Nantes–Saint-Nazaire : pourquoi l’École de la deuxième chance est menacée malgré 250 jeunes accompagnés par an

Jeunes adultes travaillant ensemble dans un espace de formation
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Jeudi 1 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


L’École de la deuxième chance Nantes–Saint-Nazaire accompagne chaque année environ 250 jeunes éloignés de l’emploi ou de la formation. Son avenir est pourtant fragilisé par la réorientation des financements régionaux. Nantes Métropole doit examiner ce 2 octobre une subvention exceptionnelle de 105 000 euros.

Créée en 2010, l’E2C s’adresse à des jeunes de 16 à 30 ans sans emploi ou sans formation correspondant à leur projet.

À quoi sert une École de la deuxième chance ?

Une E2C ne fonctionne pas comme un lycée classique. Chaque jeune construit un parcours individualisé avec des remises à niveau, des ateliers, des périodes en entreprise et un accompagnement social.

L’objectif est de retrouver progressivement une formation, un contrat ou un emploi. Le parcours peut aussi permettre de régler des freins très concrets comme la mobilité, le logement, la confiance en soi ou la définition d’un projet professionnel.

Un financement devenu plus fragile

Selon Nantes Métropole, la Région Pays de la Loire a supprimé une subvention annuelle de fonctionnement de 254 000 euros et réoriente ses crédits vers le dispositif « Un emploi, une formation ».

À partir du 31 décembre 2026, l’indemnité de formation professionnelle versée aux stagiaires, de l’ordre de 400 à 500 euros selon les situations, doit également cesser dans le cadre actuel.

105 000 euros proposés par Nantes Métropole

La Métropole finance déjà l’E2C à hauteur de 290 000 euros en 2026. La subvention exceptionnelle soumise au conseil du 2 octobre porterait sa contribution à 395 000 euros.

Saint-Nazaire Agglo participe de son côté à hauteur de 90 000 euros, le Département de Loire-Atlantique à hauteur de 130 000 euros et l’État à hauteur de 424 000 euros. Le budget annuel de la structure est estimé à environ 1,4 million d’euros, complété notamment par la taxe d’apprentissage.

Pourquoi l’indemnité des jeunes compte aussi

Pour un stagiaire, quelques centaines d’euros peuvent financer les transports, un permis de conduire, des repas ou une partie du logement. La disparition de cette indemnité peut donc devenir un obstacle à l’entrée ou au maintien dans le parcours.

C’est l’une des particularités des dispositifs d’insertion : leur efficacité dépend autant de l’accompagnement pédagogique que de la capacité à résoudre les difficultés quotidiennes.

La décision du 2 octobre ne règle pas tout

Une aide exceptionnelle peut permettre de maintenir l’activité à court terme, mais elle ne remplace pas un modèle de financement durable. Les collectivités devront donc continuer à rechercher une solution pour les exercices suivants.

Le résultat du vote métropolitain et les décisions des différents financeurs permettront de préciser la trajectoire de l’E2C pour 2027.

Sources : Nantes Métropole et E2C Nantes–Saint-Nazaire.

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