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Crédit photo : Planète Sauvage.
Le transfert semblait offrir une porte de sortie aux onze dauphins de Planète Sauvage, à Port-Saint-Père. Mais le ZooParc de Beauval vient d’abandonner son projet de centre consacré aux cétacés. À quelques mois de l’entrée en vigueur de nouvelles restrictions sur leur captivité en France, leur avenir redevient particulièrement incertain.
C’est un sérieux contretemps pour le parc animalier situé au sud de Nantes. Les onze dauphins de Planète Sauvage devaient rejoindre en 2027 le futur Centre d’Études, de Recherche Scientifique et de Sauvegarde pour Dauphins de Beauval.
Mardi 25 août, le ZooParc du Loir-et-Cher a finalement annoncé qu’il renonçait entièrement au projet.
Beauval abandonne un projet à 45 millions d’euros
Le projet avait pourtant beaucoup avancé. Sollicité par l’État, Beauval travaillait depuis plusieurs mois avec des scientifiques, vétérinaires, ingénieurs et architectes.
Le centre devait accueillir les onze dauphins de Planète Sauvage, mais également plusieurs animaux issus de Marineland d’Antibes.
Son ouverture avait initialement été envisagée au premier semestre 2027.
Mais le coût du projet a fortement augmenté. Initialement estimé entre 25 et 30 millions d’euros, il aurait finalement nécessité environ 45 millions d’euros.
Beauval évoque également les nombreux recours juridiques déposés contre le projet. Selon le parc, ces procédures créaient une incertitude incompatible avec un investissement de cette ampleur.
« Les conditions ne sont plus réunies pour mener à bien un projet de cette ampleur. »
Le ZooParc affirme notamment que ses partenaires financiers ne pouvaient pas s’engager tant que les recours n’étaient pas définitivement réglés.
Un coup dur pour Planète Sauvage près de Nantes
Pour Planète Sauvage, la décision bouleverse directement le calendrier envisagé pour sa Cité Marine.
Le parc de Port-Saint-Père avait décidé de se recentrer progressivement sur les espèces terrestres. Le transfert de ses onze dauphins vers Beauval constituait donc une étape importante de cette stratégie.
Beauval avait officiellement annoncé en novembre 2025 qu’il accueillerait l’ensemble du groupe nantais.
Cette solution devait également permettre aux animaux de rester en France.
Elle disparaît désormais sans qu’une autre destination ait, à ce stade, été annoncée pour les onze dauphins.
Pourquoi la situation devient urgente
Le calendrier réglementaire rend la situation particulièrement sensible.
La loi du 30 novembre 2021 sur la maltraitance animale prévoit, à partir du 2 décembre 2026, l’interdiction de la détention et de la reproduction des cétacés en captivité dans les conditions traditionnelles des delphinariums.
Des exceptions restent possibles dans certains refuges ou sanctuaires ainsi que dans le cadre de programmes scientifiques répondant aux conditions prévues par la réglementation.
Les spectacles avec des cétacés et les contacts directs avec le public sont également concernés par cette évolution législative.
Planète Sauvage présente encore actuellement ses dauphins dans sa Cité Marine. Le parc affiche d’ailleurs des présentations pédagogiques jusqu’à l’automne 2026.
L’abandon du projet de Beauval intervient donc à seulement quelques mois de cette échéance.
Le projet de Beauval n’était pas réellement un sanctuaire marin
Le terme de « sanctuaire » est parfois utilisé pour présenter le projet. Il mérite toutefois une précision.
Beauval prévoyait officiellement un Centre d’Études, de Recherche Scientifique et de Sauvegarde pour Dauphins.
Les animaux auraient toujours vécu dans de grands bassins spécialement aménagés. Le projet prévoyait parallèlement des activités scientifiques, vétérinaires et pédagogiques.
Des associations de défense animale contestaient justement ce modèle. Elles estimaient qu’il maintenait une forme de captivité des cétacés.
D’autres organisations, dont Sea Shepherd France à certaines étapes du dossier, considéraient au contraire le projet comme une solution transitoire réaliste pour des animaux nés ou ayant vécu de nombreuses années en captivité.
