Belem : à Saint-Nazaire, le trois-mâts entre dans une phase décisive de sa restauration

Le trois-mâts Belem dans une forme de radoub à Saint-Nazaire
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Mardi 20 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Le Belem entre dans l’une des phases les plus importantes de son chantier de restauration à Saint-Nazaire. Le calendrier communiqué par ses responsables prévoit sa mise en cale sèche, dans la forme de radoub n° 2, le 19 octobre 2026. Après le démontage de plusieurs éléments du gréement, les équipes vont désormais accéder à la structure métallique du navire pour lui permettre de reprendre la mer en 2027.

Pourquoi faut-il intervenir aussi profondément sur la coque ?

Construit à Nantes et lancé en 1896, le trois-mâts possède une coque en acier qui a traversé plus d’un siècle de navigation. Malgré les opérations d’entretien régulières, certaines pièces structurelles ont besoin d’une restauration de grande ampleur. Le chantier vise notamment les éléments métalliques situés dans les parties basses du navire, auxquels il est difficile d’accéder en temps normal.

La coque d’un bateau ne se limite pas à sa paroi extérieure. Elle comprend aussi des membrures, des varangues et d’autres renforts qui donnent à l’ensemble sa rigidité. Pour les inspecter correctement, il faut parfois retirer des installations et dégager des parties intérieures. Les travaux doivent préserver la sécurité du navire et la possibilité de poursuivre son activité de navigation-école.

Un démontage inédit à cette échelle

Les opérations préparatoires ont concerné le gréement et les mâts. La dépose d’éléments permet de réduire les contraintes sur le navire pendant son immobilisation et de réviser plusieurs pièces. Les intervenants vont également retirer des équipements intérieurs, dont des éléments de la timonerie et de l’appareil à gouverner.

Le programme prévoit par ailleurs le débarquement de quelque 225 tonnes de lest, constitué d’environ 4 500 gueuses de fonte. Ces masses contribuent à la stabilité du voilier en navigation. Leur retrait temporaire doit libérer les fonds pour inspecter et réparer des pièces métalliques généralement inaccessibles.

Des étapes échelonnées jusqu’au printemps 2027

Selon le calendrier prévisionnel du chantier, les interventions sur l’appareil à gouverner doivent se dérouler de la fin octobre au début novembre. La timonerie et le tableau électrique sont ensuite concernés, avant une phase de démontage et de travaux de tôlerie.

Les travaux sur certaines varangues sont prévus de fin novembre à mi-janvier. La remise en eau de la forme de radoub est programmée autour du 29 mars 2027, avant les essais, le retour à quai et le remontage de la partie haute des mâts. Une campagne d’essais en mer est envisagée en avril et un départ à la fin du même mois. Ces échéances restent liées à l’avancement et aux vérifications techniques.

Un chantier de patrimoine qui mobilise des compétences industrielles

La restauration réunit des savoir-faire de charpente métallique, de soudure, de manutention, de mécanique et d’entretien maritime. Saint-Nazaire dispose d’infrastructures adaptées à ce type de travaux lourds. Le chantier s’inscrit ainsi dans une longue histoire industrielle entre le port, ses bassins et les métiers de la construction navale.

Pour le public, l’immobilisation du navire ne se résume pas à une pause. Elle constitue une étape nécessaire à la sauvegarde d’un monument historique toujours navigant. L’enjeu est de conserver son caractère patrimonial tout en répondant aux contraintes de sécurité d’un bateau qui accueille régulièrement des navigants.

Pourquoi le Belem occupe une place particulière dans la région

Le navire reste intimement lié à Nantes, où il a été construit à la fin du XIXe siècle, mais aussi à Saint-Nazaire, qui accueille plusieurs de ses périodes d’entretien. Sa silhouette reconnaissable relie l’histoire du commerce maritime, celle de la navigation à voile et les activités patrimoniales contemporaines.

En 2027, le retour annoncé en navigation permettra de mesurer le résultat de plusieurs mois d’interventions. En attendant, les étapes de la restauration montrent ce qu’exige, très concrètement, la préservation d’un grand voilier de 130 ans.

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