Pays de la Loire : Savencia rompt avec Les 3 Rivières, 330 éleveurs concernés

Troupeau de vaches dans une prairie, photographie d'illustration de l'élevage laitier
LE MAGAZINE INTERACTIFÉdition Magazine Mercredi 7 oct 2026Actualités locales, respirations et découvertes à parcourir.Feuilleter


Un changement important se profile pour 330 exploitations laitières des Pays de la Loire. Le groupe agroalimentaire Savencia a annoncé le 6 octobre 2026 la fin de sa relation commerciale avec l’organisation de producteurs Les 3 Rivières, au terme d’un préavis courant jusqu’au 15 avril 2028. L’annonce suscite l’inquiétude des éleveurs, notamment en Mayenne, en Maine-et-Loire et en Sarthe.

Que signifie cette rupture pour les producteurs de lait ?

Les 3 Rivières est une organisation de producteurs (OP). Elle rassemble des exploitants afin de négocier collectivement leurs conditions commerciales avec un transformateur de lait. D’après les informations rendues publiques les 7 et 8 octobre, ses 330 adhérents commercialisent environ 240 millions de litres de lait par an auprès de Savencia.

La notification porte sur la relation contractuelle entre l’industriel et l’OP. Elle ne permet pas, à ce stade, d’affirmer que les collectes s’arrêteront immédiatement dans les exploitations. Le préavis de dix-huit mois laisse une période de discussions et d’organisation, mais l’avenir commercial des producteurs concernés demeure un enjeu central.

Au cœur du désaccord, le calcul du prix du lait

Le différend concerne notamment la manière de déterminer le prix payé aux exploitants. L’organisation de producteurs souhaite que la formule intègre davantage les coûts de production réels. Le groupe Savencia fait valoir, pour sa part, des désaccords sur une formule de prix qu’il considère insuffisamment adaptée à ses débouchés.

Pour comprendre ces tensions, il faut distinguer le prix payé pour 1 000 litres du coût de revient de la ferme. Alimentation des animaux, énergie, investissements, entretien du matériel et rémunération du travail pèsent sur ce dernier. Même lorsque le volume collecté reste stable, un écart durable entre recettes et coûts peut fragiliser l’exploitation.

Selon les données évoquées cet été par le président de l’OP, le prix moyen du premier semestre 2026 aurait été de l’ordre de 410 euros pour 1 000 litres, face à un coût de revient estimé à environ 460 euros. Ces montants reflètent la position défendue par les producteurs et non un tarif uniforme garanti pour toutes les fermes.

Une nouvelle étape de négociation dans l’Ouest

Après l’annonce, les représentants des éleveurs ont dénoncé les incertitudes créées par cette décision. Ils ont annoncé une assemblée générale extraordinaire pour décider des suites collectives. Il reste à déterminer si un accord différent pourra être trouvé ou si d’autres débouchés devront être recherchés à l’échéance du préavis.

Dans les Pays de la Loire, la filière laitière constitue une activité agricole et économique majeure. Ce dossier illustre les enjeux du rapport de force entre éleveurs et transformateurs, particulièrement lorsque les charges augmentent et que les contrats sont négociés sur plusieurs années.

Ce que l’on sait au 9 octobre

  • Décision notifiée : 6 octobre 2026.
  • Organisation concernée : Les 3 Rivières, 330 producteurs.
  • Volume collectif annoncé : environ 240 millions de litres par an.
  • Fin du préavis : 15 avril 2028.
  • Question encore ouverte : avenir des relations commerciales et des modalités de collecte au-delà de cette échéance.

Pour approfondir le sujet, les éléments de chacune des parties sont repris dans les informations du secteur agricole publiées le 8 octobre.

Photo d’illustration : Anna Ogiienko / Unsplash, élevage bovin photographié hors des exploitations concernées.

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