Loireauxence : l’arrêt du projet Territoires zéro chômeur relance le débat sur l’emploi local

Habitants et responsables du projet Territoires zéro chômeur de Loireauxence réunis devant une salle


Le projet Territoires zéro chômeur de longue durée (TZCLD), engagé depuis plusieurs années à Loireauxence, est au cœur d’un débat local. Des participants et soutiens du dispositif contestent la décision annoncée par la municipalité d’y mettre un terme à la fin de 2026. Une pétition a été lancée pour défendre la démarche, destinée à permettre à des personnes durablement privées d’emploi de retrouver une activité utile au territoire.

Une expérimentation préparée depuis 2021

Loireauxence s’est engagée dans le projet après des ateliers participatifs organisés à partir de septembre 2021. Le conseil municipal a approuvé l’adhésion le 4 juillet 2022, ainsi que la création d’un comité local pour l’emploi. La commune a ensuite déposé un dossier de candidature en janvier 2024.

Une nouvelle étape est intervenue en mars 2025 avec l’habilitation du territoire à l’expérimentation nationale. Le projet prévoyait la création d’une entreprise à but d’emploi, baptisée ELICO. Son ambition était de proposer des contrats à durée indéterminée à temps choisi, dans des activités qui répondent à des besoins identifiés localement sans concurrencer les entreprises existantes.

Pourquoi le projet soulève-t-il des attentes ?

Le principe de TZCLD repose sur une idée simple : des personnes souhaitent travailler, tandis que des besoins du territoire ne sont pas couverts. L’expérimentation tente d’organiser leur rencontre. Elle s’adresse aux personnes privées durablement d’emploi, qu’elles soient ou non inscrites à France Travail, à condition qu’elles s’engagent volontairement.

Le parcours mobilise des collectivités, des acteurs économiques, des associations, des bénévoles et des habitants. Il demande du temps pour identifier les activités, organiser l’accompagnement, préparer une structure employeuse et assurer la complémentarité avec l’économie locale. La réussite ne se mesure donc pas uniquement au nombre de personnes déjà recrutées pendant la phase préparatoire.

La décision municipale contestée par des soutiens du dispositif

Une pétition diffusée en octobre 2026 indique que des bénévoles ont été reçus par le maire le 6 octobre et informés de l’arrêt du projet à la fin de l’année. Ses auteurs critiquent notamment les conditions de cette annonce et estiment que les efforts déjà réalisés doivent être pris en compte dans l’appréciation du dispositif.

Ils rappellent que l’expérimentation devait justement permettre de tester des solutions nouvelles pour l’emploi. De son côté, la municipalité a publié une communication sur ses orientations concernant TZCLD. L’enjeu est désormais de comprendre ce qu’il adviendra de la préparation engagée, des personnes mobilisées et des partenariats constitués.

Une décision d’arrêt local ne signifie pas à elle seule que tous les contrats ou structures du dispositif national sont supprimés. Les conséquences concrètes doivent être appréciées à l’échelle du projet de Loireauxence et de son état d’avancement.

Quelles conséquences pour les personnes concernées ?

Pour les habitants en recherche d’emploi, la principale question est celle de la suite donnée à leur accompagnement. Les participants s’étaient engagés dans des réunions, l’identification de compétences et la réflexion sur de futures activités. Il faudra déterminer si d’autres dispositifs d’insertion, de formation ou de retour à l’emploi pourront prendre le relais.

Pour les entreprises et associations, la question porte sur les services envisagés et les besoins locaux recensés. Certaines activités utiles au territoire pourraient toujours être développées par d’autres acteurs, même sans entreprise à but d’emploi.

Comprendre et suivre le dossier

Le projet a notamment concerné les quatre communes déléguées de Loireauxence : Varades, Belligné, La Chapelle-Saint-Sauveur et La Rouxière. Les échanges autour de TZCLD se sont tenus dans différents lieux du territoire, notamment à la Maison des solidarités de Varades.

Le débat ouvert en octobre dépasse le seul avenir d’une expérimentation : il interroge les moyens dont disposent les petites communes pour construire des parcours vers l’emploi, et la manière d’évaluer une initiative avant qu’elle ait atteint sa pleine activité.

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