Narcotrafic à Nantes : après quatre morts, le débat sécuritaire s’impose au conseil municipal

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Le narcotrafic a dominé l’ouverture du conseil municipal de Nantes, vendredi 19 juin. Après quatre morts liées à des règlements de comptes en quelques semaines, les élus ont débattu pendant près de deux heures d’un sujet devenu central dans la vie publique locale.

La maire Johanna Rolland a rappelé la gravité de la situation. Elle a évoqué des vies détruites, des familles touchées et des habitants qui refusent de voir leur quartier confisqué par la violence et les trafics.

Le débat intervient dans un contexte particulièrement tendu. Depuis la fin avril, plusieurs jeunes ont été tués par balle à Nantes sur fond de narcotrafic, dont un adolescent de 15 ans et un jeune homme de 18 ans.

Un conseil extraordinaire demandé, mais refusé

Avant la séance, Foulques Chombart de Lauwe, chef de file de la droite et du centre, avait demandé l’organisation d’un conseil municipal extraordinaire consacré au narcotrafic. Johanna Rolland n’a pas retenu cette proposition.

La maire a toutefois ouvert la séance par un débat dédié à la situation. Elle a défendu une réponse ferme contre les réseaux, tout en insistant sur la prévention et la reconquête des espaces publics.

Elle a notamment cité l’exemple d’une nouvelle pataugeoire à la Bottière. Pour elle, réinvestir les lieux de vie permet de rappeler que l’espace public appartient d’abord aux habitants.

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Police, justice et prévention au cœur des échanges

Johanna Rolland affirme avoir obtenu 14 policiers supplémentaires auprès du ministre de l’Intérieur. Elle continue aussi de réclamer davantage de moyens pour la justice à Nantes.

La maire défend une ligne globale. Elle parle de fermeté républicaine contre les réseaux, mais aussi d’une bataille de prévention à mener avec les associations, les médiateurs et les acteurs de terrain.

Cette position rejoint ses prises de parole récentes. Elle demande une mobilisation plus forte de l’État, avec des moyens renforcés pour la police, l’enquête, le renseignement et la prévention.

La droite réclame plus de répression

Foulques Chombart de Lauwe a posé la question de la consommation de drogue à Nantes. Selon lui, le trafic ne peut pas être combattu sans agir aussi sur les consommateurs.

L’élu d’opposition demande des amendes de 500 euros pour les consommateurs, davantage de caméras dans les quartiers et l’armement de la police municipale. Il estime que Nantes doit sortir d’une forme de blocage politique sur ce dernier point.

La question de l’armement reste sensible. Elle divise les groupes municipaux et renvoie à une ligne de partage ancienne sur le rôle de la police municipale face aux trafics.

La France insoumise défend le rôle de l’État

À gauche, William Aucant s’oppose à l’armement des policiers municipaux. Pour l’élu insoumis, la lutte contre les trafics relève d’abord de l’État.

Il défend une refonte du plan de prévention local. Il propose aussi de doubler le nombre de médiateurs dans les quartiers nantais, en passant de 36 à 72.

Cette approche met l’accent sur la présence humaine, l’accompagnement et la prévention de l’entrée des jeunes dans les réseaux.

Johanna Rolland et Sarah El Haïry prêtes à écrire ensemble

Sarah El Haïry, élue centriste et haut-commissaire à l’Enfance, a appelé à sortir des renvois de responsabilité entre l’État et la Ville. Elle a plaidé pour une réponse collective.

Johanna Rolland lui a alors proposé de cosigner les courriers destinés aux ministres de l’Intérieur et de la Justice. Ces courriers doivent demander plus de moyens et davantage de transparence sur les effectifs réels de policiers nationaux en poste à Nantes.

Sarah El Haïry a accepté, en proposant même de les coécrire. Dans un débat marqué par des désaccords profonds, cet échange a ouvert une piste commune entre majorité municipale et opposition centriste.

Le débat nantais reste ouvert. Il porte désormais sur trois leviers : la répression des réseaux, les moyens de la justice et la prévention dans les quartiers touchés.

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