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Crédit photo : Campus du Parti socialiste à Blois.
François Ruffin aux côtés d’Olivier Faure et de Johanna Rolland, débats sur la présidentielle de 2027, changement climatique et rupture avec le productivisme : la rentrée politique du Parti socialiste s’est jouée sur plusieurs fronts à Blois. La maire de Nantes y a notamment défendu une « social-écologie » associant transition environnementale et protection des travailleurs.
François Ruffin accueilli par Olivier Faure et Johanna Rolland à Blois
La rentrée politique de la gauche s’est poursuivie ce week-end à Blois. Le Parti socialiste y organisait son Campus 2026 les vendredi 28 et samedi 29 août, avec élus, militants, chercheurs, syndicalistes et représentants de plusieurs formations politiques.
Parmi les invités figurait François Ruffin. Le député de la Somme et candidat déclaré à l’élection présidentielle de 2027 est arrivé samedi aux côtés d’Olivier Faure et de Johanna Rolland, maire de Nantes et première secrétaire déléguée du Parti socialiste.
Le député était notamment attendu pour un débat consacré au travail. Sa présence avait aussi une portée politique à quelques semaines de la primaire organisée dans le pôle socialiste et social-démocrate.
Olivier Faure a publiquement salué son arrivée à Blois. François Ruffin ne participe pourtant pas, à ce stade, au processus de désignation retenu par le PS et ses partenaires.
Ruffin critique une primaire qu’il juge trop fermée
Devant la presse, François Ruffin n’a pas caché ses réserves sur le dispositif choisi pour préparer la présidentielle de 2027.
Le député défendait une primaire beaucoup plus large, capable de réunir différentes composantes de la gauche et des écologistes, notamment d’anciens membres de La France insoumise.
Il a ainsi comparé le processus actuel à l’entrée d’une boîte de nuit où un videur déciderait que certains participants n’ont pas « la bonne gueule » pour entrer.
François Ruffin a surtout dénoncé un « suffrage censitaire » et une démarche qu’il considère comme « presque antipopulaire ».
« On cherche à mettre un obstacle au vote des gens, plus qu’à les attirer. »
Selon lui, cette stratégie ne correspond pas à ce que devrait proposer la gauche. François Ruffin a directement associé Olivier Faure et Johanna Rolland à ce débat, estimant qu’ils étaient eux-mêmes conscients des limites du dispositif.
La question de l’unité de la gauche déjà au cœur de 2027
Derrière cette polémique se dessine l’un des principaux enjeux de la prochaine présidentielle : savoir jusqu’où les différentes forces de gauche pourront se rassembler.
François Ruffin refuse l’idée de « gauches irréconciliables » qui se partageraient, selon ses termes, un électorat comme des « parts de marché ».
Le processus actuellement défendu par le Parti socialiste doit permettre de désigner un candidat issu du pôle socialiste et de ses partenaires. Le PS avait validé cette stratégie en juillet après une consultation de ses militants.
François Ruffin défend, de son côté, une compétition plus ouverte à d’autres formations de gauche. Une orientation qu’Olivier Faure avait lui aussi défendue auparavant, tout comme plusieurs responsables écologistes.
À quelques mois de 2027, le débat sur le périmètre du rassemblement reste donc entier.
Johanna Rolland place la social-écologie au centre du débat
À Blois, Johanna Rolland n’est pas uniquement apparue aux côtés de François Ruffin et Olivier Faure. La maire de Nantes a également développé sa propre ligne politique sur la transition écologique.
Elle participait notamment à un échange consacré à une question devenue centrale pour les collectivités : « Sommes-nous prêts à un monde à +4 °C ? »
Pour Johanna Rolland, les épisodes climatiques de l’été ont montré l’écart entre les besoins des territoires et les moyens disponibles pour protéger les populations.
Elle défend ainsi le retour d’un « État stratège », capable de planifier les transformations écologiques et d’articuler son action avec les collectivités, les entreprises et les acteurs sociaux.
Mais la responsable socialiste insiste surtout sur une condition : la transition écologique ne pourra, selon elle, être menée contre les catégories populaires ou contre les salariés.
« On ne fera pas la transition sans les travailleuses et les travailleurs, sans les gens. »
« Protéger la planète en changeant la vie des gens »
Johanna Rolland défend ainsi une ligne qu’elle qualifie de « social-écologie ». L’objectif est de lier transformation environnementale et amélioration concrète des conditions de vie.
Pour la maire de Nantes, cette articulation entre question sociale et question écologique doit devenir l’un des marqueurs politiques du Parti socialiste.
« Le socialisme, c’est changer la vie des gens, protéger la planète en changeant la vie des gens. »
Cette orientation apparaît également dans le nouveau projet du PS. Celui-ci consacre notamment un chapitre à une « écologie populaire », pensée comme une transition accessible à tous et capable d’améliorer la vie quotidienne.
Une « rupture avec le productivisme » revendiquée par la maire de Nantes
Johanna Rolland est allée plus loin en insistant sur ce qu’elle considère comme une évolution importante du projet socialiste.
Selon elle, le texte adopté par les militants acte désormais clairement une « rupture avec le productivisme ».
La première secrétaire déléguée du PS souhaite que cette orientation survive à la compétition présidentielle qui s’ouvre à gauche.
« Je nous invite à rester fidèles à cette ligne de la social-écologie dont les Françaises et les Français ont besoin. »
Son message vise donc aussi les futurs candidats. Pour Johanna Rolland, la primaire et la présidentielle ne doivent pas conduire le Parti socialiste à abandonner les orientations adoptées dans son nouveau projet.
À Blois, la présidentielle de 2027 déjà omniprésente
Officiellement, le Campus socialiste devait permettre de travailler sur les grandes transformations politiques, sociales et environnementales. Le PS avait placé cette édition sous le thème « Choisir le monde qui vient ».
Les discussions sur la présidentielle de 2027 ont néanmoins occupé une place centrale durant ces deux journées.
Entre la contestation de François Ruffin sur le périmètre de la primaire, les ambitions des différents candidats et les orientations programmatiques défendues par Johanna Rolland, la rentrée de Blois a illustré les débats qui traversent actuellement la gauche.
Pour la maire de Nantes, l’enjeu dépasse cependant la seule désignation d’un candidat. Elle estime que ces rencontres doivent déboucher sur une orientation politique identifiable et, surtout, sur des décisions concrètes.
Une manière pour Johanna Rolland de placer la social-écologie, le rôle de l’État et la protection des travailleurs au cœur de la bataille politique qui s’annonce pour 2027.
Le programme et les orientations du Campus 2026 peuvent être consultés sur le site officiel du Parti socialiste.
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