La mobilisation lycéenne doit franchir une nouvelle étape mardi 6 octobre 2026 en Loire-Atlantique. À Nantes et dans sa métropole, plusieurs établissements seront fermés ou fonctionneront à distance, tandis que des syndicats de l’Éducation appellent à la grève en soutien aux élèves. Des blocages restent possibles. La journée de lundi 5 octobre pourrait déjà être marquée par de nouvelles actions, avant le temps fort national annoncé mardi.
La situation reste cependant différente d’un établissement à l’autre. Il n’existe pas de fermeture générale de tous les lycées publics de Loire-Atlantique. Les familles doivent donc vérifier les messages de leur établissement avant chaque déplacement.
Douze lycées privés de Nantes Métropole fermés lundi et mardi
La mesure la plus claire concerne l’enseignement privé. Douze lycées privés de Nantes Métropole doivent rester fermés lundi 5 et mardi 6 octobre. Les cours doivent être assurés à distance pendant ces deux journées.
Cette décision a été prise dans un contexte de fortes tensions autour de plusieurs établissements depuis le début de la mobilisation. Des dégradations, incendies et affrontements ont marqué les journées précédentes à Nantes.
Dans le public, le fonctionnement est différent. Le rectorat laisse les chefs d’établissement décider au cas par cas, en lien avec les services académiques et les autorités. Certains lycées ont déjà choisi de suspendre l’accueil en présentiel ou de basculer vers le distanciel, mais il n’y a pas de fermeture générale annoncée pour tous les établissements publics.
IMN avait déjà détaillé cette organisation dans notre point sur les douze lycées privés fermés et les décisions prises au cas par cas dans le public.
Nelson-Mandela restera fermé jusqu’aux vacances de la Toussaint
Le lycée Nelson-Mandela, sur l’île de Nantes, constitue un cas particulier. Son hall d’entrée a été détruit par un incendie le 1er octobre. L’établissement doit rester fermé au public jusqu’aux vacances de la Toussaint et la continuité pédagogique est organisée à distance.
La Région Pays de la Loire estime à au moins 2 millions d’euros le coût des dégâts pour ce seul lycée. Plus largement, près de 40 établissements ont été touchés à des degrés divers dans la région et le premier bilan des dégradations dépasse 3 millions d’euros.
Des interdictions de rassemblement étendues autour de plusieurs lycées
Après les incidents du 1er octobre, la préfecture de Loire-Atlantique avait interdit les rassemblements aux abords de 19 lycées de l’agglomération nantaise. Le dispositif a ensuite été étendu à huit établissements supplémentaires, soit 27 lycées concernés par les mesures prises dans ce contexte.
Ces restrictions ont accompagné une présence renforcée des forces de l’ordre autour de certains sites. Vendredi 2 octobre, la préfecture faisait état de 19 nouvelles interpellations après des violences urbaines signalées aux abords d’un nombre limité de lycées.
Il faut néanmoins distinguer les mobilisations revendicatives, les blocages d’établissement et les actes de violence commis en marge de certains rassemblements. Les auteurs de dégradations ne peuvent pas être assimilés à l’ensemble des lycéens mobilisés.
Grève du 6 octobre : plusieurs syndicats de l’Éducation appellent à se mobiliser
La journée du mardi 6 octobre ne concernera pas uniquement les élèves. Le SNES-FSU, le SNEP-FSU et le SNUEP-FSU appellent les personnels à la grève en soutien à la mobilisation lycéenne. Une intersyndicale réunissant notamment la FSU, l’UNSA Éducation, la FNEC FP-FO, la CFDT Éducation Formation Recherche Publiques, la CGT Éduc’action et SUD Éducation a également appelé à soutenir les revendications des lycéens et à se mobiliser le 6 octobre.
Dans l’académie de Nantes, la CGT Éduc’action appelle de son côté les personnels à se mettre en grève et à rejoindre les mobilisations. Le syndicat met en avant le manque d’enseignants et de personnels, les classes surchargées, l’état de certains établissements, les conditions d’étude et les inquiétudes liées à l’orientation.
La FCPE, principale fédération de parents d’élèves, appelle également à manifester aux côtés des lycéens mardi 6 octobre.
Quels blocages sont possibles en Loire-Atlantique ?
Des appels à poursuivre les blocages et les rassemblements ont été lancés au niveau national pour lundi et surtout mardi. À Nantes, la mobilisation a déjà concerné plusieurs établissements au cours de la semaine précédente, notamment Clemenceau, Nelson-Mandela, Guist’hau, les Bourdonnières et d’autres lycées de l’agglomération.
En Loire-Atlantique, des rassemblements avaient aussi eu lieu à Rezé, Saint-Nazaire et Pornic. Cela ne signifie pas que tous ces établissements seront à nouveau bloqués le 6 octobre : les actions peuvent évoluer jusqu’au dernier moment et dépendent des assemblées locales.
