Aéroports de Rennes et Nantes : la Bretagne pousse l’idée d’un réseau du Grand Ouest

Fête du jour

Chargement…

Citation du jour

Chargement…

Événement du jour

Chargement…

Le dossier aéroportuaire du Grand Ouest revient au centre du débat politique. En Bretagne, le président de Région Loïg Chesnais-Girard défend une stratégie de coopération renforcée entre les plateformes de Rennes, Nantes et Lorient.

Cette orientation intervient alors que la Région Bretagne propose de retenir le groupement Vinci Airports, CCI Ille-et-Vilaine et SEALAR pour exploiter les aéroports de Rennes et Dinard pendant vingt ans. Le choix doit encore être validé par les élus régionaux.

Le sujet dépasse donc la seule gestion de Rennes Bretagne. Il relance une question sensible : comment organiser le trafic aérien dans l’Ouest après l’abandon de Notre-Dame-des-Landes et alors que Nantes Atlantique reste engagé dans un long chantier de réaménagement.

Vinci proposé pour Rennes et Dinard

La Région Bretagne a annoncé son intention de confier la future concession des aéroports de Rennes et Dinard au groupement Vinci Airports, CCI Ille-et-Vilaine et SEALAR.

Le contrat prévu porterait sur une durée de vingt ans. Si les élus l’approuvent, il entrerait en vigueur le 1er janvier 2027.

La procédure avait opposé deux candidatures principales, dont Vinci et Eiffage. L’annonce du choix pressenti a provoqué des réactions politiques, notamment en raison de son calendrier. Selon les éléments communiqués, la Région Bretagne explique avoir officialisé sa position après la fuite du rapport d’analyse.

Pour l’exécutif régional, l’objectif est clair : renforcer l’attractivité de Rennes Bretagne et récupérer une partie des voyageurs d’Ille-et-Vilaine qui partent aujourd’hui depuis Nantes ou Paris.

Une stratégie pensée à l’échelle du Grand Ouest

Loïg Chesnais-Girard défend une lecture plus large du dossier. Son idée consiste à mieux articuler les aéroports de Rennes, Nantes et Lorient, plutôt que de les considérer comme des plateformes isolées.

Cette approche s’inscrit dans un contexte particulier. Le projet de nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes a été abandonné par l’État en janvier 2018. Depuis, Nantes Atlantique doit être modernisé sur son site actuel.

Le président de la Région Bretagne présente cette coopération comme une forme de réponse territoriale, sans création d’un nouvel aéroport. L’expression « Notre-Dame-des-Landes sans travaux » résume cette volonté de construire une organisation commune sans relancer un grand chantier d’infrastructure.

Le sujet reste toutefois politique. Une meilleure coordination entre plateformes ne signifie pas, à ce stade, une fusion juridique décidée entre les aéroports concernés. Les modalités concrètes devront encore être précisées.

Nantes Atlantique reste au cœur des tensions

La situation de Nantes Atlantique pèse fortement dans le débat. L’État porte toujours le réaménagement de l’aéroport nantais afin d’améliorer la qualité de service, l’accessibilité et la prise en compte des nuisances sonores.

Le site officiel du projet rappelle que le réaménagement doit répondre aux besoins de mobilité du Grand Ouest tout en limitant l’impact environnemental et les nuisances pour les riverains.

La Cour des comptes a également souligné les conséquences durables de l’abandon de Notre-Dame-des-Landes. Elle a pointé un cadre de concession devenu complexe, en raison du maintien de Nantes Atlantique après l’arrêt du projet initial.

Dans ce contexte, la montée en puissance de Rennes pourrait être présentée comme un levier de rééquilibrage. Elle pourrait aussi raviver les inquiétudes sur la place de Nantes dans l’organisation aéroportuaire régionale.

Un débat qui doit encore être tranché

La décision concernant Rennes et Dinard doit encore passer par les instances régionales. Les élus auront à se prononcer sur le choix du futur concessionnaire et sur la trajectoire proposée pour les vingt prochaines années.

Le débat devrait donc porter sur plusieurs enjeux : la transparence de la procédure, la place de Vinci, l’avenir de Rennes Bretagne, mais aussi l’équilibre avec Nantes Atlantique.

À court terme, aucune fusion opérationnelle entre Rennes, Nantes et Lorient n’est actée. En revanche, le sujet s’installe dans les discussions publiques. Il pose une question stratégique pour l’Ouest : faut-il renforcer chaque aéroport séparément ou organiser un réseau coordonné entre les plateformes existantes ?

La réponse dépendra des choix des collectivités, de l’État et des futurs concessionnaires. Elle devra aussi tenir compte des attentes des voyageurs, des riverains et des territoires concernés.

Ton avis sur cet article

S’abonner à Infos Média Nantes

Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.