À Nantes, des policiers municipaux réquisitionnés par huissier avant un nouveau débrayage

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Le mouvement social se poursuit au sein de la police municipale de Nantes. Des agents réclament toujours l’autorisation de porter une arme létale, dans un contexte marqué par plusieurs fusillades mortelles dans la ville.

Un nouveau débrayage était prévu samedi 27 juin. Toutefois, trois policiers municipaux ont reçu la visite d’un huissier à leur domicile, la veille au soir, afin de leur notifier leur réquisition.

Le syndicat Force ouvrière dénonce une atteinte au droit de grève. De son côté, la Ville de Nantes met en avant la continuité d’un service jugé nécessaire.

Un débrayage ciblé sur le marché Gloriette

Les policiers municipaux mobilisés avaient choisi une mission précise. Le mouvement devait toucher la mise en fourrière des véhicules gênants avant l’installation du marché Gloriette.

Cette opération se déroule tôt le matin. Elle permet de libérer l’espace nécessaire aux commerçants, avant l’ouverture du marché.

Selon les éléments disponibles, cette mission mobilise habituellement sept policiers municipaux. Le débrayage devait donc peser sur une tâche très concrète du service.

Trois agents réquisitionnés à domicile

La Ville de Nantes a été informée du mouvement annoncé. Elle a alors mandaté un huissier pour notifier une réquisition à plusieurs agents.

Trois policiers municipaux ont reçu cette notification vendredi soir, à leur domicile. Ils devaient donc assurer leur service malgré le débrayage prévu le lendemain.

Force ouvrière conteste cette méthode. Le syndicat estime que la collectivité a franchi une limite en faisant intervenir un huissier au domicile des agents.

FO dénonce une atteinte au droit de grève

Pour le syndicat, cette réquisition porte atteinte à un droit fondamental. Les agents publics peuvent exercer le droit de grève, même si celui-ci connaît des limites dans la fonction publique.

La réglementation impose en effet de concilier ce droit avec la continuité du service public. Dans les collectivités territoriales, certaines restrictions peuvent être mises en place pour des services considérés comme indispensables.

Le sujet reste donc sensible. La police municipale fait partie des services pouvant justifier une organisation particulière en cas de grève. Cependant, toute restriction doit rester proportionnée et contrôlable juridiquement.

Une revendication autour des armes létales

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un mouvement plus large. Depuis plusieurs semaines, des policiers municipaux nantais réclament l’équipement en armes létales.

Leur demande a pris de l’ampleur après une série de fusillades mortelles à Nantes. Les agents mobilisés estiment que leurs missions les exposent davantage qu’auparavant.

Actuellement, la police municipale de Nantes agit sous l’autorité de la maire. La Ville rappelle sur son site que ce service intervient en matière de tranquillité et de sécurité publique.

L’armement d’une police municipale relève d’un cadre strict. Une autorisation individuelle de port d’arme peut être accordée par le préfet, mais seulement après une demande motivée du maire pour des agents nommément désignés.

Un débat local relancé par les violences armées

À Nantes, la question de l’armement de la police municipale revient régulièrement dans le débat public. Elle oppose deux visions de la sécurité locale.

D’un côté, les agents mobilisés demandent des moyens supplémentaires pour intervenir dans une ville où les épisodes de tirs se sont multipliés. De l’autre, la majorité municipale défend une police municipale de proximité, sans arme à feu.

La mobilisation du 12 juin avait déjà rassemblé des policiers municipaux devant l’hôtel de ville. Le mouvement du 27 juin marque donc une nouvelle étape dans le bras de fer entre les agents grévistes et la collectivité.

Le sujet a-t-il évolué ?

À ce stade, aucune annonce officielle ne confirme un changement de position de la Ville de Nantes sur l’armement létal de sa police municipale.

Les informations disponibles montrent plutôt une poursuite du conflit social. La revendication des agents reste la même, tandis que la collectivité cherche à assurer certaines missions pendant les débrayages.

Le recours à une notification par huissier donne une nouvelle dimension au dossier. Il pourrait aussi nourrir le débat juridique et politique autour de l’encadrement du droit de grève dans les services municipaux de sécurité.

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