À ce stade, il faut donc distinguer trois niveaux d’information :
- fermetures confirmées : notamment les douze lycées privés de Nantes Métropole lundi et mardi, ainsi que Nelson-Mandela pour une durée plus longue ;
- décisions au cas par cas : pour les lycées publics, selon les conditions de sécurité et les décisions des directions ;
- blocages ou rassemblements possibles : ils dépendent des appels locaux et peuvent se décider très tardivement.
Nantes Université : plusieurs campus fermés jusqu’à mardi inclus
La mobilisation dépasse les seuls lycées. Nantes Université a annoncé la fermeture de plusieurs campus nantais, dont le Tertre et Lombarderie, jusqu’à mardi inclus. Les étudiants et personnels doivent consulter les informations diffusées par l’Université avant de se déplacer.
Cette extension du mouvement à l’enseignement supérieur s’inscrit dans une mobilisation nationale soutenue par plusieurs organisations étudiantes.
Transports à Nantes : des perturbations restent possibles mardi
Les précédentes journées de mobilisation ont fortement perturbé le réseau Naolib, parfois avec des coupures de tramway ou des déviations de lignes en fonction des rassemblements.
Dimanche soir, le bulletin public d’information trafic de Naolib ne faisait pas encore apparaître de dispositif spécifique lié à la mobilisation du 6 octobre. Cela ne garantit pas un fonctionnement normal mardi : des adaptations peuvent être décidées en temps réel selon les manifestations, blocages ou interventions de sécurité.
Les voyageurs ont donc intérêt à consulter l’information trafic Naolib juste avant leur départ et à prévoir une marge supplémentaire, en particulier dans le centre de Nantes et autour des établissements mobilisés.
Une mobilisation nationale qui doit atteindre un nouveau pic mardi
La situation en Loire-Atlantique s’inscrit dans un mouvement beaucoup plus large. Les organisations lycéennes ont appelé à poursuivre la mobilisation le 6 octobre dans toute la France. Les syndicats de personnels et plusieurs fédérations de parents ont rejoint cet appel.
À l’échelle nationale, entre 400 et 500 lycées doivent rester totalement ou partiellement fermés lundi 5 octobre par mesure de précaution, selon les informations communiquées dimanche soir. De nouveaux appels au blocage circulent parallèlement pour mardi.
Les revendications portent notamment sur le remplacement des enseignants absents, les effectifs dans les classes, les moyens humains, l’état des bâtiments, les emplois du temps et les conditions d’accès à l’enseignement supérieur. Parcoursup fait également partie des sujets régulièrement cités par les organisations lycéennes.
Le gouvernement annonce cinq chantiers et des premières décisions avant fin octobre
Dimanche 4 octobre au soir, le Premier ministre Sébastien Lecornu a demandé à plusieurs ministres d’engager cinq chantiers en réponse aux difficultés remontées par les lycéens et les personnels.
Ils concernent notamment le remplacement des absences longues et des postes non pourvus, la rénovation et les conditions matérielles des lycées, l’organisation des journées scolaires, la transparence de l’orientation et de Parcoursup, ainsi que la place de la parole lycéenne dans les établissements.
Le Premier ministre demande que les cours reprennent dès lundi partout où la sécurité et l’état des locaux le permettent. Un premier bilan sur les remplacements est attendu le 16 octobre et les premières décisions doivent être présentées avant la fin du mois.
Ces annonces arrivent à la veille de la journée de mobilisation du 6 octobre. Elles ne signifient donc pas nécessairement une baisse immédiate de la mobilisation, les organisations appelantes réclamant des mesures concrètes et rapides.
Ce qu’il faut vérifier avant de partir lundi et mardi
- les messages Pronote, EcoleDirecte ou ceux envoyés directement par l’établissement ;
- les annonces du rectorat et de la direction du lycée ;
- l’information trafic Naolib avant chaque déplacement ;
- les éventuelles consignes de cours à distance ;
- les informations de Nantes Université pour les étudiants concernés ;
- les mises à jour préfectorales en cas de nouvelles restrictions autour des établissements.
La journée du mardi 6 octobre s’annonce donc comme un nouveau temps fort de la mobilisation en Loire-Atlantique. Entre établissements fermés, grève de personnels, cours à distance, rassemblements et blocages possibles, la situation pourra évoluer rapidement pendant les prochaines 48 heures.
Sources vérifiées au 4 octobre 2026 au soir : CGT Éduc’action Académie de Nantes, SNES-FSU, intersyndicale de l’Éducation, FCPE, préfecture de Loire-Atlantique, rectorat de l’académie de Nantes, Nantes Université, Région Pays de la Loire, Naolib, LCP, TF1-LCI et presse locale. Photo d’illustration : façade du lycée Georges-Clemenceau à Nantes, Chabe01 / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0.
Dernière étape : indique ton email puis clique sur « Envoyer » pour transmettre ton avis à la rédaction.
S’abonner à Infos Média Nantes
Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.




