AVC à Nantes : reconnaître les signes d’alerte et comprendre la prise en charge au CHU

Hôpital Nord Laennec du CHU de Nantes à Saint-Herblain, établissement où se trouve l'unité neurovasculaire des AVC
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Lundi 26 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Une bouche qui se déforme brutalement, un bras qui ne répond plus, une parole soudain difficile à comprendre : ces signes peuvent annoncer un accident vasculaire cérébral (AVC). À Nantes comme ailleurs, le premier réflexe doit être d’appeler immédiatement le 15, ou le 112. Le centre de régulation médicale organise ensuite la prise en charge. Dans la métropole nantaise, l’hôpital Nord Laennec, à Saint-Herblain, dispose notamment d’une unité neurovasculaire spécialisée.

Reconnaître les signes : chaque minute compte

Un AVC survient lorsqu’une partie du cerveau ne reçoit plus suffisamment de sang, le plus souvent à cause d’une artère bouchée. Il peut aussi être provoqué par la rupture d’un vaisseau sanguin. Dans les deux cas, le cerveau peut subir rapidement des lésions et une intervention précoce améliore les possibilités de récupération.

Les symptômes apparaissent généralement de façon soudaine. Une déformation du visage est un signe majeur : lorsque la personne sourit, un côté de la bouche peut rester immobile. Une faiblesse d’un bras ou d’une jambe, parfois associée à une perte de sensibilité d’un seul côté du corps, doit également alerter.

Un trouble de la parole peut se traduire par des phrases incompréhensibles, une difficulté à trouver les mots ou l’impossibilité de comprendre ce que dit un proche. Une perte brutale de la vision, une vision double, des troubles de l’équilibre ou un mal de tête exceptionnellement violent sont aussi des signaux possibles.

Le CHU de Nantes propose de retenir le mot VITE : Visage paralysé, Inertie d’un membre, Trouble de la parole ou de la vision et En urgence, appeler le 15. Aucun de ces signes ne permet à lui seul de poser le diagnostic ; ils justifient en revanche une évaluation médicale immédiate.

Pourquoi appeler le 15 plutôt que se rendre directement à l’hôpital ?

Le service d’aide médicale urgente (SAMU) évalue la situation dès l’appel. Le médecin régulateur peut déterminer les moyens de secours adaptés et orienter le patient vers un établissement disposant des ressources nécessaires. Cette organisation permet aussi de prévenir l’équipe hospitalière, notamment lorsqu’un examen d’imagerie ou un traitement urgent doit être organisé.

Pour la métropole nantaise, l’unité neurovasculaire du CHU de Nantes accueille des patients en urgence, 24 heures sur 24, après régulation par le centre 15. Il ne faut donc pas chercher à entrer directement dans ce service sans avoir demandé l’avis des secours.

Le 112 est également accessible en cas d’urgence. Pour les personnes sourdes, malentendantes ou ayant des difficultés à parler et qui ne peuvent téléphoner, le 114 permet d’alerter les secours par des moyens adaptés.

Même lorsque les symptômes disparaissent en quelques minutes, il faut appeler. Cette situation peut correspondre à un accident ischémique transitoire (AIT), qui constitue un signal d’alerte sérieux avant un possible AVC.

Que faire en attendant les secours ?

La première information utile est l’heure à laquelle les symptômes ont commencé, ou la dernière heure à laquelle la personne était encore dans son état habituel. Cet horaire participe au choix des traitements. Si quelqu’un assiste à l’apparition des troubles, il doit noter l’heure avec précision et la communiquer au SAMU.

  • Appeler immédiatement le 15 ou le 112, même au moindre doute.
  • Décrire les symptômes et indiquer l’adresse précise, l’étage et les moyens d’accès si nécessaire.
  • Installer la personne confortablement, assise ou allongée selon les instructions reçues. En cas de troubles de la conscience, suivre les consignes du régulateur, notamment concernant la position latérale de sécurité.
  • Ne rien faire boire ni manger et ne donner aucun médicament, y compris un traitement habituel, sans instruction médicale.
  • Préparer les ordonnances et les informations sur les traitements, notamment les anticoagulants, si ces éléments sont disponibles.

Il ne faut pas attendre que la personne « récupère » ni supposer que les troubles viennent simplement de la fatigue. Le centre 15 peut répondre au doute et organiser le bilan utile.

À Saint-Herblain, une unité neurovasculaire dédiée au CHU

L’unité spécialisée se trouve à l’hôpital Nord Laennec, boulevard Jacques-Monod, à Saint-Herblain, au quatrième étage de l’aile ouest. Le CHU indique qu’elle dispose de 11 lits de soins conventionnels, 12 lits de soins intensifs et 2 lits consacrés aux AIT et céphalées dans ce secteur. Huit lits de soins conventionnels supplémentaires sont situés au cinquième étage, aile nord.

Les équipes associent notamment neurologues, infirmiers, professionnels de rééducation et spécialistes du parcours de soins. Les premiers examens visent à distinguer un AVC ischémique, lié à une artère obstruée, d’un AVC hémorragique, provoqué par un saignement. Les décisions thérapeutiques dépendent de cette distinction, de l’imagerie et de l’état du patient.

Le traitement peut comprendre une thrombolyse, médicament destiné à dissoudre certains caillots, dont l’efficacité est particulièrement liée à une administration précoce. Dans des situations sélectionnées, une thrombectomie mécanique peut permettre de retirer le caillot à l’aide d’un dispositif introduit dans les vaisseaux. D’autres cas nécessitent un traitement du saignement ou de ses conséquences.

Ces possibilités ne sont pas accessibles à tous les patients. Le type d’AVC, les délais, les contre-indications et les résultats des examens déterminent la conduite à tenir.

Après l’urgence : récupération, prévention et accompagnement

La prise en charge ne s’arrête pas avec le traitement initial. Certaines personnes présentent des difficultés de déplacement, de langage, de mémoire ou de déglutition. Une rééducation peut être nécessaire, dans le service ou dans une structure spécialisée avant le retour à domicile.

Le CHU de Nantes indique proposer un accompagnement pluridisciplinaire ainsi qu’un programme d’éducation thérapeutique pour les personnes ayant subi un AVC ou un AIT. L’objectif est de comprendre les traitements, de retrouver autant d’autonomie que possible et de limiter le risque d’une récidive.

La prévention passe notamment par le suivi de la tension artérielle, du diabète, du cholestérol et des éventuels troubles du rythme cardiaque. L’arrêt du tabac, une activité physique adaptée et la prise correcte des traitements prescrits peuvent aussi contribuer à réduire certains risques.

Les coordonnées et réflexes à retenir

  • Suspicion d’AVC : appeler immédiatement le 15 ou le 112.
  • Urgence et difficultés à entendre ou parler : 114.
  • Service spécialisé : unité neurovasculaire, hôpital Nord Laennec, boulevard Jacques-Monod, Saint-Herblain.
  • Accès au service : admission d’urgence organisée par la régulation médicale ; ne pas se présenter directement sans consigne.
  • Information officielle : unité neurovasculaire du CHU de Nantes et conseils d’urgence de l’Assurance maladie.

Un signe soudain doit donc déclencher un appel, sans attendre de savoir si les symptômes vont passer. Ce réflexe permet d’activer le parcours de soins adapté le plus rapidement possible.

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