Saint-Brevin-les-Pins : une étude environnementale lancée pour l’ancienne décharge littorale du Bodon

Fête du jour

Chargement…

Citation du jour

Chargement…

Événement du jour

Chargement…

À Saint-Brevin-les-Pins, le dossier de l’ancienne décharge littorale du Bodon avance. Le conseil municipal a approuvé le lancement et l’attribution d’une étude environnementale préalable à la dépollution du site.

Située en bordure de Loire, cette ancienne zone de dépôt suscite des inquiétudes depuis plusieurs années. L’érosion du littoral et les tempêtes ont fragilisé la berge, laissant apparaître des déchets enfouis.

Le site fait partie des décharges littorales historiques identifiées dans le cadre du plan national de résorption lancé en 2022.

Une ancienne décharge exploitée pendant près de trente ans

La décharge du Bodon a été utilisée comme dépôt d’ordures ménagères entre 1953 et 1982. Elle a ensuite servi de site pour des déchets verts.

D’après les éléments présentés localement, environ 40 000 m³ de déchets hétérogènes seraient présents sur place. Le site renferme notamment des gravats, plastiques, polystyrène, éléments d’électroménager et pièces automobiles.

Cette situation pose un risque environnemental particulier. En cas de recul de la berge, des déchets peuvent être remis à nu et rejoindre l’estuaire de la Loire.

Un site inscrit dans le plan national de résorption

La décharge du Bodon figure parmi les sites sensibles suivis au niveau national. Le plan de résorption des décharges littorales historiques vise à réduire les rejets de déchets, notamment plastiques, vers les milieux naturels et la mer.

Ce plan mobilise plusieurs opérateurs publics, dont le Cerema, l’Ademe et le BRGM. Il accompagne les collectivités concernées dans l’analyse des risques, le choix des solutions techniques et le montage financier des opérations.

Au niveau national, 70 décharges ont été retenues dans ce plan, sur 110 sites identifiés par le BRGM.

Des tempêtes qui fragilisent régulièrement la berge

Le problème s’est fortement accentué après les tempêtes de l’hiver 2023, notamment Ciaran. La berge a été fragilisée, avec des déchets visibles à proximité de la Loire.

En mars 2024, une mobilisation citoyenne avait réuni une cinquantaine de bénévoles pour nettoyer les plages avant de fortes marées. La commune avait ensuite engagé des travaux de consolidation de la berge.

Ces travaux avaient été validés par le Cerema. Cependant, la situation reste fragile. En mars 2026, deux nouvelles brèches se sont formées, entraînant à nouveau la dispersion de détritus vers le fleuve.

Une étude confiée à Artelia

Lors du conseil municipal du lundi 29 juin 2026, les élus de Saint-Brevin-les-Pins ont acté l’attribution d’une étude historique, documentaire et de vulnérabilité du site. Elle comprendra aussi un diagnostic environnemental.

Le marché a été attribué à la société Artelia pour un montant de 197 395 € au titre de la tranche ferme.

L’objectif est de mieux connaître l’histoire du site, la nature des déchets présents, les risques pour les milieux et les scénarios possibles pour une dépollution adaptée.

Des tranches optionnelles pourront être engagées selon les résultats obtenus. Elles dépendront notamment des éléments découverts lors des investigations.

L’Ademe finance presque toute l’étude

La commune bénéficiera d’un accompagnement financier important de l’Ademe. Selon Thierry Deville, adjoint à l’environnement et au littoral, l’agence doit prendre en charge la quasi-totalité du coût de l’étude.

Le reste à charge pour la commune est annoncé à 4 %. Cette aide s’inscrit dans la logique du plan national, qui vise à soutenir les collectivités confrontées à des anciennes décharges littorales menacées par l’érosion.

À ce stade, la municipalité ne fixe pas encore de calendrier précis pour une résorption complète du site.

Un comité de pilotage attendu d’ici la fin de l’année

Un comité de pilotage doit être créé d’ici la fin de l’année. Il sera composé de plusieurs élus du conseil municipal.

Ce Copil devra suivre l’avancement de l’étude et préparer l’analyse des résultats. Il pourra aussi travailler sur les premières orientations à mettre en place avant la fin complète du diagnostic.

Selon Thierry Deville, l’étude part sur une base d’environ douze mois. Toutefois, le comité pourra se réunir plus tôt, dès que les premiers éléments exploitables seront disponibles.

Une dépollution suspendue aux conclusions du diagnostic

La résorption durable de la décharge du Bodon dépendra désormais des conclusions de l’étude. Elles devront permettre de choisir les solutions les plus adaptées au site, à son environnement et aux risques identifiés.

En attendant, le site reste exposé aux épisodes de tempête, aux fortes marées et à l’érosion. Ces phénomènes peuvent provoquer de nouvelles ouvertures dans la berge et entraîner des déchets vers la Loire.

Pour Saint-Brevin-les-Pins, l’enjeu est donc double : sécuriser rapidement les abords du site et préparer une dépollution capable de répondre durablement à cette pollution littorale héritée du passé.

Ton avis sur cet article

S’abonner à Infos Média Nantes

Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.