Le conseil municipal de Nantes a adopté à l’unanimité, vendredi 9 octobre 2026, un vœu en faveur de l’implantation d’une halte soins addictions (HSA) dans la ville. Le dispositif vise à réduire les risques liés aux consommations de drogues dans l’espace public, tout en facilitant l’accès aux soins et à l’accompagnement social des personnes les plus vulnérables.
Cette adoption ne signifie pas qu’une halte ouvrira immédiatement à Nantes. Le vœu constitue une prise de position politique du conseil municipal et demande une évolution du cadre national afin de permettre le développement de ce type de structure dans d’autres territoires.
Après le vote, la maire de Nantes, Johanna Rolland, a présenté la halte soins addictions comme « un outil parmi de nombreux autres » pour lutter contre les addictions, favoriser l’accès aux soins et renforcer l’accompagnement social.
Qu’est-ce qu’une halte soins addictions ?
Une halte soins addictions est un espace de réduction des risques par usage supervisé et d’accès aux soins. Le dispositif s’adresse à des personnes majeures consommant des substances psychoactives et particulièrement exposées aux risques sanitaires et sociaux.
Concrètement, l’objectif est de proposer un lieu encadré par des professionnels où les consommations peuvent être accompagnées dans des conditions sanitaires plus sûres. Ces structures doivent aussi servir de point d’entrée vers les soins, la prévention, l’accompagnement social et les dispositifs de droit commun.
Le cadre national prévoit notamment la réduction des risques de surdose, d’infection et d’autres complications liées aux consommations. Il prévoit également la mise à disposition de matériel stérile ou à usage unique et un accompagnement vers le système de santé.
Un dispositif expérimenté à Paris et Strasbourg
La France expérimente ce type de structure depuis 2016, avec des dispositifs ouverts à Paris et Strasbourg. Le cadre a ensuite évolué vers l’appellation « halte soins addictions ».
L’expérimentation nationale a été prolongée jusqu’au 31 décembre 2027. Les textes en vigueur prévoient que ces structures s’inscrivent dans une politique de réduction des risques et des dommages pour les usagers de drogues.
La Ville de Nantes souligne que plusieurs évaluations menées depuis le lancement de l’expérimentation ont mis en avant des effets sur la réduction des risques sanitaires, l’accès aux soins et la diminution de certaines consommations ou seringues dans l’espace public. Elle indique également que ces évaluations n’ont pas montré d’augmentation de la délinquance liée à l’implantation de ces structures.
Quatre demandes portées par le conseil municipal
Le vœu adopté à Nantes s’inscrit dans une démarche soutenue par les maires de douze villes françaises. Le conseil municipal formule quatre demandes principales :
- inscrire les haltes soins addictions dans le droit commun ;
- lever les limites actuelles de l’expérimentation afin de permettre leur développement dans d’autres territoires ;
- clarifier le circuit de décision en donnant un rôle central aux Agences régionales de santé, en lien avec les préfectures et les maires ;
- renforcer les moyens des structures qui accompagnent les personnes consommatrices de stupéfiants.
Pour Nantes, l’objectif est donc autant sanitaire que social et urbain : réduire les risques pour les personnes concernées, favoriser leur accès aux soins et limiter les consommations dans l’espace public.
Ce que le vote change réellement à Nantes
Le vote du 9 octobre marque une étape politique, mais il ne vaut ni autorisation d’ouverture ni choix d’un lieu. Aucun calendrier d’implantation n’a été annoncé à ce stade.
La suite dépendra notamment de l’évolution du cadre national et des décisions des autorités sanitaires compétentes. Si un projet nantais devait se concrétiser, il nécessiterait donc encore plusieurs étapes administratives, sanitaires et opérationnelles.
La halte soins addictions faisait partie des sujets abordés lors du conseil municipal du 9 octobre, aux côtés du budget, de la prévention de la délinquance et de la transition écologique.
Conseil municipal de Nantes du 9 octobre : les principales décisions
Consulter le compte rendu officiel du conseil municipal de Nantes
Consulter le cadre national des haltes soins addictions sur Légifrance
Photo : Thierry Mézerette / Nantes Métropole.
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