Environ 300 tonnes de méthane s’échappent chaque année d’un réservoir du terminal de gaz naturel liquéfié de Montoir-de-Bretagne, près de Saint-Nazaire. L’exploitant Elengy connaît le problème et cherche à le corriger, mais indique ne pas disposer pour l’instant d’une solution technique satisfaisante.
Le chiffre n’est pas seulement issu d’un débat local. Le Haut Conseil pour le climat cite lui aussi le terminal de Montoir parmi les exemples d’émissions diffuses liées aux infrastructures de gaz naturel liquéfié.
D’où viennent ces 300 tonnes de méthane ?
Le terminal reçoit du gaz naturel sous forme liquéfiée, appelé GNL. Pour le transporter par bateau, le gaz est refroidi à très basse température, ce qui réduit fortement son volume.
À Montoir, le GNL est stocké dans de grands réservoirs avant d’être regazéifié puis injecté dans le réseau terrestre.
Selon les informations rendues publiques, l’un de ces réservoirs laisse échapper du méthane de manière diffuse. Il ne s’agit donc pas d’une fuite spectaculaire ponctuelle, mais d’émissions continues ou répétées difficiles à supprimer complètement avec l’installation actuelle.
Pourquoi le méthane est-il un problème climatique ?
Le méthane est le principal composant du gaz naturel. Lorsqu’il est brûlé, il produit notamment du dioxyde de carbone. Mais lorsqu’il s’échappe directement dans l’atmosphère, il agit lui-même comme un puissant gaz à effet de serre.
Son effet de réchauffement est particulièrement important sur les décennies qui suivent son émission. C’est pourquoi la réduction des fuites de méthane est devenue un axe majeur des politiques climatiques dans le secteur énergétique.
Un terminal majeur sur la façade atlantique
Mis en service en 1980, le terminal de Montoir-de-Bretagne couvre 73 hectares dans le port de Nantes Saint-Nazaire. Il peut accueillir les plus grands méthaniers et constitue l’une des principales portes d’entrée du GNL en France.
Son activité reste importante en 2026. Elengy publie chaque mois les données de déchargement, de stockage et d’émission de gaz vers le réseau.
Elengy modernise parallèlement le site
Le problème des émissions de méthane intervient alors que l’entreprise mène plusieurs chantiers de modernisation. Le projet ULYSSE représente plus de 220 millions d’euros d’investissement.
Il doit notamment réduire de 80 % les émissions directes de CO₂ liées à la regazéification, soit plus de 30 000 tonnes de CO₂ évitées chaque année selon Elengy.
Ces travaux ne doivent cependant pas être confondus avec le problème spécifique du réservoir à l’origine des émissions diffuses de méthane. Les deux sujets concernent le bilan climatique du terminal, mais pas les mêmes équipements ni les mêmes mécanismes.
Pourquoi la solution est-elle compliquée ?
Un réservoir de GNL fonctionne à des températures extrêmes et doit respecter des contraintes de sécurité très strictes. Toute modification de son étanchéité, de sa ventilation ou de ses équipements doit donc être étudiée sans dégrader la sûreté de l’installation.
Elengy affirme chercher une solution. En attendant, les émissions restent comptabilisées et constituent un enjeu environnemental spécifique pour ce site industriel majeur de Loire-Atlantique.
Photo : terminal méthanier Elengy de Montoir-de-Bretagne.
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