Pêche dans l’estuaire de la Loire : 10 millions d’euros pour accompagner les sorties de flotte

Pibalour, filet utilisé pour la pêche professionnelle à la civelle, photographié en 2010 sur la Sèvre Niortaise, en limite Vendée et Charente-Maritime ; archive documentaire
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Lundi 26 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Un dispositif national de 10 millions d’euros est ouvert depuis le 28 octobre 2026 pour accompagner les professionnels de la pêche aux poissons migrateurs qui souhaitent cesser leur activité. Les pêcheurs concernés dans l’estuaire de la Loire et sur la façade atlantique ont jusqu’au 30 novembre à 15 h pour déposer un dossier auprès de FranceAgriMer.

Un plan volontaire pour les pêcheurs de poissons migrateurs

Le ministère chargé de la Mer et de la Pêche a annoncé l’ouverture d’un plan de sortie de flotte pour les professionnels actifs sur les espèces amphihalines. Ce terme désigne des poissons qui circulent, au cours de leur cycle de vie, entre la mer et les eaux douces.

Parmi les espèces concernées figurent les anguilles, les saumons, les lamproies et les aloses. Certaines de ces pêcheries sont présentes dans l’estuaire de la Loire, où les professionnels dépendent des saisons, des conditions hydrologiques et des règles de conservation des ressources.

Le plan repose sur le volontariat : il ne constitue pas une interdiction générale de la pêche. Il vise les armateurs répondant aux critères de dépendance économique établis avec les représentants de la profession.

Comment fonctionnent les indemnisations ?

Les critères d’éligibilité et les barèmes ont été négociés pendant plus d’un an pour tenir compte des particularités des pêches saisonnières. Les dossiers sont instruits au fil des dépôts. Les dossiers complets et éligibles seront indemnisés par ordre d’arrivée, avec des paiements qui pourront s’étaler jusqu’en 2027.

L’enveloppe nationale de 10 millions d’euros représente le budget global du dispositif. Elle ne correspond pas à une somme attribuée automatiquement à chaque entreprise, ni à un montant réservé à la seule Loire-Atlantique.

Les professionnels doivent consulter les critères détaillés auprès de FranceAgriMer avant d’engager leurs démarches. La date limite annoncée est le lundi 30 novembre 2026 à 15 h, et non simplement la fin de la journée.

Pourquoi l’État propose-t-il ces cessations d’activité ?

Le dispositif s’inscrit dans un plan d’action de protection des poissons migrateurs. L’anguille européenne, notamment, est considérée comme une espèce en danger critique d’extinction. Ces poissons subissent diverses pressions : obstacles aux migrations, dégradation des milieux aquatiques, changements de disponibilité en eau et prélèvements.

La réduction de certaines capacités de pêche doit contribuer à limiter une partie de ces pressions. Elle ne dispense pas des autres mesures nécessaires à la restauration des milieux et de la continuité écologique des cours d’eau.

En Loire-Atlantique, la réduction de la saison de pêche de l’alose et de la lamproie illustre déjà les ajustements imposés à ces activités. En Vendée, la mortalité des anguilles après les épisodes de sécheresse rappelle aussi les enjeux écologiques.

Les démarches et le calendrier

Qui peut candidater ? Les pêcheurs professionnels d’espèces amphihalines remplissant les conditions du dispositif. Où ? Sur la plateforme dématérialisée de FranceAgriMer. Date limite : 30 novembre 2026 à 15 h. Budget national : 10 millions d’euros.

La publication officielle du ministère précise l’ouverture du guichet et les principes du plan. Un dispositif comparable destiné aux pêcheurs professionnels en eau douce doit être ouvert ultérieurement.

Illustration documentaire : pêche à la civelle avec un pibalour, photographié en 2010 sur la Sèvre Niortaise, entre Vendée et Charente-Maritime (et non dans l’estuaire de la Loire). Photo : Jean-Pierre Bazard / Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0, recadrée.

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