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La navette fluviale entre La Chapelle-sur-Erdre, Nantes et Carquefou vit ses derniers jours. Après plusieurs phases d’expérimentation, Nantes Métropole a décidé de mettre fin à cette liaison sur l’Erdre.
Le service devait être suspendu vendredi 26 juin au soir, d’abord pour la période estivale. Il ne reprendra finalement pas en septembre. La décision repose sur un argument principal : une fréquentation jugée trop faible au regard du coût de fonctionnement.
Depuis septembre 2025, la navette transportait en moyenne environ 70 passagers par jour. Elle assurait cinq allers-retours le matin et sept le soir, principalement pour les trajets domicile-travail.
Une traversée directe entre la Grimaudière et Gachet
La liaison reliait le port de la Grimaudière, près de la base de loisirs de La Chapelle-sur-Erdre, au ponton de Gachet, situé à la limite entre Nantes et Carquefou.
Elle offrait une traversée rapide de l’Erdre aux piétons et aux cyclistes. Son objectif était clair : éviter un long détour par les ponts routiers et proposer une alternative douce à la voiture.
Le service était intégré au réseau Naolib. Il fonctionnait du lundi au vendredi sur les heures de pointe, avec des passages le matin entre 7h20 et 8h50, puis le soir entre 16h40 et 18h50.
Une expérimentation lancée pour faciliter les déplacements
Cette navette répondait à une demande ancienne de franchissement de l’Erdre. Le secteur concentre plusieurs pôles d’activité, des établissements d’enseignement, des espaces de loisirs et des quartiers résidentiels.
La liaison avait donc une vocation pratique. Elle devait servir aux salariés, aux étudiants, aux cyclistes et aux promeneurs. Elle permettait aussi de mieux connecter La Chapelle-sur-Erdre au secteur de la Chantrerie et à l’est nantais.
Plusieurs acteurs locaux avaient soutenu l’idée d’un franchissement plus simple de l’Erdre. La navette fluviale représentait une solution moins lourde qu’un nouvel ouvrage fixe, dans un environnement sensible.
Une fréquentation trop limitée selon la Métropole
Malgré son intérêt pour les usagers réguliers, la navette n’a pas atteint le niveau de fréquentation attendu. Nantes Métropole estime que le nombre de passagers ne permet pas de justifier la poursuite du service dans sa forme actuelle.
Le coût d’exploitation reste central dans cette décision. Une liaison fluviale nécessite un bateau, un équipage, des pontons, de la maintenance et une organisation quotidienne. Avec environ 70 passagers par jour, l’équilibre entre usage réel et dépense publique n’a pas été jugé suffisant.
Cette analyse marque la fin d’une expérimentation qui avait pourtant trouvé son public. Pour les habitués, la navette représentait un gain de temps et une solution cohérente avec les mobilités douces.
Des associations d’usagers dénoncent un manque de concertation
La décision suscite des critiques. Des associations d’usagers regrettent une fin de service annoncée sans concertation suffisante. Elles estiment que la navette aurait pu être mieux connue, mieux signalée et davantage intégrée aux habitudes de déplacement.
Le débat porte donc aussi sur la méthode. Une expérimentation de transport dépend fortement de sa visibilité, de ses horaires, de ses correspondances et de sa régularité. Pour ses défenseurs, la navette n’a peut-être pas bénéficié de toutes les conditions nécessaires pour convaincre un public plus large.
Sa disparition pose enfin une question plus large : comment développer des alternatives à la voiture dans les secteurs où les franchissements restent rares ? À La Chapelle-sur-Erdre, Nantes et Carquefou, l’Erdre reste une coupure physique forte.
Un arrêt qui relance le débat sur les franchissements de l’Erdre
La fin de la navette ne met pas fin au besoin de liaison entre les deux rives. Le secteur de Babinière, le développement des transports en commun et les aménagements cyclables transforment déjà les mobilités au nord de Nantes.
Mais pour les usagers de la Grimaudière et de Gachet, la disparition de la navette ferme une option directe et lisible. À partir de la rentrée, il faudra de nouveau composer avec les itinéraires terrestres existants.
Cette décision illustre la difficulté de faire vivre un service expérimental. Il doit être utile, fréquenté et soutenable financièrement. Dans le cas de la navette de l’Erdre, Nantes Métropole a tranché : l’expérimentation ne sera pas prolongée.
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