu important. Les gains dépendent donc des technologies utilisées et de la maîtrise des fuites de méthane.

Filtres, traitement des eaux et branchement électrique à quai

Les Chantiers travaillent aussi sur des dispositifs plus discrets : épuration des fumées, filtres à particules, réduction des oxydes d’azote et traitement des eaux de ballast.

Les navires peuvent également être équipés pour se brancher au réseau électrique lorsqu’ils sont à quai dans un port compatible. Cela permet d’arrêter les moteurs auxiliaires et de réduire les émissions locales pendant l’escale.

Une filière industrielle qui se transforme à Saint-Nazaire

Le chantier emploie plusieurs milliers de personnes et travaille avec un vaste réseau de sous-traitants. Les enjeux environnementaux modifient donc aussi les compétences recherchées : ingénierie énergétique, automatismes, propulsion vélique, nouveaux carburants et systèmes de contrôle.

En septembre 2026, l’entreprise recrutait encore des ingénieurs spécifiquement consacrés à la propulsion vélique SolidSail, signe que cette technologie est désormais structurée comme une activité industrielle à part entière.

La question pour les prochaines années sera de mesurer les gains réels de ces technologies en exploitation, sur l’ensemble du cycle de vie des navires, et pas seulement leurs performances lors de la construction.

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