Que peut-il maintenant arriver aux onze dauphins ?
Plusieurs pistes sont théoriquement possibles, mais aucune n’est actuellement confirmée pour les animaux de Port-Saint-Père.
Un transfert vers un autre établissement européen
La première possibilité serait de trouver un autre établissement capable d’accueillir les onze dauphins.
Certains parcs européens disposent encore d’installations pour les cétacés. Plusieurs dauphins de Marineland ont ainsi été transférés en Espagne durant l’été 2026.
Une telle solution nécessiterait cependant des autorisations administratives, vétérinaires et sanitaires. Il faudrait également déterminer si les onze animaux peuvent rester ensemble.
Un véritable sanctuaire marin
Les associations favorables à la fin de la captivité défendent plutôt l’installation des dauphins dans des sanctuaires marins.
Ces espaces cherchent à offrir aux animaux une zone naturelle délimitée en mer, tout en maintenant une surveillance et des soins humains.
Le problème est aujourd’hui principalement opérationnel. Les projets disponibles en Europe restent peu nombreux et leurs capacités d’accueil sont limitées.
Transférer rapidement onze dauphins vivant ensemble vers un même sanctuaire apparaît donc particulièrement complexe.
Un maintien temporaire à Port-Saint-Père
Une autre hypothèse serait de conserver temporairement les animaux à Planète Sauvage dans le cadre d’un dispositif juridiquement compatible avec la nouvelle réglementation.
Cela supposerait toutefois que les conditions prévues par la loi et les futurs programmes scientifiques autorisés soient remplies.
Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que cette option sera retenue.
Les onze dauphins peuvent-ils simplement rester à Planète Sauvage ?
À long terme, le statu quo apparaît difficile.
Planète Sauvage a déjà annoncé sa volonté de se recentrer sur les animaux terrestres. Le parc avait précisément choisi Beauval comme destination pour ses cétacés.
Par ailleurs, la nouvelle législation française limite fortement la détention de dauphins à partir de décembre.
Les animaux ne pourront donc pas simplement continuer indéfiniment leur vie actuelle dans les mêmes conditions sans évolution juridique et scientifique du dispositif.
Un transfert particulièrement délicat
Déplacer onze dauphins ne ressemble pas à un transport classique d’animaux.
Chaque individu doit faire l’objet d’un suivi vétérinaire. Leur état de santé, leurs relations sociales et leur capacité d’adaptation à un nouvel environnement doivent être étudiés.
Le maintien du groupe constitue également un enjeu important. Les dauphins développent des relations sociales complexes, ce qui rend les décisions de séparation particulièrement sensibles.
À cela s’ajoutent les contraintes techniques du transport et l’adaptation progressive à une nouvelle qualité d’eau et à de nouveaux bassins.
Le gouvernement désormais attendu
Après l’annonce de Beauval, le gouvernement a regretté cette décision.
Le ministre chargé du dossier a assuré vouloir poursuivre la recherche d’« une solution d’accueil pérenne », conforme au droit français et aux exigences de bien-être animal.
L’État était directement impliqué dans la création du centre de Beauval. Il devrait donc désormais participer à la recherche d’une nouvelle solution.
Le dossier dépasse d’ailleurs les seuls dauphins de Loire-Atlantique. La fermeture de Marineland a déjà posé la question du devenir de plusieurs cétacés détenus depuis de nombreuses années en captivité.
À Port-Saint-Père, les dauphins restent pour l’instant visibles
Pour les visiteurs de Planète Sauvage, rien ne change immédiatement.
La Cité Marine reste actuellement accessible et le parc programme toujours des présentations pédagogiques de ses dauphins pendant la saison 2026.
Mais derrière cette continuité apparente, le calendrier s’est considérablement compliqué.
Il y a encore quelques mois, les onze dauphins de Loire-Atlantique disposaient d’une destination identifiée et d’un transfert prévu vers Beauval.
Depuis le 25 août, cette solution n’existe plus. À quelques mois d’une évolution majeure de la législation française, Planète Sauvage et l’État doivent désormais trouver une nouvelle porte de sortie pour l’ensemble du groupe.
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