À Belligné, une station d’épuration doit accueillir du solaire flottant et des panneaux verticaux

Station d'épuration à Houplin-Ancoisne, photographie d'illustration du traitement des eaux usées, sans lien avec le chantier solaire prévu à Belligné
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Dimanche 11 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


À Belligné, commune déléguée de Loireauxence, une station d’épuration doit produire de l’électricité solaire sans perdre sa fonction de traitement des eaux usées. Le projet prévoit d’associer des panneaux photovoltaïques verticaux bifaciaux à des dispositifs flottants. Il fait partie de quatre expérimentations sélectionnées en Loire-Atlantique dans le cadre du programme européen ResNRJwater.

Le dossier est documenté par deux décisions municipales de février et mars 2026, ainsi que par un marché de travaux dont les entreprises pressenties ont été annoncées en juin. La mise en service effective des installations reste toutefois à confirmer.

Belligné : des panneaux au-dessus et à proximité des bassins

Le projet concerne la station d’épuration de Belligné, chemin de la Saulaie, sur une partie de la parcelle cadastrale 011 ZV 271. Le terrain appartient à la commune de Loireauxence. La Communauté de communes du Pays d’Ancenis (COMPA) assure la gestion du service d’assainissement.

Les études de Territoire d’énergie Loire-Atlantique (TE44) et de sa société d’économie mixte EnR44 ont retenu ce site pour sa capacité à accueillir différentes solutions solaires. Les panneaux verticaux bifaciaux peuvent capter la lumière sur leurs deux faces. Les systèmes flottants, eux, doivent utiliser une surface en eau sans imposer la même emprise au sol qu’une centrale classique.

Ces dispositifs ont une finalité commune : exploiter des espaces disponibles sans gêner le fonctionnement de l’assainissement. Le dossier municipal indique expressément que l’activité première de traitement des eaux usées doit être préservée.

Une production prévisionnelle de 150 MWh et une énergie consommée près de chez soi

Le procès-verbal du conseil municipal du 9 mars 2026 évoque une production attendue de 150 mégawattheures, équivalant, selon ses hypothèses, à la consommation de 60 ménages hors chauffage et eau chaude. Il s’agit d’une estimation technique, et non d’un relevé de production déjà mesuré.

Le projet doit aussi servir à organiser une autoconsommation collective. Concrètement, l’électricité produite pourrait alimenter plusieurs bâtiments communaux ou intercommunaux, et non uniquement la station d’épuration. Les premières études estiment qu’elle pourrait couvrir environ 18 % des consommations électriques annuelles communales, sous réserve de la réalisation des installations et des accords de partage.

Le conseil municipal a approuvé le 9 mars le principe de ce dispositif. Sa mise en œuvre opérationnelle nécessite toutefois une convention d’autoconsommation et un contrat organisant la répartition de l’électricité.

Quatre projets en Loire-Atlantique, pas neuf centrales

ResNRJwater rassemble neuf partenaires européens qui travaillent sur les économies d’énergie et les énergies renouvelables liées à l’eau. En Loire-Atlantique, ce sont quatre projets pilotes photovoltaïques qui ont été annoncés pour les zones rurales.

Le programme prévoit de comparer plusieurs solutions : panneaux flottants, ombrières au-dessus des bassins, suiveurs solaires qui s’orientent selon la lumière et panneaux verticaux bifaciaux. Belligné est l’un de ces quatre sites, selon une délibération municipale de février. Les communes des trois autres projets ne sont pas toutes identifiées dans les documents publics vérifiés.

L’objectif est de déterminer quelles technologies fonctionnent réellement sur les installations d’assainissement, puis de construire des méthodes transférables à d’autres collectivités. Le présentation officielle d’EnR44 détaille les quatre familles de dispositifs.

Financement européen et location du terrain communal

Les investissements des projets sont annoncés comme financés à 60 % par le programme européen Interreg, les 40 % restants étant pris en charge par la SEM EnR44. Celle-ci doit porter l’investissement, puis l’exploitation et la maintenance des installations.

Le 9 février, le conseil municipal de Loireauxence a approuvé une promesse de bail sur une partie du foncier de la station. Le bail définitif envisagé dure 30 ans, avec une redevance annuelle prévisionnelle d’environ 130 € HT, déterminée selon la puissance finalement autorisée. Sa signature reste subordonnée notamment aux autorisations et au maintien des financements.

Les explications et les conditions sont consignées dans le procès-verbal officiel du 9 février et la délibération du 9 mars.

Où en sont les travaux à l’automne 2026 ?

Un avis daté du 15 juin 2026 identifie les candidats retenus pour les différents lots du marché ResNRJwater : Heliorec pour les équipements flottants, Ensio pour les suiveurs solaires et Énergies de Loire pour les ombrières et panneaux verticaux. L’avis prévoyait alors la signature des marchés après un délai de transparence.

Cette étape administrative ne confirme pas que les centrales sont déjà construites, raccordées ou en service. Le calendrier initial visait des travaux en 2026. La date réelle de démarrage et les premiers résultats de production devront être confirmés auprès de TE44, EnR44 et de la commune.

La station d’épuration de Belligné n’est pas annoncée comme un site de visite publique. Pour suivre les informations officielles, les habitants peuvent consulter la commune de Loireauxence ou les projets solaires d’EnR44.

Photo d’illustration : véritable station d’épuration photographiée à Houplin-Ancoisne (Nord), le 20 juin 2025. Ce visuel ne montre pas la station de Belligné ni les équipements solaires envisagés. © Velvet / Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 ; image recadrée. Photographie originale et licence.

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