Eau potable en Loire-Atlantique : le 1,2,4-triazole détecté dans plusieurs ressources

Verre rempli sous un robinet pour illustrer la qualité de l’eau potable
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Mercredi 7 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Un nouveau composé entre dans la surveillance de l’eau potable en Loire-Atlantique. Atlantic’eau a publié le 6 octobre 2026 les résultats de plusieurs campagnes d’analyses consacrées au 1,2,4-triazole, un métabolite commun à plusieurs fongicides. La molécule a été détectée sur huit des onze points de prélèvement étudiés.

Trois points ont connu au moins un dépassement ponctuel de la limite de qualité de 0,10 microgramme par litre. À Saffré, la valeur la plus élevée rapportée atteint 0,23 µg/L. Atlantic’eau annonce désormais un suivi mensuel de l’ensemble de ses ressources à partir d’octobre 2026.

Qu’est-ce que le 1,2,4-triazole ?

Le 1,2,4-triazole est un produit de dégradation, appelé métabolite, de plusieurs fongicides azolés utilisés notamment en agriculture. Certaines molécules de cette famille sont employées sur des cultures céréalières, des arbres fruitiers ou en maraîchage. Des antifongiques médicaux peuvent également contribuer à la présence de ce composé dans l’environnement.

En 2025, l’Anses a classé le 1,2,4-triazole parmi les métabolites pertinents pour l’eau potable. Atlantic’eau retient donc une limite de qualité de 0,10 µg/L.

Huit points sur onze concernés

Entre décembre 2025 et août 2026, Atlantic’eau a mené plusieurs campagnes sur les eaux brutes et les eaux traitées. Les analyses ont été confiées à un laboratoire accrédité afin de mesurer des concentrations très faibles.

Les résultats sont contrastés selon les ressources. Le composé a été détecté sur huit points sur onze. Des dépassements ponctuels de 0,10 µg/L ont été observés à Saint-Michel-Chef-Chef, Massérac et Saffré. À Saffré, la valeur maximale mesurée atteint 0,23 µg/L.

Un dépassement de qualité n’est pas synonyme de danger immédiat

La limite de qualité de 0,10 µg/L sert à piloter la surveillance et la gestion de l’eau potable. Son dépassement ne signifie pas automatiquement qu’une consommation ponctuelle présente un danger immédiat. Il déclenche en revanche une analyse renforcée de la situation et des mesures de gestion lorsque celles-ci sont nécessaires.

Le 1,2,4-triazole ne figure pas encore dans le programme de contrôle sanitaire obligatoire de l’ARS Pays de la Loire. Les recherches publiées par Atlantic’eau ont donc été menées volontairement, avec l’objectif d’anticiper l’évolution des concentrations.

Pourquoi le traitement de l’eau est compliqué

Atlantic’eau souligne que les filtres à charbon actif, pourtant utilisés contre de nombreux micropolluants, ne permettent pas d’éliminer efficacement cette molécule. L’osmose inverse peut offrir une efficacité partielle, mais elle représente un coût élevé et entraîne aussi une perte d’une partie de l’eau traitée.

La collectivité privilégie donc la prévention à la source. Elle souhaite identifier l’origine des contaminations et réduire l’usage des produits susceptibles d’alimenter la présence de métabolites dans les zones de captage.

Un suivi mensuel à partir d’octobre

Atlantic’eau prévoit désormais des analyses mensuelles sur l’ensemble des ressources de son territoire. L’enjeu sera de déterminer si les concentrations restent stables, progressent ou diminuent, et d’identifier les captages nécessitant une attention particulière.

Les résultats publiés par Atlantic’eau sont accessibles sur le site du service public de l’eau.

Sources : Atlantic’eau, Anses, Le Monde.

Ton avis sur cet article

S’abonner à Infos Média Nantes

Choisis tes rubriques et reçois nos actus hebdo.

INFOS MÉDIA NANTES